Par la fenêtre (4)

Par la fenêtre de ma bible

J’ai beaucoup parlé d’elle, au matin, au café, au long de mes journées.
J’ai beaucoup parlé d’elle au passé.
Les premiers  évangiles qui dessinaient les contours de Son amour,
ceux de la communion qu’on appelait solennelle,
et la bible d’aujourd’hui, offerte comme un passage il y a plus de trente ans.

J’ai beaucoup écrit sur la douceur de son papier effleuré comme une caresse,
sur les parfums restés au creux d’un souvenir,
sur les doigts posés au  coin d’une page pour ne jamais oublier.

J’ai même osé parfois l’intime des larmes sur un verset,
le doux d’un sourire sur une Parole,
l’éclat de joie sur ce petit mot-là.

 

Mais je n’ai jamais dit je crois combien elle était familière.
De ce familier qui nous fait tendres, serrés l’un contre l’autre, à nous aimer.
Mais je n’ai jamais dit je crois comment elle était vraiment.

Comme la poignée d’une porte qui reconnait ma main à tant de fois l’avoir gardée,
comme la clé qui sait exactement se tourner en se soulevant légèrement au premier cliquetis pour entrer,
comme la fenêtre d’une chambre d’enfance poussée en grand sur un horizon à vivre encore.

Je n’ai jamais dit qu’elle était celle qui ouvre ma vie.
Pleinement.

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