Par nos fenêtres

C’est peut-être parce qu’Amos me balade depuis quelques jours dans son Jérusalem au gré de ses pages.
C’est peut-être parce que les parfums de cumin, de sumac ou de grenade ont pénétré ma peau.
C’est peut-être parce que leurs voix résonnent des mots hébreux que je m’amuse à reconnaître.

Ou alors

C’est peut-être parce que j’ai commencé mon compte à rebours avant l’Avent.
C’est peut-être parce que j’aime passionnément Noël comme un tout-petit enfant.
C’est peut-être parce que j’ai toujours besoin qu’on m’aide à attendre dans les gris de novembre.

C’est peut-être à cause de tout cela que la nuit avant-dernière, j’ai rêvé d’un calendrier de l’Avent où chaque fenêtre s’ouvrait sur les couleurs, les odeurs et les bruits …d’une échoppe de souk. Au coeur de la vieille ville de Jérusalem.

 

Au réveil, j’ai souri.
A  raconter mon rêve, j’ai ri de moi et de ma tête qui perdait la tête.

 

Et puis, perdue pour perdue, j’ai laissé filer les idées depuis deux jours et j’me suis dit qu’elles n’étaient peut-être pas si mauvaises. Et que ce rêve me suggérait d’ouvrir les fenêtres de mon Avent non pas sur mes mots doux comme tout le temps mais sur les p’tites lumières des ailleurs qui filtrent au travers des rues.
Les lumières
Et les parfums au loin,
Et les mots des autres,
Et les bruits de pas, ceux qui traversent nos vies, et y laissent leur empreinte parfois.

 

Fenêtres ouvertes.
Envie de regarder par mes fenêtres et au-delà, ici et là, pour engranger le joli des vies parce qu’à bien y regarder, le joli, il est là.
Pour me mener vers Sa Naissance, fenêtre grande ouverte sur un Tout-Petit, au creux d’une mangeoire.
Grand horizon de nos vies.

 

Si vous avez envie de partager ici ce que vous voyez de beau par vos fenêtres, au-delà de vos fenêtres, par d’autres fenêtres, n’hésitez pas.
Ecrivez-moi, je vous ferai de la place, plein de place, ici.

L’unique condition est de commencer votre texte ou votre légende-photo par « Par la fenêtre… »

« Par nos fenêtres », ça débutera le dimanche 3 décembre.
Il est encore tôt je sais, je sais… MAIS comme je sais aussi que vous avez une vie et des tas de choses importantes à faire et à vivre, je vous laisse quatre toutes petites semaines avent pour commencer à ouvrir vos yeux, vos mots, vos coeurs. Et le principe du calendrier de l’Avent c’est qu’il soit prêt avant hein.

Moi, je laisse aussi ma (porte) fenêtre ouverte, je vous attends. 😉

à bientôt,

Corine

PS: pour écrire, il y a un formulaire de contact, ou bien demandez-moi mon adresse mail, je vous l’enverrai ou pour celles et ceux qui l’ont déjà: à vos plumes! 😉

Dans le creux du dimanche

Il y a toujours ce petit moment coincé dans le creux du dimanche.

Bien sûr il y a eu le café brûlant mais rien n’était encore vraiment commencé.
Bien sûr il y a eu la robe un peu jolie celle qu’on gardait pour ajouter des couleurs à novembre mais rien n’était encore vraiment commencé.
Bien sûr il y a eu l’église et son chemin vers les sourires retrouvés mais rien n’était encore vraiment commencé.
Bien sûr il y a eu mon pardon et mes mille mercis mais rien n’était encore vraiment commencé.
Bien sûr il y a eu Ta Parole et nos écorchures que Tu ne fais jamais semblant d’oublier. Bien sûr Ton Corps. Bien sûr.
Mais rien n’était encore vraiment commencé.

Il faut ce petit moment coincé dans le creux du dimanche.

Tu t’affaires au déjeuner, et déjà tu oublies un peu.
Tu rejoins tes copies, tes cahiers, ton agenda, et déjà tu as presque tout oublié. Tu fais, tu fais toujours, tu fais encore.

Mais il y a ce petit moment niché au creux d’une heure, une heure qui s’arrête. Il suffit de tellement peu.
Deux mots entre les pages d’un livre que tu dévores et tu t’arrêtes.
Deux pas entre les coins d’un jardin que tu respires et tu t’arrêtes.
Deux notes entre les accords d’un jazz que tu fredonnes et tu t’arrêtes.
Et tout revient, tout est là et tout commence enfin.

Ta prière.
En vrai.

Celle que tu avais laissé au bord de ta tasse brûlante. Celle que tu faisais danser dans les jolies plis colorés de ta robe. Celle croisée dans les sourires en chemin vers ton église. Celle blottie entre ton pardon et tes mercis. Celle glissée sur Ses mots. Celle posée dans Son Corps.

Il faut ce petit moment coincé dans le creux du dimanche.
Pour la savoir là, Ta Présence.
Et pour que le temps avec Toi, vraiment, commence.

 

Je m’en doutais bien

J’ai descendu les escaliers quatre à quatre les pieds nus frôlant ma terre
J’ai écarté les volets pour laisser entrer doucement le ciel
J’ai versé le café brûlant de promesses
et j’ai ouvert ma prière.

Un jour de sabbat,
Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens
pour y prendre son repas,
et ces derniers l’observaient.

Je n’ai pas eu besoin de fermer les yeux
Capharnaüm, la synagogue, le village, la maison de Pierre, les bords du lac
Je me suis retrouvée là sans rien demander
Le ciel bleu, les parfums des orangers, les voix des passants
Sur sa table, le pain sans levain, les épices des viandes et les vins parfumés
Je n’ai pas eu besoin de fermer les yeux
J’ai retrouvé Sa Terre dans les murmures de ma prière.

A mille lieues des couleurs de mon océan, tous les bleus de Son Ciel se dévoilent maintenant.
Je m’en doutais bien. 😉

Au bord d’une prière

Je me suis assise sur le rebord de son marbre comme je m’asseyais, petite, sur le rebord de son lit. Les mains amarrées à sa vie, les pieds posés sur sa terre, le coeur ouvert.
Le soleil du matin a posé sa lumière sur mes joues, le grand vent est tombé, un souffle léger seulement.

Je m’asseyais tout près d’elle lorsqu’elle lisait sa Bible, à la douce lumière d’une  lampe de nuit.
Elle m’écoutait raconter, elle se taisait souvent, son souffle léger seulement.
Elle souriait tendrement.

Le soleil du matin a réchauffé mes mains. Son lit m’a semblé moins froid. J’ai raconté encore et encore tout le beau de mes derniers jours. J’ai souri. J’ai  même ri.
Je sais qu’elle aime entendre mes joies.

Je me suis assise sur le rebord de son marbre comme je m’asseyais sur le rebord de son lit. Les mains amarrées à la vie, les pieds posés sur ma terre, j’ai ouvert sa Bible, le coeur en prière.

 

Revenir

Il y a toujours un moment où il faut revenir.
D’une histoire, d’un voyage, d’une prière.
Revenir sur terre, revenir sur sa propre terre.

On a tant écrit sur partir. Motif littéraire tellement plus noble. Partir, avec ses voyages, et ses lointains, et ses horizons à découvrir. Partir, c’est l’infiniment plus à vivre. Revenir paraît si étroit, si ordinaire, si banalement quotidien.

Pourtant il y a toujours ce moment où il faut revenir.
D’un ailleurs, d’un autre, revenir à soi.

Je suis revenue de Ta terre au très tôt de ce matin. Ta Terre Sainte.
C’était l’infiniment plus à vivre ce voyage, c’était l’infiniment plus de poser mes pieds sur Ta Terre, mes pas dans Tes pas. Revenir dans la mienne semble soudain si étroit, si ordinaire, si quotidiennement banal.

Pourtant il faut y revenir.
Pourtant je suis là.

Au chaud de ma maison, près du feu qui brûle. Au coeur d’un bureau, près de mes livres qui s’alignent. Au creux d’un roman laissé là et repris comme si tout continuait.
Et tout continue. Revenir et continuer. Continuer le chemin, continuer la vie. Poursuivre son pèlerinage.

Je suis revenue de Terre Sainte avec ses parfums, ses bruits, ses couleurs. Des mots laissés sur les pages d’un carnet. Des mots que j’écrirai peut-être. D’autres que je ne trouverai que dans mes silences.

Je suis revenue avec Ta Parole lue et relue qui peu à peu s’imprègne. Peut-être même que je suis revenue pour Elle.
Je suis revenue de Terre Sainte par un chemin qui a croisé l’essentiel.
Revenir, revenir enfin et cela semble soudain si clair.

Revenir pour revenir à Toi. Ici.