Le Livre

J’ai toujours aimé ça.
Du plus loin que je me souvienne,  j’ai toujours aimé ça:  lire des textes de la Bible, illustrés. Avec des dessins, avec des peintures, avec des images.
Avec des représentations de chaque Parole, avec les traits offerts sur le papier de ce que je ne comprenais pas toujours très bien dans ma petite tête d’enfant.
Avec les épaisseurs, les finesses, les estompés des lignes de leurs visages, de leurs actes, de leurs pensées.
Lire la vie de Jésus comme ça, ses chemins dessinés devant moi, jusqu’à sa croix même si je détestais sa couronne d’épines. Un jour, il a même fallu une main patiente  arrivée juste à temps pour me confisquer une paire de ciseaux qui voulait enlever la souffrance de Sa tête.
Et les histoires d’avant Lui, elles aussi, je les aimais dessinées. Des Moïse bravant une montagne océane, des Abraham levant la main arrêtée juste à temps, ou encore des Jonas engloutis dans les profondeurs des entrailles.

C’est étrange parce qu’ailleurs ma lecture n’avait pas besoin d’images et hormis les collections de Fripounets et les albums de Tintin, il n’y avait que les lignes noires des romans qui s’alignaient sur mes étagères. Et je les aimais comme ça eux, sans rien qui vienne empêcher mon imagination d’aller là où elle voulait aller.
Mais la Bible, non. Je l’ai toujours aimée comme ça.

Et je l’aime encore comme ça.
Tellement que je suis à l’affût de toute création. Heureusement, je connais une chouette libraire qui ne manque jamais de guetter et de m’avertir.
La semaine dernière, elle a eu écho de ce livre. Le livre.

Ce soir, il est posé devant moi.
Je l’ai feuilleté trois fois déjà.
J’ai laissé mes copies encore une fois pour l’ouvrir.

Mais je ne sais pas très bien raconter les images.
Le foisonnement des noirs et l’espace des blancs.
Le juste de chaque ligne posée sous chaque Parole.
L’osé des personnages aux traits bestiaux, l’osé des liens avec notre aujourd’hui, l’osé d’une interprétation d’un homme qui se raconte un peu.

Mais je ne sais pas très bien raconter les dessins de Nicolas Arispe.
Ce n’est pas si grave, peut-être que ça ne se raconte pas.
Je sais seulement que son talent ajoute à mes lectures la sienne et que j’aime ça.
J’aime que Ton Livre sans cesse nous inspire, chacun, tous.

Je te laisse juste un tout petit quelque chose. Pour que tu regardes toi aussi. Et surtout que ça te donne envie de le lire ( Le Livre, Nicolas Arispe,  copyright Le Tripode, 2017. Version française par Oskar.)