P’tits grains de Ta Parole – Grain d’avent (7)

Retour de la vingtième leçon.

C’est au retour de Terre Sainte, il y a un peu plus d’un an, que l’envie d’apprendre l’hébreu s’est à nouveau fait ressentir pour moi et je me rends compte que mes débuts racontent une drôle d’histoire de petits… grains.

J’ai eu la chance de réaliser mon souhait rapidement et de trouver un professeur, deux même, car son épouse m’est aussi d’un grand secours. Je me souviens de mes débuts qui n’étaient pas très inquiets d’apprendre. J’aime savoir, connaître, ça ne devrait pas poser de problème. Pourtant, au bout de quelques leçons, j’ai ressenti un profond découragement et le plus déstabilisant, c’est qu’en matière d’apprendre, ce devait être la première fois. À 50 ans, ça n’a pas manqué d’écorcher mon amour-propre et – justement- de m’apprendre quelque chose d’assez chouette aussi. Il n’est jamais trop tard.

Voilà.
Je mémorisais facilement les consonnes mais je découvrais en même temps une ribambelle de points et de traits placés en-dessous des mêmes lettres : les points-voyelles. À cela s’est très vite ajouté un point nommé dagesh placé à l’intérieur même de certaines consonnes pour en changer la prononciation. Des points ici , des points là, dessus, dessous, et qui changeaient tout ou presque, je n’y voyais plus rien !
Très vite, vraiment découragée de ne rien parvenir à distinguer, j’avouai à mon vieux professeur que je n’y arriverais jamais. Ce dernier m’a rappelé mon métier.
– Que feriez-vous face à une élève qui baisse les bras au bout de trois leçons ?
– Je lui dirais qu’elle doit s’accrocher, continuer, prendre du temps…
– Et bien, tous ces petits points, tous ces signes ont besoin de votre courage, de votre persévérance et de votre temps.
Et son sourire m’a réconfortée.

Je reviens de ma vingtième leçon. Déjà.

Je ne peux pas dire que tous ces petits grains autour des lettres n’ont plus de secrets pour moi ! J’en suis encore loin mais je les apprivoise peu à peu.
Tout ça pour Te lire encore et encore, dans une langue plus proche de Toi.

 

Jour 7. Que cet Avent nous donne le courage qui nous manque parfois pour oser, pour continuer, pour accepter de ne pas toujours réussir.
Que cet Avent nous aide aussi à prendre ce temps de Te lire, encore et encore, avec ou sans tous Tes ptits grains.  😉

À demain.
Corine

Grain de folie – Grain d’Avent (6)

Fin de vendredi.
15h30-17h00: caté.

C’est écrit dans l’emploi du temps comme une jolie parenthèse.
Aujourd’hui, on s’est réjouis de notre calendrier de l’Avent installé dans l’entrée du collège et dont les petits mots, chaque matin, questionnent les autres collégiens.
Et puis, on a parlé « cadeaux ». Ceux de la vie, ceux qu’on n’achète pas, ceux qu’on peut se faire sans argent, ceux dont on rêve aussi.
– Moi, mon plus beau cadeau, ce serait partir en voyage avec ma famille, réunie.
– Moi, que ma marraine guérisse.
– Moi, de voir plus souvent mes grands-parents.
– …..
– Et toi, alors ?
– J’sais pas…
– Il n’y a pas un cadeau de la vie que tu aimerais…
– Si… Rencontrer Dieu en vrai pour savoir s’il existe en vrai de vrai, être sûr quoi…mais le rencontrer vivant, quand on est vivant, bon, vous comprenez… c’est un peu fou hein ?

Jour 6. Puissions-nous avoir ce petit grain de folie à vouloir Te rencontrer Vivant, dans nos vies. En vrai. 🙂

À demain.
Corine

 

Grains de riz – Grain d’Avent (5)

Il y a dans mes jeudis un petit goût des jeudis d’autrefois :  un peu plus de temps, simplement. Du temps à prendre et peut-être, en cet Avent, du temps à donner – essayer du moins.
Quand arrive le jeudi avec Sandrine, une fois par mois, je prends soin de préparer un petit goûter-maison. Aujourd’hui, quelques roses des sables. C’est tout simple et une heure au frais suffisent à rendre la gourmandise délicieuse. Pétales de maïs, un peu de beurre, du bon chocolat, une jolie boîte récupérée, le tour était joué.
Et bien mieux que le truc tout bien  enveloppé de doré qu’on achète vite fait.

Avec Sandrine, je réapprends le simple du partage. Elle me donne des pommes, je lui prête des livres; elle me fait un ourlet de pantalon, je lui montre comment ça marche un traitement de texte « comme ça je pourrais aider mon grand qui rentre au collège l’an prochain ». Ceux qui me lisent ici depuis longtemps, bien avant Coquille, bien avant cet Avent, se souviennent peut-être d’elle : Sandrine, ses cinq enfants, un compagnon qui n’a pas toujours du travail et une petite maison avec un bout de jardin à essayer de faire vivre, une petite maison à essayer de rendre heureuse surtout. L’association qui a donné des coups de main à Sandrine il y a quelques années m’a chargée de « veiller » maintenant que la famille a repris pied et je crois que  je suis devenue une amie. Vraiment. Même si Sandrine et moi, on a des vies différentes, on se rejoint. Et elle aussi m’apprend. Souvent.

Cette fois, elle a posé devant moi un magnifique riz au lait.
– Tu sais, c’est vraiment rien. Des grains de riz, un peu de sucre et du lait. Les enfants adorent et ça coûte dix fois moins que les petits pots de Super machin.

Elle a dit « grains ».
Vraiment.
J’ai souri.
C’est un peu fou cet Avent-là.

 

La vie est compliquée, difficile souvent, injuste sûrement et pour beaucoup. Elle l’a été pour Sandrine, je le sais. Durement. Injustement, depuis l’enfance.
J’ai repensé à l’actualité rude de nos rues de France. Je me suis demandée si on pouvait encore être heureux, simplement.

Sandrine a goûté une rose des sables. Sourire et chocolat au coin des lèvres.
– Alors tu goûtes mon riz au lait toi aussi !
Je suis repartie avec ses grains de riz dans la tête, jolis.

Jour 5. Je n’ai la solution à rien, absolument rien, surtout pas à la souffrance. Mais je crois, j’y crois oui, qu’un peu de partage – et avec nos voisins déjà – que beaucoup plus de simplicité dans nos vies – à tous – feraient retrouver le goût du vrai aux gens. Et l’envie de construire une vie sans artifice là où, hélas, l’on confond souvent pouvoir d’achat avec pouvoir de tout acheter.

Puisse cet Avent vous donner à vivre des partages, simples. Tout simples. Comme Lui, sur Son chemin.

À demain.
Corine