Flic floc

Je regarde le monde du haut de mes 3 pommes et je l’écris au crayon.
Je m’appelle Coquille et il y a des prières qui ressemblent à la pluie flic floc.

Il y a ce premier dimanche d’automne à marcher sous la pluie pour aller à la messe. On baisse un peu la tête, emmitouflée sous la capuche, mains au fond des poches, bottes claquant dans les flaques, on ne dit rien sur le chemin, trop occupés à traverser les gouttes.
C’est comme une petite prière déjà cette tête penchée, le coeur silencieux, mes mains enfouies.

En entrant dans l’église, on secoue les cirés sous le porche, certaines ont ouvert leur parapluie pour qu’il sèche, on dirait des ombrelles au pied de Marie même que père Jean dit – venez vite les déposer dans la sacristie ! (sacristie ça me fait toujours rire ce mot en pensant à la première fois où je l’ai entendu, je connaissais le sapristi de Grand-mère et je les ai confondus – Père Jean, je dépose les lumignons dans la sapristi ? Evidemment il a ri. J’étais vraiment très petite.)
C’est comme une prière déjà toutes ces mains qui déposent la pluie là sapristi que c’est joli.

Mes boucles se sont échappées de ma capuche et il y a quelques gouttes qui perlent au  tout début de la prière de père Jean et flic floc au moment du pardon elles dégoulinent flic floc sur mes joues flic floc.
C’est comme mes petits mots qui tombent par terre déjà les gouttes qui s’égrainent.
Flic floc
La musique je la garde en tête.
Tout au long des chants et des prières et des textes.
Flic floc.
Je m’échappe un peu.
Flic floc.
La pluie au dehors tape doucement aux vitraux.
– Etes-vous bien là ?
Flic floc ça dégouline sur son visage.
Dis Jésus  oh…on dirait que tu pleures.
Flic floc.
Dis Grand-père Il pleure Jésus parfois ?
Chut.
Flic floc.
Sans doute, oui.
Flic floc.
Grand-père ferme les yeux.
Flic floc.
Moi aussi.
Flic…floc….

 

En sortant de l’église, on ouvre à nouveau les parapluies, je remets ma capuche.

 

Il y a ce premier dimanche d’automne à marcher sous la pluie pour rentrer de la messe. On lève un peu la tête, on retire la capuche, mains dans les mains sorties des poches, bottes claquant encore, on sourit sur le chemin à oublier les gouttes et sauter par-dessus les flaques.
C’est comme une petite prière qu’on garde cette tête levée, ce coeur qui résonne, les mains qui dansent flic floc flic floc.

Ma petite prière pleut doucement flic floc des petites graines en chapelet flic floc goutte à goutte flic floc elle te redit flic floc qu’elle T’aime.

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