Comme des lettres

Je regarde le monde du haut de mes 3 pommes et je l’écris au crayon.
Je m’appelle Coquille et j’aime bien écrire à Dieu.

 

Prière n°11

C’est un peu étrange ce que je fais là, à écrire tout en haut de la page de mon cahier, sur l’espace blanc juste avant toutes les lignes, le numéro de ma prière.

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On dirait que je compte les mots qui me mènent au bon Dieu. J’aime bien dire le bon Dieu. Grand-père, il trouve que c’est une expression un peu vieillotte pour une petite fille de mon âge et il me dit que, de toute façon, je fais un pléonasme. Je trouve son mot pas très beau. Plé-o-nas-me, non, ce n’est pas très beau, même que ça colle au doigt ce mot-là, ça ne dit rien ni de léger ni de doux ni de vraiment joli. Mais l’idée de répéter que Dieu est bon, ça ne me dérange pas, je dirais même que ça me va et que ça, je trouve que c’est plutôt joli. J’aime bien la bonté même si  c’est un mot un peu démodé.

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On dirait que je compte mes prières alors qu’en vrai je ne les compte pas. Pas du tout. Je ne sais pas si vous comptez vous quand au réveil, celui du matin qui arrête nos rêves d’un seul coup, vous demandez au jour d’être meilleur que la veille parce qu’hier ce n’était pas une journée très chouette. Puis qu’à midi vous dites merci pour le moment joli passé avec un ami ou parce que soudain, on dirait que les bonnes nouvelles déboulent et renversent les mauvaises. Et qu’enfin le soir vous demandez pardon de ce mot méchant même pas prononcé mais pensé tellement fort que c’est tout pareil. Et bien, entre le matin et le midi et le soir, moi, Dieu, je lui parle souvent. Je ne compte pas. Dans ma tête. Peut-être que c’est dans mon coeur d’ailleurs, je ne sais pas très bien où ça se situe quand on parle à Dieu. Ce n’est pas très important s’Il m’entend.

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Ça y est. J’ai une équipe de foot de prières. C’est pas moi qui le dit, c’est Phil. Il n’a rien trouver de mieux que de me lancer ça quand il a ouvert mon cahier ce soir.
« Oh regarde Coquille!… Tu as une équipe de foot de prières ! » Je n’avais rien vu, évidemment. Il m’a fait rigoler en vrai. Phil, il a le droit d’ouvrir mon cahier de prières et de les lire. Même que pour un gars qui ne croit pas vraiment, c’est la première chose qu’il fait quand il s’attable à mon bureau le mercredi. Bien avant d’ouvrir mes BD. Je ne lui dis rien mais moi, je crois que c’est un chercheur Phil et qu’un jour, il va le trouver Dieu. Ou l’inverse. Je me demande si Dieu Il nous cherche aussi.

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J’ai écrit onze prières. Je me demande jusqu’où ça va me mener d’écrire des petites prières sur mon cahier. Peut-être qu’un jour tout en haut de ma page dans l’espace blanc avant les lignes, j’écrirais 100. Une centaine de prières. Waouh…ça en fait des mots doux à l’encre bleue. ( Des moins doux aussi parce que Dieu, parfois, Il m’énerve.)
C’est un peu étrange de numéroter mes prières. Peut-être que ça veut juste dire à Dieu que j’aime bien lui parler (ou écrire mais, là, c’est pareil ). Vous savez, ce n’est pas une lubie (de toute façon même si c’en était une, lubie, c’est un mot qui fait tourner la tête joliment et qui surtout ne fait pas mal), mais, ce n’est pas une lubie non. Onze fois que j’écris à Dieu des petites prières, et pas comme à un ami imaginaire, pas du tout. Comme à un ami en vrai.
J’aime bien écrire à Dieu. Peut-être parce que c’est à ça que je crois:
Il me lit.

 

 

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