On se redira du bien souvent ?

On n’avait jamais fait ça. Et c’était drôlement bien.

Dans mon petit collège de l’enseignement catholique du fond de ma jolie campagne, il y a une histoire un peu particulière. Je ne vais pas la raconter en long et en large mais en quelques mots pour que tu comprennes la suite. Ce petit collège s’appelle saint-Louis, il est catholique mais il aurait pu s’appeler Jules Ferry et ne pas l’être. Parce qu’il a été fondé par des parents qui voulaient un collège dans leur village il y a un peu plus de 50 ans, que le rectorat à l’époque leur a dit ça-va-pas-la-tête-c’est pas-dans-nos-plans et que l’enseignement catholique leur a répondu allez-y-on-vous-suit. L’histoire aurait pu être différente mais bon, c’est celle-là.
Donc il s’est appelé saint-Louis et fait partie de l’enseignement catholique. C’est important pour comprendre que la pastorale y vit, le caté aussi mais qu’ici, on n’appartient ni à une congrégation ni à rien qui nous attache. Et ça nous a toujours donné un air un peu différent de nos voisins. Il y a de la pasto, du caté, une célé ouverte à qui veut venir à Noël et à Pâques.
Mais nous jusque-là on n’avait pas de célé de rentrée comme ailleurs ça peut se faire. Oh…ça veut pas dire qu’on se souhaitait pas une bonne année sur nos chemins de Foi ou carrément à côté mais pas autrement qu’en se croisant, qu’en se regardant, qu’en s’arrêtant les uns auprès des autres.

Et ça ne nous gênait pas, y a plein de bienveillance dans ce collège et moi, avec ma petite croix que j’ai le droit de garder au cou, j’ai toujours bien aimé cette drôle de façon d’être catho dans un collège catho. Et puis, je sais que chaque collègue, là où il se trouve sur son chemin, accueille les jeunes qui sont devant lui avec un vrai coeur d’évangile (même s’il ne met pas ses mots-là, comme ça, dessus).
Et j’aime ça.

Pourtant cette année, on a fait un truc nouveau.

C’est grâce au père Jean. Jean, il nous a dit: « Je vous propose une bénédiction de rentrée, toute simple, une bénédiction des cartables, ça pourra toucher tout le monde, ça pourra rejoindre chacun. »

« ça pourra toucher tout le monde, ça pourra rejoindre chacun. » On a bien aimé ça.

Et ça a touché tout le monde. Et ça nous a rejoint, je crois.

En quelques mots, ce matin, c’était comme ça:
Nos près de 300 collégiens assis sur la cour.
Silencieux. Calme. Presque recueillis. (Et je vous assure que ces petits de la campagne ils savent bouger.)
20 minutes à écouter l’ami Hubert chanter nos différences (Hubert Bourel, tu le connais, c’est lui qui a écrit et composé « Chantez, priez, célébrez le seigneur » et plein d’autres trucs très chouettes, on a de la chance en vrai qu’il soit là), à écouter encore deux élèves lire un beau texte tout simple, à regarder un prêtre souriant qui nous a bénis, en souriant, et en nous disant qu’il nous souhaitait du bien.
Et des collègues, loin parfois, près pour quelques-uns, tous là.

C’était un petit temps ajouté au temps ordinaire de rentrée, un temps nouveau, c’était drôlement bien.

Et tu sais quoi, il pleuvait un peu, un léger crachin, il pleuvait un peu et personne n’a bronché, assis par terre, sur la cour de récré. Ils se sont relevés doucement, j’ai eu l’impression qu’il y avait pas mal de paix.
Et ça m’a fait drôlement du bien toute cette paix, surtout quand ce petit bout de 6ème s’est avancé:
– Madame, on se redira du bien souvent ?

 

Je reviendrai en fin de semaine,mettre une ou deux photos, promis. Tu verras un peu.  🙂

 

4 commentaires sur “On se redira du bien souvent ?

  1. Oui, on a tellement besoin de bénédictions, d’en recevoir, d’en donner – dire du bien et se dire le bien… Soit bénie, Corine, pour tout le bien et le beau que tu reflètes ici doucement et si joliment 😊

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