Comme Avent

C’est toujours un peu pareil tu sais.

Chez moi, ça commence très tôt et bien avant les jouets entassés dans les rayons trop pleins des magasins. Dès les vacances de la Toussaint, j’ai retrouvé Colette et Annie pour préparer le Noël des tout-petits et leurs quatre dimanches. Oh mais y a plus d’saisons ma bonne dame ! Si pourtant.
Préparer l’Avent demande du temps, simplement.
Juste après, les catalogues sont arrivés dans les boîtes aux lettres. Je me souviens que lorsque mes enfants étaient petits, je les cachais jusqu’à décembre ou bien jusqu’à ce que l’un des trois s’interroge: « Mais maman, on ne l’a pas nous dans notre boîte le catalogue de Super Machin, c’est quand même bizarre parce qu’Éva et Maxime, eux, l’ont déjà. » Il ne s’agissait pas d’échapper aux rêves des cadeaux de Noël – je me souviens encore du bonheur de mon premier tableau noir avec des craies de couleur qui ont redessiné mes jours. Non, il ne s’agissait surtout pas de gommer ces rêves-là, mais d’y poser un petit autre chose en premier. En premier, y déposer Quelqu’un. Et revoir leurs petites mains affairées auprès d’une Marie et de son Joseph en chemin.
Préparer l’Avent demande ce temps de route, doucement.
Ensuite, tout va toujours assez vite. Les rues se guirlandent de paillettes, les vitrines se parent des ors et des rouges de la fête, et les nuits semblent ne plus pouvoir s’éteindre. Même dans le triste de certains soirs, on peut croiser quelques sourires. Miracle d’une nuit annoncée. On sait qu’avec les cafés chauds des rues, on ajoutera une papillote et un toit surtout. Un toit pour cette nuit-là.  Ça faisait toujours sourire Mimi dans les rues de Nantes « Noël, on met du doux sous le papier qui brille comme sous la couverture ». J’aimais bien le sourire de Mimi. Je sais que cette année, elle est au chaud dans les bras de son bon Dieu et qu’elle veille sur ceux pour qui elle priait, au bord du trottoir. Il y aura sous les petites étoiles de papier doré les clins Dieu de ceux que j’ai aimés et qui nous ont quittés. Trop vite. Petit Paul, pétillante Zoé, tendre ami Denis et toi, drôle de Mimi.
Préparer l’Avent remplit ce temps de prières, aussi.
Et encore le petit marché, les guimauves avec Sandrine et ses petits, les bricolages avec les amis d’Emmaüs, les pains d’épice dans nos cuisines, les films tout doux tout neige avec mes filles, le chemin avec père Louis jusqu’au Pardon donné, les chansons qu’on écoute seulement en décembre et qu’on aime fredonner ensemble, les retrouvailles d’hospitalières autour d’un Noël pour des malades, la couronne au centre de nos vies, ses quatre bougies, la messe au collège, la crèche installée entre midi et deux « Eh m’dame on peut venir vous aider même si on fait pas caté ? » C’est bien ça Noël oui, venir, tous, auprès d’une pauvre mangeoire même si on n’y croit pas trop à ce Dieu fait homme, même si on ne sait pas ce Dieu fait homme.
Préparer l’Avent donne ce temps comme en offrande, simplement.
Enfin, au premier dimanche, il y aura un calendrier et des fenêtres à ouvrir. Je me souviens des petites chaussettes d’autrefois remplies d’un chocolat et d’une Parole à chaque fois gardée, précieuse, puis, mes mots doux écrits chaque année pour ceux que j’aime. Je me rappelle aussi ces jours ici, entre les pages d’un blog :  des jours numérotés simplement, de  jolies fenêtres partagées et même des sourires déclinés au long d’un décembre tout blanc. Derrière nos volets fermés, des blessures encore, des pardons inavoués et à les ouvrir, des possibles miracles.
Préparer l’Avent espère toujours ce temps, en priant.

C’est toujours un peu pareil tu sais.
Il y a dans l’attente ce petit quelque chose qui revient.
Et chaque fois, le cœur semble grossir un peu plus. On serait bien capable d’y mettre de l’amour en vrai. Sans décorum. Parce que même si à recommencer un chemin familier, on n’évite ni les embûches, ni les dénivelés, ni les détours, on sait ce qui nous attend. Au bout, il y a Quelqu’un qui nous connaît bien et qui nous aime. Et l’amour peut grandir, c’est à cela que je crois.
Préparer ce temps nous le redit tout le temps.
Comme Avent.

À dimanche…soir. Ici, j’égrènerai mon Avent à la fin des jours, longs pour certains sûrement, pour partager les p’tits grains que Dieu met dans chaque journée.
Sans faire de bruit, sans trop de paillettes, du simple quotidien.
Comme tout le temps.

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7 commentaires

  1. C’est un peu pareil et tant mieux: l’Amour de Dieu Lui n’est ni infidèle, ni soumis à ses humeurs, ni passager. L’Amour de Dieu est. Merci petite Corine de nous le redire.
    à très bientôt, ma prière te garde.
    Louis

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