Traces de Terre Sainte (1)

Témoigner.
Je me souviens d’il y a 6 mois, presque jour pour jour. Nous étions à quinze jours de partir en Terre Sainte et déjà, les amis d’ici ou là nous disaient: « Vous nous raconterez! »
Je me souviens aussi d’avoir répondu, sourire aux lèvres, avec une belle certitude: « Bien sûr! »

Et puis les 10 jours de voyage, à travers Sa Terre.
Et l’impossibilité sur place d’écrire le moindre mot.

Le deuxième soir, en parler à père Louis, m’inquiéter de ne rien pouvoir poser sur mes carnets, pour garder, la peur d’oublier moi qui écris tant,  et l’entendre me répondre calmement. « C’est que tes mots sont au fond de ton coeur,  laisse faire et aie confiance. »
Comme toujours je lui ai fait confiance.
Depuis, les mots reviennent, intacts, jour après jour, dès que je regarde une photo, deux.  Dès que j’apprends un peu plus d’hébreu. Dès que j’écoute leurs musiques. Dès que je ferme les yeux et que je repars là-bas.

Témoigner.
Alors je n’ai eu aucune inquiétude quand il a fallu commencer à écrire pour dire aux autres: aux amis, aux paroissiens, et puis, bientôt, aux Soeurs d’une communauté proche de chez moi.

Témoigner.
Peut-être bien que j’ai un peu envie aussi de vous laisser quelques traces, au fil du temps, avant mon prochain voyage en Israël  qui se profile déjà à l’horizon.

Témoigner. La première trace, ici.

« Lorsque Jésus entendit que Jean avait été jeté en prison, il revint en Galilée. En quittant Nazareth, il se rendit à Capharnaüm, situé à proximité du lac, dans la région de Zabulon et de Naphtali et il y séjourna. » (Matthieu 4 : 12-13) 
Capharnaüm. J’ai aimé ce mot avant d’en connaître le lieu et sa place dans les évangiles je crois. J’ai aimé ce mot pour ces sons un peu étranges lorsqu’il signifiait le gros bazar dans ma chambre d’enfant.
Capharnaüm. Aucun bazar pourtant lorsque nous sommes arrivés sur les lieux en Terre Sainte.

À Capharnaüm aujourd’hui, si on s’assoit sur la grande place et si on prend le temps de regarder de gauche à droite, on peut voir en enfilade la synagogue, les vestiges du village, ceux de la maison de Pierre et les bords du lac de Tibériade. Avec un tout petit peu d’imagination mais surtout avec les phrases d’évangile gardées en tête, on peut imaginer Jésus entrant dans la synagogue, interpellant les grands prêtres et les pharisiens, l’imaginer guérir les malades venant à lui, l’imaginer enseignant sous le figuier, l’imaginer prenant son repas avec Pierre et ses frères, l’imaginer à la rencontre des pêcheurs au bord du lac.
Dans Capharnaüm, j’ai relu la vie de Jésus, à nouveau.
Et puis, une autre chose m’est apparue soudain, assez vivement.

De sa naissance aux trois dernières années de sa vie terrestre, vie publique, il s’est écoulé 30 ans.
30 ans d’une vie d’homme, d’abord enfant, adolescent, jeune charpentier aux côtés de son père, aux côtés de sa mère, allant à la synagogue le jour de Shabbat, vivant dans un village, partageant sa vie toute ordinaire avec les siens.
30 ans d’une vie presque anonyme.
30 ans d’une vie des plus simples.
Et Dieu était là, depuis le commencement, depuis toujours, déjà là.

C’est à Capharnaüm, là où Jésus a parlé, rencontré, enseigné, soigné, guéri, que j’ai pris conscience de son humanité.
Et j’ai trouvé ça encore plus beau, encore plus fort, de me dire que Dieu à Nazareth, Dieu à Bethléem, Dieu à Jérusalem oui, bien sûr mais Dieu encore et surtout dans le quotidien, dans l’anonymat, dans nos quotidiens, dans chacune de nos vies des plus anonymes.
Dieu s’est incarné pour rester pendant près de 30 ans presqu’en silence parmi les siens, au plus près de notre humanité.

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6 réflexions au sujet de « Traces de Terre Sainte (1) »

  1. Mon voyage en Terre Sainte date d’avril-mai 1990… Il est toujours là, présent dans mon coeur, au fond de mes pensées, et principalement à Carphanaüm et au lac de Tibériade (la traversée du lac où dans le silence j’ai ressenti la présence de Jésus… ). Quel plaisir de revivre avec vous ces moments de grâce, merci !

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    1. Merci Simone, c’est un plaisir aussi de reprendre mes carnets aujourd’hui et de trouver les mots… je partagerai d’autres moments je pense.
      à bientôt, je vous embrasse, 🙂
      Corine

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    1. Patrick, je te le souhaite oui. Il s’y passe quelque chose d’indicible je crois, difficile à écrire… 😉

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  2. Merci pour ton témoignage si bien dit !! J’ai ressenti les mêmes choses mais n’ai pas les même mots pour les exprimer…alors encore merci !! Et Bon retour sur les traces de Jésus, Dieu si Humain !!

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