Il suffit de presque rien

Il suffit de presque rien pour le joli des heures. Du soleil par les volets qui s’ouvrent, un bouquet  d’anniversaire qui embaume un réveil, une chanson sur ma route.
Il suffit de tellement peu pour savoir que Dieu nous veut heureuse, et seulement ça.

Je les retrouve le vendredi.
Je crois que j’aime le vendredi pour ça aussi. Vingt paires d’yeux rivés sur mon vous voulez que je vous la raconte alors l’évangile du jour et les questions de leur 13 ans en suspens. Un petit silence toujours après l’histoire et des mains qui se lèvent ou pas, et questionnent sans cesse. Et pourquoi on dit temple et pas église et c’est qui Syméon en vrai et Jésus était juif mais alors pourquoi on dit le Christ.
Il n’y a jamais une question qui me dérange mais chacune me fait bouger un peu.
Je crois que j’aime le vendredi pour eux aussi.

Ce midi , de fil en aiguille, on est passé de l’Avent au Carême. Le 14 février n’a pas échappé à la fête des amoureux avec leurs premiers sourires coquins et mon mercredi des Cendres a fait figure de grand inconnu au bataillon. Sauf pour Baptiste, servant d’autel. Non, on n’a jamais vu ça une croix de Cendres sur les fronts. J’ai raconté encore. Un peu. Un petit silence aussi après l’histoire et une main qui se lève.
– M’dame, on peut y aller nous aussi avec vous ? …parce que j’aimerais bien voir ça. Enfin non, vivre ça.

Elle a 13 ans. Elle a dit « vivre ». D’autres ont ajouté « moi aussi ».

Il suffit de presque rien pour faire la vie jolie. Dieu nous veut heureux.
Mon Carême, lui, il est joli avant même d’avoir commencé.

 

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