Grain de beauté – Grain d’Avent (3)

Bulletins de notes, appréciations à remplir, cours qui s’enchaînent, conseils de classe.
Il y a dans les jours de décembre qui mènent à Noël la même rengaine qui revient chaque année. L’Avent est toujours un temps très chargé au collège parce qu’il correspond à cette fin d’un premier trimestre commencé sous le soleil de septembre et comme oublié trop vite.
Parce qu’après plus de trois mois avec eux, des adolescents qui hésitent encore à quitter l’enfance, on les aimerait souvent mieux dans leur peau, plus heureux, plus souriants, plus confiants. Mais la vie est ainsi n’épargnant pas certaines familles de souffrances qu’on aimerait qu’ils ne connaissent pas.

 

Alors que je vive cette période en parallèle de mon Avent lui donne toujours un air particulier. Au matin, la p’tite prière me redonne l’énergie et au soir je confie à Dieu des mercis et des p’tites demandes d’aide pour lui, pour elle, pour elle encore, s’il te plaît Seigneur.
Et je me surprends à y croire sans trop y croire. Pardon.
Mais, parfois, comme ce soir, un grain de beauté, inattendu, vient se glisser.
Bulletins de notes, appréciations à remplir, cours qui s’enchaînent, conseil de classe, ce mardi avait le souffle coupé et la fatigue au bord des yeux quand je suis enfin rentrée à la maison. Le doux des nouvelles familières, le douillet du foyer, le doucement du temps qui se pose. Enfin.
C’est toujours sur le même coin de mon bureau que mon mari dépose le courrier qui m’est adressé.
L’enveloppe, assez grande, un peu grosse même, avec une écriture fine.
Une longue lettre comme on en écrit rarement.
Un Madame pour commencer.
Le nom me rappelle quelque chose.
Une élève en 6ème il y a…je compte machinalement sur mes doigts. 10 ans.
Elle n’était pas forcément à l’aise avec l’école, pas vraiment bonne élève, pas toujours bien dans sa peau, rarement confiante, pas très souriante. Je crois me souvenir qu’il y avait même pas mal de compliqué dans sa vie. Je ne me souviens pas d’une petite prière d’Avent où je l’aurais confiée à Dieu mais je pense qu’il y en a eu. Oui, sûrement.
Sa lettre sourit, les expressions sont jolies, l’écriture fine, délicate.
Des nouvelles, son parcours, et puis, le sujet : elle a appris – parce que le monde est petit – que j’avais animé des ateliers d’écriture dans l’hôpital où elle effectue sa formation et elle a un projet avec les étudiants de sa classe d’école d’infirmière.
Infirmière.
Le petit grain de beauté, ce n’est pas seulement sa réussite, son partage, sa demande pour porter son projet non, c’est  aussi ça.
«  J’ai préféré vous contacter par cette lettre plutôt que par mail ou téléphone, pour prendre le temps de bien vous expliquer et de vous envoyer l’ébauche du projet. Il me semblait aussi me rappeler que vous aimiez qu’on écrive bien ce qu’on aime bien. Vous m’avez appris ceci. »

 

Il reste des petits grains de beauté parfois, derrière nous. Et me voilà avec mon troisième petit grain tellement imprévu, presque imprévisible, qui m’embarque déjà vers un projet sans doute merveilleux.
L’Avent est toujours un temps surprenant.
Parfois, comme ce soir, un grain de beauté, inattendu, vient se glisser qui nous dit qu’on fait bien d’y croire, encore et toujours.

En ce troisième jour, puissent les jours chargés de vos vies laisser de la place à l’inattendu, à la surprise, à la confiance surtout. La confiance en Lui.

À demain.
Corine

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Un commentaire

  1. Avoir confiance, c’est ce qui est le plus difficile. Avoir confiance en l’autre, en demain, en Dieu. Cela implique souvent d’attendre et dans cet Avent, je crois que c’est le verbe ( le Verbe ?) qui nous interroge le plus. Merci Corine de ces mots.

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