Quel bon vent t’amène ?

2 décembre 2019 2 Par Corine

Jour 2

“Oh… quel bon vent t’amène ?”
J’ai entendu ses pas puis la porte se refermer, son rire déjà, le manteau qu’elle lui tendait en lui demandant si j’étais bien là.

 

C’est un week-end qui avait commencé dès le vendredi soir, à peine arrivée à la maison, par des petits tours au sous-sol pour remonter les décorations. Les sacs empilés, l’arbre de Noël, la boîte précieuse pleine de santons. L’Avent enfin, on y était. Un samedi rempli d’or et de rubans à décorer, bricoler, partager, à filer même au soir vers la messe anticipée. Un dimanche matin prête de trop bonne heure pour aller installer la salle, et le grand tapis à dérouler, et les étoiles à préparer pour les tout-petits et leur premier dimanche de l’Avent. Il y avait même ce théâtre programmé aussi dans l’après-midi, peut-être bien qu’on va dire non cette fois et rester à se poser, reposer un peu. Un début d’Avent qui voulait mettre du doux et du sucré et seulement ça, dans le gris des actualités, dans le difficile des heures.
– Cet après-midi, je reste là, au chaud, c’est décidé. Quelques cours, quelques copies, et puis un chocolat chaud avec un bon petit film de Noël comme je les aime.
Une pause, un creux de dimanche après-midi de décembre, auprès d’un feu à rester tranquille, à bouquiner, écrire et corriger, et regarder une guimauve aussi.
Tranquille. Décidément ce mot en ce début d’Avent me suit et me fait des clins Dieu.
Tranquille ?

 

La sonnerie de la porte d’entrée a retenti. C’était sûrement pour lui, un voisin qui avait besoin d’un coup de main, une annonce à faire passer dans le journal. Pas très envie d’être dérangée.
Je n’attendais personne.
Mon chocolat chaud, mon plaid, mon film guimauve, je n’ai pas bougé de mon canapé.
Je crois bien avoir murmuré un petit zut tout bas, zut d’être dérangée. Je n’aime pas vraiment les moments improvisés… surtout ceux que je n’ai pas décidé.

“Oh… quel bon vent t’amène ?”
J’ai entendu ses pas puis la porte se refermer, son rire déjà, le manteau qu’elle lui tendait en lui demandant si j’étais bien là.

La  surprise. Elle était là, pour moi. Des nouvelles. Son rire pour cacher ses moments difficiles et le même pour raconter les petits jolis de sa vie. Trop petits. Ce début d’Avent me racontait un peu l’amer, ce qui fait mal aussi, ce que je n’avais pas eu très envie d’entendre venait à moi. Deux heures, un peu plus même. – Je passais par là entre Angers et Nantes, je me suis dit…
Comme tu as bien fait.
Pas de copies, pas de film mais deux chocolats chauds. Une douce parenthèse pour elle. Un vrai répit pour moi. C’était bien. Ce n’était pas tranquille mais c’était bien.

 

Seigneur, il est des vents que tu nous souffles parfois. On n’avait pas prévu d’être dérangés pourtant. On voulait même un peu de repos. Un Avent pour poser du doré sur les gris et ne plus les regarder, ce serait bien de moi parfois, Tu ne T’y trompes pas.

 

Jour 2.
Peut-être bien que l’Avent nous souffle ce vent-là, celui qui nous rappelle d’être bien là, dans cette joie d’être dans le monde et pour lui et pas dans un semblant de joie factice faite de rubans dorés et de papiers mâché.
Et si l’Avent nous invitait aussi à oser chaque jour un… Oh Seigneur, mais quel bon vent T’amène ?

 

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