Aux p’tits oignons…

Et il y a ce petit moment du retour à la maison.
J’attrape la clé de la boîte aux lettres.
En descendant l’allée devant la maison, je croise des visages familiers.
On s’arrête un peu, on se donne des nouvelles, je prends mon courrier.
On ne traîne pas trop, la pluie s’invite, on se dit à bientôt.
On s’aime bien je crois.
C’est doux des voisins qu’on aime bien tu sais.
Je rentre.
Je jette un oeil sur les enveloppes, je mets de côté l’important du reste, je me pose un peu.
J’aime bien ouvrir les lettres, trier les revues ou journaux qui arrivent, râler (un peu) contre les pubs.

Et il y a ce petit moment où je reçois l’abonnement que j’aime bien, celui que j’aime un peu plus que d’autres.
Je détache le plastique transparent.
Je râle (encore un peu) contre le plastique transparent.
J’ouvre le livret.
Je feuillette rapidement.
Souvent je respire les pages.
J’aime ça les parfums du papier.
Je lis, juste après, je lis un peu.

– Mmmm… y a encore plein de mots pour me nourrir, encore, encore un peu.

Je parle à voix haute.
C’est un tout petit rien du tout qui fait du bien cet instant là.
Je souris.

Le petit mari qui passe par là, il sourit de me voir sourire.
Et bien davantage encore.
Parce qu’il y a des publicités pour d’autres abonnements et glissées dans le plastique qui s’étalent, devant lui.
– Tu ne crois pas si bien dire … plein de mots pour te nourrir… certains vont jusqu’à t’offrir le robot-top-qui-fait-tout-pour-que-tu-la-cuisines-aux-p’tits-oignons…Sa Parole !
Cuisiner Ses mots, mijoter Ses mots, se nourrir de Ses mots … et aux p’tits oignons…
Peut-être bien qu’il ne croit pas si bien dire le p’tit mari. 😉

Prière en tube

J’devrais pas.
J’devrais pas revenir ici avec n’importe quoi. Des bêtises. Des trucs de filles. Des mots de travers. Quand même… ici, ça pourrait ressembler à un nouveau chemin de blog avec que du très- joli-méditatif-sérieux-catho-prof-maman-épouse-irréprochable.
Mais ce serait pas tout à fait Corine.
Ce serait pas vraiment ce que je préfère. Les sourires en n’importe quoi.
Alors bon il y aura une catégorie rubrique de n’importe quoi, ça passe, non ?

J’devrais pas te raconter ça.
La petite prière en tube. En tube comme un tube tu vois, un bon vieux tube à la radio nostalgie qui te réveille le week-end. En douce. Sous la couette à plumes.

J’aime bien le samedi matin. Il n’y a que ce matin-là qui s’autorise à laisser traîner la radio dans la chambre avant de poser un pied à terre. Les autres jours les pieds sont à terre bien avant tout réveil.
Je ne devrais pas te raconter ça mais si, en vrai, si,  parce que c’est exactement comme ça que Dieu est là tout le temps chez moi.
Et c’est comme ça que je l’aime Dieu à être dans tout et surtout dans n’importe quoi.

Ecoute.
Il y a la radio qui s’allume toute seule. Je ne sais pas l’heure exactement. Il y a la voix du chanteur. Ce matin c’est lui. Il me rappelle mes 17 ans et demi. C’est drôle.
Et ses mots sont comme ma petite prière. Evidemment, des fois ça fait un truc un peu bizarre un chanteur de ses 17 ans et demi avec ses paroles à lui comme ma p’tite prière. C’est pas toujours très catholique en vrai. Et surtout que j’ai les images du clip dans la tête c’est pas sérieux du tout.
Mais là, c’est assez joli ce moment.
J’devrais pas raconter ça mais tu vois, moi, Dieu je le mets dans chaque interstice de ma vie, même sur les paroles d’un vieux chanteur de variété.
Et je trouve que ça rend la vie drôlement plus jolie.

J’devrais pas raconter ça mais voilà, ce matin, sur une radio je ne sais plus laquelle il y a eu cette vieille chanson. Et c’était ma p’tite prière de mon matin.  Ma prière en tube.
Je te la laisse là. Dieu, Lui, Il la connaît depuis un bail.  😉

Tu passes l’intro. du clip et après tu écoutes bien, tu écoutes seulement si tu veux, oh mais … regarde aussi, c’est doux. 😉

https://www.youtube.com/watch?v=3pPbHl4DH8I