Dans le creux du dimanche

Il y a toujours ce petit moment coincé dans le creux du dimanche.

Bien sûr il y a eu le café brûlant mais rien n’était encore vraiment commencé.
Bien sûr il y a eu la robe un peu jolie celle qu’on gardait pour ajouter des couleurs à novembre mais rien n’était encore vraiment commencé.
Bien sûr il y a eu l’église et son chemin vers les sourires retrouvés mais rien n’était encore vraiment commencé.
Bien sûr il y a eu mon pardon et mes mille mercis mais rien n’était encore vraiment commencé.
Bien sûr il y a eu Ta Parole et nos écorchures que Tu ne fais jamais semblant d’oublier. Bien sûr Ton Corps. Bien sûr.
Mais rien n’était encore vraiment commencé.

Il faut ce petit moment coincé dans le creux du dimanche.

Tu t’affaires au déjeuner, et déjà tu oublies un peu.
Tu rejoins tes copies, tes cahiers, ton agenda, et déjà tu as presque tout oublié. Tu fais, tu fais toujours, tu fais encore.

Mais il y a ce petit moment niché au creux d’une heure, une heure qui s’arrête. Il suffit de tellement peu.
Deux mots entre les pages d’un livre que tu dévores et tu t’arrêtes.
Deux pas entre les coins d’un jardin que tu respires et tu t’arrêtes.
Deux notes entre les accords d’un jazz que tu fredonnes et tu t’arrêtes.
Et tout revient, tout est là et tout commence enfin.

Ta prière.
En vrai.

Celle que tu avais laissé au bord de ta tasse brûlante. Celle que tu faisais danser dans les jolies plis colorés de ta robe. Celle croisée dans les sourires en chemin vers ton église. Celle blottie entre ton pardon et tes mercis. Celle glissée sur Ses mots. Celle posée dans Son Corps.

Il faut ce petit moment coincé dans le creux du dimanche.
Pour la savoir là, Ta Présence.
Et pour que le temps avec Toi, vraiment, commence.