Car’aime à ma façon (6)

Bon 6ème jour, 
Corine

S’aimer

 –… et de toute façon, j’suis nulle.

Il y a une vraie bataille de prof à mener parfois. Souvent.
De celle qui consiste à leur donner confiance, l’envie d’essayer, et quand ils ratent, oser recommencer, se décourager une nouvelle fois, ne pas avoir peur, garder courage et retenter encore pour enfin réussir une fois, puis deux, et peut-être réussir, simplement.
Il y a une vraie bataille d’adulte à mener parfois. Souvent.
Pour leur dire que l’erreur fait avancer. Grandir même.

En ce début de Carême, je me surprends aussi parfois à murmurer ‘j’ suis nulle’.
Dans un mot dit de travers, dans un oubli, dans une mauvaise excuse.
Dans une main gardée tout au fond des poches, dans un regard fuyant.

Dieu mène une vraie bataille à nos côtés. Souvent.
Et Sa Parole nous redonne confiance, nous encourage, nous soutient,
nous redit que la faute, pardonnée, fait avancer. Grandir le coeur, même.

Et Son amour nous fait nous aimer chaque jour un peu mieux.
Malgré tout.
Et aimer.
Par dessus tout.

Une nouvelle semaine de Carême tout juste commencée, un tout début de chemin pour remplacer à nouveau nos ‘j’suis nul’ par des ‘je t’aime.’  🙂

Car’aime à ma façon (5)

Bon 5ème jour…
Corine

Aimer Dieu… 

… comme un tout petit enfant.

La liturgie pour les tout-petits, c’est notre affaire dans la paroisse depuis plus d’un an. Avec l’amie Colette, on s’y colle et on reste scotchées souvent.  😉
Déjà, pendant tout l’Avent, chaque dimanche, on s’était pris une bonne dose de surprise parfois et d’amour tout le temps à entendre leurs mots de 3, 4 ou 5 ans.

Premier dimanche de Carême.
Colette travaille ce dimanche alors les petits, c’est moi qui les ai emmenés en ribambelle au centre pastoral pendant les lectures. 20- 25 minutes à partager La Parole rien qu’avec eux.
Assis sur le tapis, face à leurs mines curieuses, on avait installé l’arche de Noé en  Playmobil.
Ils savaient bien qu’on n’allait pas jouer.
– Dis, tu vas raconter une histoire ?

Ils ont écouté l’histoire de Noé. J’aime bien raconter. Mais, là, j’aime encore davantage parce que des enfants c’est pas comme des adultes endormis, ça écoute toujours les histoires de la Bible.
Tu sais, ils écoutent vraiment.
Avec des yeux qui semblent te dire « encore » à chacune de tes phrases.

Juste après, il y a toujours ce petit silence qui s’installe tout seul, même que souvent je n’ai pas très envie de l’interrompre. J’attends que la petite sur ma droite et le petit sur ma gauche commencent à remuer leurs bouts de pieds.
Là je sais qu’on peut causer un peu.

Alors, on s’est demandé ce qu’on mettrait de précieux dans notre bateau si on était obligé de partir.
Ils ont d’abord déposé l’image de l’arbre et celle des plantes et des fleurs. Puis les animaux. Puis la famille. Je les ai laissé faire. Ils commentaient avec leurs mots.
Et Matthieu a déposé l’image de la bicyclette parce qu’il faudra bien aller faire les courses. Sa voisine, celle de la pizza parce qu’il faudra bien manger.
Le petit devant, celle de l’ordinateur parce que quand on est grands on en a besoin pour travailler.
Et son voisin le téléphone mais parce qu’il faudra bien donner des nouvelles.
Finalement, ils ont déposé dans le bateau toutes nos images avec tout leur essentiel.
Et rien que de l’essentiel.

Y avait pas un mot de travers.

C’était déjà assez chouette en vrai. Les quelques papas et  mamans venus aussi et assis derrière leurs petits, ils écoutaient en souriant. Et comme moi, ils en prenaient plein leurs oreilles.

J’ai cru que c’était fini pour aujourd’hui. Heureuse de leurs mots simplement donnés. Il restait le temps de la p’tite prière ensemble avant de regagner l’église pour l’Eucharistie.

Rami a levé sa main d’enfant sage:
– Corine, dis… t’as pas une carte pour Jésus ?
– Tu veux dire une carte avec Jésus dessus, Rami ?
– Oui…faudra l’emporter Jésus dans notre bateau aussi.
Les enfants ont acquiescé en c(h)oeur parce que Dieu (ils ont dit Dieu) Il est important tu sais.

J’ai cru que c’était fini pour aujourd’hui.
C’était sans compter sur leur aimer Dieu de petit enfant.
Immmensément grand.

 

Nouvelle semaine. Mettre un peu de nos coeurs d’enfant dans nos heures. 🙂

Car’aime à ma façon (4)


Bon 4ème jour  et bon premier dimanche de Carême !
à lundi
Corine
  🙂


Et le samedi c’est aimer à la façon de…

 

… Christian de Chergé

« Il m’a aimé jusqu’à l’extrême, l’extrême de moi, l’extrême de Lui. Il m’a aimé à sa façon, gracieusement, gratuitement,… comme je ne sais pas aimer : cette simplicité, cet oubli de soi, ce service humble et non gratifiant. Il a aimé les siens jusqu’à l’extrême, ils sont tous à Lui, chacun comme unique, une multitude d’uniques. Il a tant aimé les hommes qu’Il leur a donné son Unique : et le Verbe s’est fait FRERE. Amen. » 

 

Père Christian de Chergé  (1937-1996) – Moine de Tibhirine

 

Et pour celles qui demandent… désert du Neguev (Israël) – 22/10/2017 (photo de couverture) 🙂