Avent de commencer

Ça a presque commencé.
Avec décembre ça a presque commencé.
D’ailleurs tout le monde y est déjà. Le mail qui veut m’offrir le truc magique pour prier chaque jour. Les enfants qui ont dû l’ouvrir au matin la première fenêtre de leur calendrier. Et attrapé le petit chocolat qui les apprendra à compter jusqu’à Noël, à patienter peut-être.
Et même qu’hier soir, il a neigé tu sais.
Comment ça, ça n’a pas vraiment commencé l’Avent ?

Ça a presque commencé et au matin de mon dimanche, j’y serai. Enfin. Et promesse faite de venir ouvrir une fenêtre avec vous, ici, chaque jour.

 

Mais ça a presque commencé tu sais.
Au début du jour, sur ma route, je l’ai ouverte ma fenêtre. Point mort. La neige a oublié d’être prévenante. Un accident au devant a stoppé les voitures à l’arrière. Je l’ai ouverte ma fenêtre parce que 10 kilomètres en 45 minutes, j’ai eu le temps de respirer une belle bouffée d’hiver.
Et j’ai entendu le bruit de décembre posé sur les terres nues, j’ai vu les lignes des blancs estomper les courbes du ciel, j’ai senti le vif des ombres croquant les bords du monde.
Et ma prière à 4 kilomètres à l’heure a eu le temps de Te demander d’être là.

 

Mais ça a presque commencé tu sais.
Au soir encore, sur ma route, je l’ai ouverte ma fenêtre. Plein pot. Le bitume lavé de tout soupçon. Pas la moindre poudre restée pour atténuer le cru des gris. Plus de nuances. Je l’ai ouverte ma fenêtre et en sept minutes j’ai eu le temps de respirer une grande bouffée d’hiver.
Et j’ai entendu la colère de ses 14 ans privés de ses nouveaux amis, j’ai vu les larmes effacées d’un revers de colère sur ses joues, j’ai senti le difficile des vies d’élèves qui se décomposent, se recomposent, explosent. Cette gamine arrivée en septembre qui doit repartir déjà. Ailleurs. Ballottée.
Et ma prière à 100 kilomètres à l’heure a cru que Tu l’avais oubliée.

 

Mais ça a commencé tu sais.
C’est pas de la guimauve dégoulinante Noël.
C’est pas le bon point pour l’élève qui se tient droit.
Ni le sucre d’orge pour un gamin bien sage.
C’est pas tes films au pain d’épices et au miel écoeurant.

C’est une Vie donnée.
Une Vie balèze.
Une Vie.

Pour que tu puisses la respirer ta bouffée d’air dans le trop-plein des peines.
C’est une Vie qui t’a donné, à toi,  le sourire osé, gardé, précieux quand cette élève tu l’as croisée, encouragée, aidée.
C’est une Vie qui Te rappelle, à toi, qu’il faut sourire encore au long des vies que tu croises, que tu encourages, que tu aimes.

 

Mais ça a commencé tu sais.
J’ai déposé ma colère.
J’ai posé les mots de ma prière.
J’ai cru que Dieu n’osait pas entrer dans toutes les vies.
J’ai cru que Noël ne voulait pas entrer dans son sourire de 14 ans qui nous quittait ce soir, qu’Il s’en fichait. Rien à faire. Rien à faire de la ballotter encore, rien à faire de ces trois mois où elle reprenait pied, rien à faire de tout ce qu’on lui a donné.
J’avais oublié que Noël et son Avent avaient commencé leur chemin par nous, avec nous, en nous, déjà, lorsque la voix amie me l’a rappelé:

– Mais elle a rencontré Ses Veilleurs.

Par la fenêtre de sa classe

4 commentaires sur “Avent de commencer

  1. Par la fenêtre j’envoie une prière écrite par un ami pour entrer dans l’Avent. Pour la découvrir bientôt , je vous invite à aller ailleurs, sur le site de  » Chrétiens dans l’Enseignement Public » (cdep-asso.org ). Elle nous rejoint chacun là où nous sommes, en particulier dans notre désir d’ Espérance. Bel Avent à toi Corine et à tous ceux qui viennent cheminer sur ton blog.

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