Il n’y avait pas de courrier

« Les petits riens ne sont jamais insignifiants. La beauté foisonne dans l’infime. »
Sylvie Germain

On s’est demandé au presque soir d’un dimanche si quelqu’un était allé chercher le courrier dans la boite aux lettres le samedi. On a bien cru que non.
Alors je suis sortie.
Il y avait le doux d’un lundi férié à venir et la voisine qui rentrait d’une balade son sourire et son bonjour et toi tu vas bien?
Mes pieds sur l’allée ont croisé les gazanias fraîchement plantés d’un après-midi au jardin et encore ouverts comme des soleils.
La clé a glissé de mes mains. Juste avant la petite porte de la boite.
Elle est tombée dans les blancs d’un creux de vivace qui vit là.
Je me suis penchée.
En cherchant un peu, ma main l’a croisée.
Un peu de terre autour, perdue il y a de longues semaines.
Je ne sais comment.
Je me suis demandée au presque soir d’un dimanche ce qu’il fallait comprendre.
Puis j’ai cessé.
Et j’ai souri.
Seulement.

J’ai remonté l’allée, ma petite croix en émail bleuté, celle qui reste toujours dans la petite poche de mon sac à main et disparue il y a de longues semaines, serrée au creux de ma main.
Il n’y avait pas de courrier.

 

 

 

 

 

 

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