Un dimanche pas ordinaire

C’est le dernier. Dernier dimanche de l’Avent et en même temps dimanche tant attendu de la veillée.
Un trop-plein d’amour qui va déborder de chaque côté de ses heures, du début à sa fin.
Un dimanche pas ordinaire.

 

C’est de la douceur d’abord.
Leurs chambres respirent à nouveau de tous leurs rêves. Je n’ai pas pu m’empêcher au tôt du matin de pousser leur porte, sans bruit, à peine, simplement pour les regarder dormir. C’est de la douceur d’abord un dimanche qui les laisse à leur sommeil encore un peu et qui rappelle, en souriant, en souriant vraiment, quelques années en arrière l’empressement qu’ils avaient à commencer cette journée.

 

C’est du silence encore.
La cuisine se parfume à nouveau d’un café qui s’écoule tranquille et de ma Bible. Je n’ai pas pu m’empêcher de ressortir mes évangiles d’enfant, caresser le papier jauni et regarder encore une fois cette page. C’est du silence encore un dimanche qui ferme mes yeux et laisse sa voix revenir doucement à mes oreilles. Elle raconte, grand-mère raconte vraiment, comme il y a longtemps, cette Nuit-là.

 

C’est du brillant un peu.
Sur la robe délicatement posé. Je n’ai pas pu m’empêcher de mettre du joli sur mon sourire pour leur annoncer ce matin. La liturgie des tout-petits m’attend. Seront-ils là en ce dimanche de la Veillée aussi ? Petits Matthieu, Rami, Manon, Astrid et tous les autres, seront-ils là comme chaque dimanche de l’Avent ? C’est du brillant un peu que l’on posera sur l’étoile au-dessus de la crèche, c’est du brillant vraiment que je verrai dans leurs yeux d’enfants devant le Tout-Petit qui vient.

 

C’est du temps aussi.
La maison de mamie Thérèse se gorgera à nouveau des petits plats dans les grands, des bonnes odeurs et des bruits de vaisselle. On l’aidera à lisser la nappe blanche d’un revers de main experte. On sortira les beaux verres qu’on essuiera parce qu’ils ne servent jamais. On posera délicatement les assiettes au filet doré sur le bord, celles qu’on ne sort qu’aux grandes occasions. On mettra plus de couverts qu’il n’en faut juste pour que ça ne ressemble pas à un dimanche ordinaire. C’est du temps qu’on passera, tout en préparant, à se raconter ce qu’on devient, le travail de Véro, la santé de Patrice, le collège de Clément et la vie, la vie aussi. Et on prendra le temps de sourire ensemble.

 

C’est le chemin qu’on fera, juste après.
Les mains dans les poches, les bonnets, les écharpes. L’église est à côté. On ira à pied. On ne partira pas trop tard pour être bien. On rira sur le chemin comme des gamins en ribambelle de bêtises. C’est le chemin vers Lui qu’on fera, avec nos coeurs comme ils sont, là où ils sont.
C’est le chemin vers Lui qu’on fera, encore après.
En rentrant. On s’offrira nos cadeaux avec des coeurs un peu plus grands sans doute.
Il y aura de la douceur encore, quelques silences peut-être, du brillant sûrement, et du temps à partager.

Un trop-plein d’amour qui va déborder de chaque côté de ses heures, du début à sa fin.
Un trop-plein d’amour d’un dimanche pas ordinaire à faire déborder, pour tous nos jours, après.

 

Joyeux Noël à toutes et à tous, amies lectrices, amis lecteurs.  🙂

Corine

 

 

Par la fenêtre (21)

Par la fenêtre de ma mémoire

Merci Simone pour tes mots et ta belle mémoire. Encore un peu d’attente…  🙂

 En attendant Noël…

 

Décembre prenait un air de fête dès les premiers jours quand Papa décidait : il faur penser à la crèche ! Alors, la grande interrogation, pour nous les enfants, n’était pas combien ou quels cadeaux trouverons-nous déposés au pied du sapin au retour de la messe de minuit, mais comment sera la crèche cette année ? Et chaque soir, tels les calendriers de l’Avent, grandes mains ou petites menotes, habiles, ingénieuses,ou maladroites, mettaient une touche, peinture, collage, découpage, polissage à la création du maître d’ouvrage. Moments de chaleur, de joie où l’imagination et l’ingéniosité chassaient les chicanes et jalousies fraternelles. C’est ainsi qu’au fil des années l’Enfant Jésus vint au monde dans une étable de ferme, dans une grotte de montagne, dans un squat éclairé par un réverbère, sous une tente de bédouins dans le désert ou encore sous un pont de Paris.

L’attente joyeuse de Noël d’une fillette qui aimait Jésus a mûri d’année en année. L’Avent est devenu temps de pénitence confiante, tension de l’espérance rythmée progressivement par l’Eglise qui chante : « Le Seigneur ne tardera pas… Viens Seigneur sans tarder, viens… Il ne tarde pas… Il est proche… Dieu est avec nous : Emmanuel… ».

 

Réjouissons-nous, chaque jour, chaque instant nous rapproche de cet  Avénement !

Simone

 

 

Par la fenêtre (20)

…par la fenêtre de Soizic

Merci Soizic. Merci de poser en cet Avent ton regard positif, comme tu l’écris si bien, sur un monde à aimer.
À aimer malgré tout.  🙂

 

Par la fenêtre, je vois la pluie tomber. Et comme tout bon français du XXIe siècle, ma première pensée est négative : il fait trop sombre, je ne vais pas pouvoir sortir sans être trempée, etc. Très vite je me reprends, restons positifs. Chouette, il pleut enfin ! Depuis le temps qu’on manquait d’eau pour nos terres !

 

Par la fenêtre, je vois la nature en ville. Cette nature qu’on oublie trop souvent au profit du béton. Pourtant, je reste positive : quel bonheur de découvrir le travail de qualité de nos éleveurs et cultivateurs dans des lieux de vente directe ! Quel bonheur de cuisiner de si bons produits dont on avait presque oublié le goût !

 

Par la fenêtre, je pense à l’avenir. Nous serions trop nombreux sur la planète pour pouvoir tous y vivre de ses ressources naturelles. Doit-on renoncer à devenir parents ? Je veux rester positive et croire que les humains vont pouvoir continuer de vivre nombreux sur notre belle planète Terre en changeant leur mode de vie. Je n’imagine pas vivre la joie de Noël sans celle, immense, qui brille dans les yeux des enfants.

 

Par la fenêtre, je vois l’espoir. L’espoir que trop de « vieux » adultes ont oublié. L’espoir que je vois malgré tout autour de moi chez de nombreux jeunes. L’espoir de changer le monde, un espoir enfantin que nous continuons d’entretenir concrètement depuis que nous sommes passés dans le monde des adultes.

 

Par la fenêtre, je vois l’espérance. Une espérance qui vient de ma foi et m’aide à voir le positif. L’espérance que Dieu ne nous laissera pas tomber. J’aimerais que cet Avent soit le signe de cette espérance, que ce Noël apporte l’espérance dans tous les cœurs.

 

Par ma fenêtre de jeune femme, je vois un monde triste et un avenir difficile.

Par ma fenêtre de jeune femme, je ne veux regarder que le positif et garder espoir.

Soizic