Par la fenêtre (11)

…du p’tit troquet, celui qu’est sur le port

C’est un petit plaisir avoué. Celui des bars, des cafés, des bistrots.
Non pas seulement pour y boire – et pas plus que de raison – mais surtout pour être là, assise, au milieu des gens plus ou moins familiers, à les regarder, à les entendre aussi, à parler avec eux parfois.
D’ailleurs, en y réfléchissant, il ne s’agit jamais vraiment d’y boire quand on va chez Paul ou au Café du Port mais d’y prendre un pot, d’y partager un verre, d’y retrouver des amis.
Voilà. J’ai toujours aimé m’installer au coin d’un p’tit troquet et être avec des gens, dedans.

Mais le p’tit troquet, celui qu’est sur le port, c’est mon préféré.
ll ressemble à la vie qui vient et qui part.
C’est mon préféré, surtout les jours de pluie.

 

Je me trouve une petite place le long de la fenêtre pour regarder au loin les mâts qui dansent et tout près l’eau qui claque dans les flaques des pavés. .
Tu vois, par cette fenêtre, il y a toujours l’attente que la pluie cesse pour sortir et continuer ma vie.
Le p’tit noir des jours d’hiver ou le verre rafraîchissant des jours d’été attendent eux aussi, devant moi.
Mais c’est étrange parce qu’au fond, je n’ai jamais vraiment envie, à ce moment-là, que la pluie cesse.

J’aime bien cette attente-là, un peu forcée.
Je regarde les gens, et il y en a, qui continuent leur vie dehors, et j’écoute celles du dedans.
Mots et regards croisés, sourires parfois.

 

J’ai l’impression que ça ressemble un peu à ça les fenêtres de mon Avent, à mi-chemin.
Parce que tu sais, s’il n’y avait que moi, j’irai direct à Noël sans passer par les cases fenêtres à compter. Mais, pour continuer ma vie, m’arrêter un peu, mieux peut-être, pour penser à Lui, c’est pas tout mal ce temps.

C’est comme la pluie par la fenêtre de mon p’tit troquet préféré, plus ce temps passe, plus j’ai envie qu’il reste là, l’Avent.
Et paradoxalement, c’est assez inexpliquable, l’envie d’être à la veillée se fait plus pressante, plus vive, peut-être même plus profonde.

 

J’aime bien cette attente-là, un peu forcée.
Je regarde les gens, dehors, dedans, les lointains, les proches qui continuent leurs vies et j’essaie, un peu, de mieux les aimer.
Mots et regards croisés, sourires donnés.

 

Par la fenêtre (10)

Les mots de Chantal, touchants.
Merci pour ce regard en partage chère amie lectrice. Presque à mi-chemin de cet Avent, il fait du bien. 
Par la fenêtre… de son handicap
J’essaie de rejoindre mon petit-fils, autiste.
Il est étrange, à la fois étranger et tellement présent, mais toujours lumineux.
J’essaie d’entrer dans son monde, si différent du nôtre, dont on ne sait pas comment il fonctionne.
J’essaie d’entrer dans sa tête. Je crois que j’arrive mieux à entrer dans son cœur. Je le sais à l’intensité de son regard quand je lui chante sa comptine préférée, la chaleur de son sourire quand je comprends une de ses demandes.
Depuis qu’il est arrivé dans nos vies, il a bousculé notre foi, fait bouger nos habitudes, explosé nos préjugés.
Il nous a ouvert à la richesse de la différence même si cheminer avec lui est loin d’être facile. Ce petit ange me dit tant de l’amour du Christ qu’il me fait grandir en humanité.
En ce temps d’Avent, je voulais partager cette douloureuse joie avec vous. « Lève-toi et marche ». Quelles que soient nos souffrances, nos maladies, nos handicaps, ne pas oublier que Jésus nous met debout.
Bel Avent.
Chantal
Le Christ soignant le paralytique à Béthesda, Palma le Jeune, 1592

Par la fenêtre (9)

…de mes petites prières

Petites prières au long des jours, au long des pages, au long d’une vie comme autant de fenêtres qui s’ouvrent à Dieu.

Elle garde les volets fermés quand au matin fatigué elle ne sait plus que balbutier. Des mots répétés, presque machinalement, le coeur est-il là, à peine, et pourtant dans l’interstice des bois refermés, un filet de lumière
Dieu, Lui, est là.

 

Petite lucarne au lever d’une aube un peu triste quand elle ose à peine murmurer. Les pages d’une bible se tournent, presque mécaniquement, le coeur est un peu loin, trop loin pour être ici et pourtant dans la pâleur du jour
Dieu, Lui, est là.

 

Grande ouverte à respirer l’océan, pleins poumons qui inspirent profondément, elle n’hésite plus sur les mots. Elle pourrait presque parler trop fort, crier sur des pages et des pages, le coeur est-il prêt à entendre vraiment et pourtant dans l’audace d’une pleine lumière
Dieu, Lui, est là.

 

Grande baie au grand soleil d’un été à brûler le coeur, elle s’enflamme. Elle pourrait presque chanter à tue-tête, Te dire des je T’aime indécents, le coeur rempli de Toi T’écoute-t-il vraiment et pourtant dans l’éclat de ma voix
Dieu, Lui, est là.

Il est là.

Par la fenêtre (8)

Par la fenêtre de Marie

Merci Marie pour tes mots en partage. Merci pour ton carnet de sourires. Je te rejoins dans ces regards croisés, posés juste au bord, et qui peinent parfois à se rencontrer. 🙂
Amis lecteurs, ajoutés à mes fenêtres, d’autres partages à suivre encore, ceux d’Anne-Cécile, de Claire, de Loulou… Il y a encore de la place pour les vôtres, n’hésitez pas.
à bientôt,
Corine

            Par la fenêtre, il y a parfois de vieilles dames qui épient dans la rue, d’autres qui étendent du linge, des télés allumées quand le soir tombe. Par la fenêtre, il y a des gens qui rient, d’autres qui s’engueulent, dans la presque intimité de leur vie. Par la fenêtre, on entend parfois des voix qui viennent d’un intérieur que l’on ne connaît pas.

Par la fenêtre, il y a un bout de vie, un nouveau à chaque nouvelle fenêtre. Parfois même, c’est nous qui sommes par la fenêtre de ces bouts de vie. Une tête qui sort d’une maison, par la fenêtre, des regards qui se croisent… (Combien de fois ai-je été cette petite tête, penchée un peu sur l’extérieur, honteuse d’épier le passant !)

Par la fenêtre, il y a le monde, qui se déploie à l’extérieur, bien à sa place, qui entre parfois, sous forme de petites bêtes plus trop à leur place… Et puis par les fenêtres, il y a tout plein de petits bouts de mondes bien plus grands. Le monde des gens.

Par la fenêtre, on voit des vies qui s’activent, d’autres qui se posent. Par la fenêtre, il y a toujours plein de vies qui se vivent, quel que soit le coté de la fenêtre.

C’est toujours un peu indiscret, finalement, un regard par la fenêtre, qui nous transporte dans d’autres vies que la nôtre…

Et puis souvent, il y a d’autres fenêtres, par la fenêtre, qui nous regardent aussi, avec cette petite dose d’indiscrétion,
et au milieu il y a la fenêtre comme lieu d’échange, de rencontre de tous nos grands mondes.

Marie

Salvador Dali, Jeune fille à la fenêtre, 1925

Par la fenêtre (7)

…de mes chemins d’enfant

« Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers. » Marc, 1-3

Quand on connaît les sentiers comme ceux qui ont longé mon enfance, on est toujours surpris par ce « droits ».
Mission impossible pour qui veut suivre les côtes découpées dans les flancs d’une terre à fleur d’océan.

Petite, puis plus grande, j’aimais bien entendre cette remarque d’un grand-père à propos de ces chemins :
« Ils ressemblent tant à nos vies: tordus, aux petites pierres qui font trébucher, étroits parfois, mais regarde bien. Si tu lèves un peu le nez de tes pieds et continue à marcher avec confiance, où que tu sois sur le chemin, ton horizon c’est un Ciel d’Amour et une Promesse de Vie. »