Un café pour Dieu

Il y a eu des matins pressés, des fébriles, des enrhumés, des fatigués, des débordés, des tristes, des bavards, des silencieux, des joyeux, des très heureux aussi.
Pendant des années et des années, café et Bible, en tête-à-tête avec le bon Dieu.
Et il a suffi d’un matin maladroit.
Il a suffi d’une main, même pas pressée, fatiguée un peu, heureuse. Et maladroite.

Il a suffi d’un matin maladroit et la page presque-ma-préférée s’est soudain colorée.
Si tu savais comme le papier Bible absorbe nos bêtises. Papier buvard.
La tache s’est étalée. Auréole bavarde qui dès l’aube raconte combien le café Te va bien.
La tache s’est arrêtée. Rondeur parfumée sur Tes mots qui au matin me font tant de bien.

Il y aura encore des matins pressés, des fébriles, des enrhumés, des fatigués, des débordés, des tristes, des bavards, des silencieux, des joyeux, des très heureux aussi.
Je ne sais le nombre d’années.
Mais il a suffi d’un matin maladroit pour que désormais Ta Parole respire le parfum de mon café …pour deux Dieu. 😉

 

 

Je m’en doutais bien

J’ai descendu les escaliers quatre à quatre les pieds nus frôlant ma terre
J’ai écarté les volets pour laisser entrer doucement le ciel
J’ai versé le café brûlant de promesses
et j’ai ouvert ma prière.

Un jour de sabbat,
Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens
pour y prendre son repas,
et ces derniers l’observaient.

Je n’ai pas eu besoin de fermer les yeux
Capharnaüm, la synagogue, le village, la maison de Pierre, les bords du lac
Je me suis retrouvée là sans rien demander
Le ciel bleu, les parfums des orangers, les voix des passants
Sur sa table, le pain sans levain, les épices des viandes et les vins parfumés
Je n’ai pas eu besoin de fermer les yeux
J’ai retrouvé Sa Terre dans les murmures de ma prière.

A mille lieues des couleurs de mon océan, tous les bleus de Son Ciel se dévoilent maintenant.
Je m’en doutais bien. 😉

Au bord d’une prière

Je me suis assise sur le rebord de son marbre comme je m’asseyais, petite, sur le rebord de son lit. Les mains amarrées à sa vie, les pieds posés sur sa terre, le coeur ouvert.
Le soleil du matin a posé sa lumière sur mes joues, le grand vent est tombé, un souffle léger seulement.

Je m’asseyais tout près d’elle lorsqu’elle lisait sa Bible, à la douce lumière d’une  lampe de nuit.
Elle m’écoutait raconter, elle se taisait souvent, son souffle léger seulement.
Elle souriait tendrement.

Le soleil du matin a réchauffé mes mains. Son lit m’a semblé moins froid. J’ai raconté encore et encore tout le beau de mes derniers jours. J’ai souri. J’ai  même ri.
Je sais qu’elle aime entendre mes joies.

Je me suis assise sur le rebord de son marbre comme je m’asseyais sur le rebord de son lit. Les mains amarrées à la vie, les pieds posés sur ma terre, j’ai ouvert sa Bible, le coeur en prière.

 

Heureux quand ils écoutent la Parole

Je crois que c’est un de mes petits moments préférés, un de ceux qui s’abrite entre les quatre murs d’un collège de campagne, un instant joliment coincé entre les heures de cours et les récrés à se laisser bercer par un doux soleil d’automne.
C’est un moment qui ne vaut rien que la peine d’être partagé avec une presque vingtaine de gamins de 12 ans. J’aime bien le mot gamin. Il leur ressemble avec la simplicité de leur âge, leur air de ne pas en vouloir et leur franchise à oser des paroles.
C’est un de mes petits moments préférés le caté. Non pas parce que c’est du caté, ni parce que j’ai l’impression d’y être pour quelque chose de bien ou de bon, même pas parce qu’il y a Dieu tout près. C’est un de mes petits instants précieux parce que ce sont eux qui me font le mieux écouter la Parole de Dieu.

On a posé la Bible un peu comme d’habitude, avant de se quitter, allumé une bougie. Ils ont poussé les tables et les chaises.
On est mieux assis par terre pour écouter.
Ils n’ont pas dit prier. Et j’ai pensé à cet instant que c’était une drôlement jolie définition de la prière l’écoute de Dieu en nous. Je ne leur ai pas dit parce que déjà certaines ont allongé leurs jambes, d’autres se sont un peu repliés et ont fermé leurs yeux.
Cette semaine, c’est lui qui avait choisi un texte.
Il n’a pas prononcé les mots comme à la messe mais il a commencé comme ça « je vais vous lire ce que Jean, le copain de Jésus, a écrit parce que j’avais juste envie de savoir comment Jésus aimait ses amis… parce qu’on a parlé d’amitié depuis le début du caté. »
Et il a lu. Doucement. Comme si la Parole se posait au milieu de nous.

 

Ce matin, en écoutant l’évangile du jour, je l’ai revu lire, et eux tous, à l’écouter, à T’écouter. Et j’ai peut-être trouvé la vraie raison de ce petit moment préféré, un de ceux qui s’abrite entre les  quatre murs d’un collège de campagne, un instant joliment coincé entre les heures de cours et les récrés à se laisser bercer par un doux soleil d’automne.

Je crois que nous y sommes heureux.
Simplement heureux.

Demandez, Il vous aimera

« Demandez, on vous donnera. »

C’est toujours un peu étrange de relire ou d’entendre à nouveau l’évangile du jour au retour d’une journée remplie, trop dense peut-être, au soir fatigué qui se repose enfin.
Parce qu’au tôt du matin, comme au tôt de tous les matins, il y avait tant à Te demander encore.

De la patience pour cette petite qui ne comprend pas bien
Du courage pour rencontrer ces parents et régler un malentendu
Des sourires pour répondre à leurs mains levées et impatientes sans soupirer encore une fois
De la persévérance, de l’audace, de la force…

C’est toujours un peu étrange de Te demander tant quand au soir je me rends compte que j’ai reçu, beaucoup, et bien mieux que mes pauvres souhaits.

Son merci parce qu’elle ne comprenait pas bien mais qu’en vrai elle était drôlement bien là et que c’est ça qui compte non vous ne croyez pas osant la question son regard planté dans mon regard
Leurs mots les premiers qui ont osé engager un dialogue avouant leur peur sans fard et comprenant la nôtre
Mes éclats de rire de voir ma classe soupirer à son tour à mes questions posées une à une avec douceur
Je ne me suis pas sentie plus persévérante,  plus audacieuse, plus courageuse mais au bout de chaque heure j’ai trouvé un petit supplément de vie en sourires ajoutés.

C’est peut-être bien ça ce que tu donnes sans même qu’on ose le demander:
un bout de Ta volonté qui nous aime et nous pousse à aimer.