Et Dieu aussi

C’est étonnant les mimosas en fleurs.

Il y a les gris du ciel, les gris bleu de l’océan, les gris froids des pierres, les gris sans vie des arbres encore nus.
Il y a les gris un peu tristes de leurs granits.
Et le jaune des mimosas, épatant, éclatant, entêtant.

C’est étonnant les mimosas en fleurs.
On dirait qu’ils me disent la vie là, toujours, encore.
Au-delà.
Au milieu de tous les gris, leur éclat me sourit.

Et Dieu aussi.

 

mimosa

 

Un jour peut-être

Un jour peut-être j’oserai écrire quelque chose un peu comme ça.

 

Quelque chose qui dit qu’aimer c’est difficile qu’il faut s’aimer drôlement d’abord pour bien aimer les autres.
Quelque chose qui raconte que ça ne se rattrape jamais vraiment les manques d’amour même avec plein d’amour.
Quelque chose qui dit que l’amour n’est pas un chemin tout droit et que ça prend plein de détours le temps d’aimer.
Quelque chose qui raconte qu’on peut hésiter entre une vie à aimer Dieu seulement et une vie autrement.
Quelque chose qui dit que ce n’est pas faire un choix qui est difficile c’est d’être certaine d’avoir fait le bon.
Quelque chose qui raconte que Dieu nous parle mais qu’on ne sait pas l’écouter même avec beaucoup de temps.
Quelque chose qui dit qu’on peut être sûre parfois seulement le jour où on tient son bébé dans les bras.

Quelque chose qui raconte que se marier et aimer tellement ça n’enferme pas le coeur à jamais dans un autre coeur.
Quelque chose qui dit que se donner pour la vie ce n’est pas une parole en l’air.
Quelque chose qui raconte l’alliance au doigt que je touche doucement pour tenir debout.
Quelque chose qui dit les souvenirs du presque frère couché devant l’évêque et nos larmes de joie.
Quelque chose qui raconte la joie de leur mariage à la mairie parce que pour eux ça ne peut pas être autrement.
Quelque chose qui raconte que son amour chaque jour me rend plus belle.
Quelque chose qui dit que je veux vieillir comme ça avec cet amour-là.

 

Quelque chose qui raconte qu’ils s’aiment en vrai ces deux-là ça se voit.
Quelque chose qui raconte qu’ils ne s’aiment plus qu’on n’y peut rien.
Quelque chose qui dit qu’avant de l’aimer elle en a aimé tant.
Quelque chose qui raconte que c’est compliqué qu’on ne sait pas et qu’ils nous emmerdent à nous juger.
Quelque chose qui dit que ça rend grossier les souffrances d’amour.
Quelque chose qui raconte qu’on ne peut pas toujours dire qu’on aime.
Quelque chose qui dit qu’il faudrait taire son coeur parfois pour aimer que c’est un non sens et que c’est vrai.

 

Quelque chose qui raconte le joli de leur vie à deux qu’elle sera belle c’est sûr qu’elle est belle déjà.
Quelque chose qui dit qu’aimer parfois ça déborde du coeur et qu’on n’a pas envie de l’arrêter cet amour-là.
Quelque chose qui raconte combien je voulais qu’ils ne se séparent jamais mais que je n’ai rien pu faire.
Quelque chose qui dit comment son amour de Frère dans son abbaye me fait comprendre l’amour.
Quelque chose qui raconte qu’elle est heureuse dans son monastère et qu’elle est libre.
Quelque chose qui dit que maintenant séparée de lui elle aime mieux.
Quelque chose qui raconte que Dieu est là tout le temps.

 

Quelque chose qui dit les histoires qu’on se raconte pour ne pas L’écouter en vérité.
Quelque chose qui raconte l’amoureuse qui aime tout le temps pour être sûre d’être aimée.
Quelque chose qui dit les pardons qui nous aiment encore.
Quelque chose qui raconte qu’aimer c’est difficile parce qu’il faut continuer de s’aimer drôlement pour bien aimer les autres.
Un jour peut-être j’oserai écrire quelque chose sur le Verbe aimer lorsqu’il raconte toutes nos vies.
Comme ça.

Un coeur dénoué

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Livre des Lévites 

L’impératif de Dieu n’est pas d’aimer mais d’apprendre à aimer
Non pas aimer un peu
Non pas aimer beaucoup
Avec nos coeurs d’hommes
Petits, étroits, étriqués
Enfermés dans des poitrines qu’on veut assagir par devoir par charité
Policés

Non.

Apprendre à faire éclater nos noeuds
À nous aimer à la folie
Passionnément vraiment en vérité
Apprendre l’Amour comme Lui
Avec cette indécence de le croire infini
Apprendre avec un coeur qui va à l’autre
Dénoué

 

IMG_20160804_114525

 

Petite prière hors-saison

« Dieu parle au cœur sans aucun bruit de parole. »
Ste Bernadette Soubirous

 

Elle se lève en silence.
Elle s’habille très vite du vieux pull trop usé aux coudes et attrape son écharpe.
La rue est déserte. Pas seulement parce qu’il est tôt pour un samedi.
Derrière les volets clos, elle sait que personne ne dort.
Le ciel est déjà bleu.

On est hors-saison. Elle aime bien ça.
Elle dira un pain, des croissants peut-être. Elle écoutera c’est calme encore.
Les vacanciers ? à la neige, on les verra pour Pâques.
Pâques ? Dans dix jours le Carême. On n’y est pas encore. Elle aime bien l’ordinaire.
Le ciel est plus bleu qu’hier on dirait.

Elle marche en silence. Elle grignote le bout du pain.
Elle se faisait gronder pour ça autrefois sur le même chemin, ça la fait sourire.
Peut-être qu’on ne change pas au fond. On grandit à peine.
Les carêmes… ? C’est juste pour ne pas oublier d’aimer.
Le ciel laisse passer le soleil. On dirait qu’il regarde derrière ses rideaux s’il y a quelqu’un.

Mais on est hors-saison. Il n’y a personne.
« La mer quand même dans ses rouleaux continue, son même thème, sa chanson vide et têtue… »
Alors, alors elle se pose là. La petite prière. Au milieu de rien. En silence. Sans rien dire.
Tu la verras bien, Tu l’entendras mieux dis ? Loin de tous les bruits. Est-ce que Tu es là Toi quand il n’y a personne ?
Le Ciel me sourit.

Ton silence parle à mon coeur sans aucun bruit de parole.
Elle aime être hors-saison ma petite prière.

 

IMG_20160805_173310

 

 

 

 

Pour avoir moins peur de demain

Parfois j’ai peur de demain.
Des guerres qui continuent, de la maladie qui revient, du triste qui ne s’arrête jamais.
Et puis il suffit de les croiser, elles et leurs rires et leurs 13 ans et demi.

 

Il suffit de prendre deux grands jours au temps promis des belles vacances
de tracer la route vers le monastère avec leurs blagues à l’arrière de l’auto et le soleil dans les yeux
de nous installer dans le logis Saint-Benoît comme si on était chez nous en vrai pour longtemps
de se dire qu’on est drôlement bien ici avec les Soeurs et avec Dieu un peu, beaucoup peut-être
de les regarder fermer leurs paupières dans la chapelle et de les trouver belles
de marcher de chanter de faire des ricochets et de sourire encore dans la campagne d’un doux février
de manger des crêpes du sucré de la galette et des chamallows grillés dans la grande cheminée
de jouer au Perudo comme si on jouait nos vies à chaque coup de dés
de raconter des bouts de ces vies, pas trop, juste pour être là, ensemble
de rire encore de rire toujours et d’être bien

Il suffit de prier assises au bord de la pierre dans le silence d’un soir
de murmurer un mot deux à peine qui rassurent avant la nuit et de se dire le bonne nuit qu’on ne s’est jamais dit
de prendre un petit déjeuner ensemble c’est drôle on ne se voit jamais au petit déjeuner d’habitude
de prier aux Laudes de prier vraiment d’être grandie de leurs petites prières d’enfants
d’écouter soeur Renée combien c’est immense comme elle aime
d’écrire quelques phrases en couleur pour se souvenir d’aimer d’aimer mieux
de se dire qu’on est drôlement bien même si le monde est difficile vraiment et que Dieu est là c’est sûr
de ne pas se le dire justement de le vivre pleinement d’avoir envie de le vivre oui
de finir par gratter nos semelles boueuses sur le bord de la pierre en silence
d’ôter un peu le moins bon d’espérer le doux le meilleur tu crois ?

Il suffit de presque rien comme dans cette vieille chanson
de regarder dans leurs yeux d’écouter leurs mots de sourire avec elles

Il suffit de prendre deux grands jours au temps promis des belles vacances
de tracer la route vers le monastère avec leurs blagues à l’arrière de l’auto et le soleil dans les yeux
Pour avoir moins peur de demain.

 

16465834_942539222548603_2097418962282217472_n(1)

 

Les bords des yeux qui brillent

L’heure et demie difficile parce qu’ils sont fatigués parce que je suis un peu mal fichue aussi.
Il faut la terminer avant les vacances cette séance sur les débuts de roman et commencer à le lire le début de ce roman.
Ils bavardent au lieu de faire le travail demandé.
Ils parlent d’autre chose.
Je ne veux pas savoir.
Je m’agace.
Je me fâche.
En la regardant je vois les bords de ses yeux qui brillent.

Je n’aime pas me fâcher en classe. Mes années d’expérience m’ont prouvé tant de fois que cela ne servait à rien de bon. Rien.
Je l’interroge bien vite. Pour la remettre sur les rails.
Elle répond.
C’est bien.
Elle sourit.
C’est reparti.

Et la fin de la journée avec eux est douce.
Ils me parlent du beau travail d’écrivain.
Ils ont tout compris.
Je souris.
Dehors il pleut. Il y a comme une lumière d’orage. Celle qui trace en appuyant un peu sur le trait un contour doré aux reliefs.
En regardant par la fenêtre je vois les bords des cieux  qui brillent.

La sonnerie retentit. Ils rangent leurs affaires calmement. On dirait qu’ils ont envie de rester un peu maintenant.
Il y a celui qui veut effacer le tableau.
Et celle qui veut bien m’aider à ranger les dictionnaires.
Et celui qui s’empare de la télécommande: « Je vous éteins le vidéoprojecteur m’dame ? »
Et elle, petite, elle est petite debout, elle qui s’attarde devant mon bureau.

– Je ne bavardais pas vous savez tout à l’heure… c’est juste que je répondais à ma voisine.
J’avais déjà presque oublié.
– Ce n’est rien…on est tous un peu fatigués je crois.
Elle a refermé son cartable en souriant. Vraiment.
Et c’est d’elle ce mot, de ses 11 ans jolis, plein d’envie de vie et de rires, plein de promesses à faire grandir encore.

– Oui… c’est vrai on est tous fatigués. Ça se voit, on a tous les bords des yeux qui brillent.

pluie

 

Ne serait-ce que la frange…

« Et dans tous les endroits où il se rendait, dans les villages, les villes ou les campagnes, on déposait les infirmes sur les places. Ils le suppliaient de leur laisser toucher ne serait-ce que la frange de son manteau. Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés. »

 

J’effleure
du bout des doigts
Ta Bible

Je tourne les pages
papier léger
je lis à peine

Je touche les bords seulement
de Ta Parole
Sans parvenir au fond au profond dans les espaces entre les lignes au coeur des mots

J’effleure
Seulement

Et pourtant
Tu remplis le presque
Tu débordes l’à peu près
Tu combles les peut-être
Tu emplis les vides

De Ton amour

J’effleure
ne serait-ce que la frange.

Touchée.

 

img_20160920_183359-2

Mes grains de sel

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,13-16.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. »

 

Je ne leur ai pas dit mercredi dernier quand je suis arrivée les bras chargés de journaux pour découper des bonnes nouvelles dedans, je ne leur ai pas dit que les rencontres avec eux je les aimais bien, vraiment bien.
Dans nos heures de caté partagées entre les murs d’une classe qu’on essaie d’ouvrir au monde, à Dieu, un peu. Je ne leur ai pas dit que leurs questions, leurs rires, leurs prières d’enfants me faisaient grandir même si parfois ils mettaient leur grain de sel un peu partout et qu’on avançait à pas grand chose.
On avance en vrai. J’avance grâce à eux.
Je ne leur dis pas que ce sont eux le sel de ma terre.

Je ne leur ai pas dit vendredi soir quand je les ai croisées les rires aux larmes sur la cour de récré pour me rendre leur inscription, je ne leur ai pas dit que les deux jours de vacances avec elles en monastère je les attendais, vraiment.
Dans ces heures de Foi partagée entre les murs du logis Saint-Benoît qu’on essaiera de faire calme, doux, proche de Dieu. Je ne leur ai pas dit que leurs questions, leurs rires, leurs prières de jeunes me faisaient sourire même si parfois elles mettaient leur grain de sel ailleurs et qu’on oubliait d’être là.
On est là en vrai. Je suis là grâce à elles.
Je ne leur dis pas que ce sont elles le sel de ma terre.

Je ne leur ai pas dit aux matins des dimanches en église quand je les ai pris par la main pour leur faire traverser la route le temps de la liturgie des tout-petits, je ne leur ai pas dit que leur quatre ou cinq ans je les aimais, vraiment.
Dans ces minutes d’éveil partagé entre les murs d’une salle paroissiale qu’on essaie de faire jolie, accueillante, prête pour Dieu. Je ne leur ai pas dit que leurs questions, leurs rires, leurs prières de tout-petits me faisaient aimer même si parfois ils mettaient leur grain de sel un peu n’importe comment et qu’on part n’importe où.
On est avec Toi. Je suis avec Toi grâce à eux.
Je ne leur dis pas que ce sont leurs mots d’enfants qui sont le sel de ma terre.

 

Je ne leur ai jamais vraiment dit à tous les enfants que je croise, à ceux en bonne santé et ceux dont la vie est bancale, je ne leur ai jamais dit à ceux que je croise dans des classes, dans des groupes de caté, dans des ateliers, dans des temps d’accompagnement en église, je ne leur ai jamais dit que sans eux ma Foi serait sans doute bien fade.
Je ne leur ai jamais dit vraiment je ne peux pas ça ne se dit pas à eux
qu’ils me font relever la tête quand je perds courage,
qu’ils me font regarder devant quand mes pas se perdent,
qu’ils me font grandir en me mettant à leur hauteur d’enfant.

Ils sont les grains de ma terre, simplement. Le sel qui donne une douce saveur à ma vie.

 

IMG_2264

 

Recette

– Mais tu mets quoi dans ta prière ?

 

Je crois qu’elle ne m’aurait pas posé la question autrement si elle m’avait demandé ma recette de pâte à crêpes.
Ça m’a fait sourire.
Et je me suis vue un instant devant ma Bible, ma p’tite lumière et mon cahier.
Je me suis vue à T’écrire de jolis textes  bien dosés avec de bons ingrédients dedans  pour donner un bon goût à ma vie ou pour la rendre plus jolie.
Sauf que c’est pas ça.

 

J’ai essayé de lui dire avec mes mots.
Je n’ai pas trouvé ça si facile.

 

Je ne sais pas ce que je mets dans ma prière mais elle commence toujours par Ton prénom.
J’attends un peu dans la virgule juste après avoir posé Tes cinq lettres sur ma feuille, le temps que Tu sois là.
Je ne sais pas ce que je mets dans ma prière mais elle débute souvent par des pardons.
Un peu toujours les mêmes zut tu sais est-ce qu’on change au fond est-ce qu’on change vraiment.
Je ne sais pas ce que je mets dans ma prière mais elle continue souvent par ceux que j’aime.
Tous. Ceux qui le savent et ceux qui le savent moins ceux qui sont là et ceux qui sont absents.
Je ne sais pas ce que je mets dans ma prière mais il y a parfois un s’il te plaît.
Au monde qui me fait mal aux maux de p’tite Sarah aux mots que j’aimerais doux.
Je ne sais pas ce que je mets dans ma prière mais il y a des tonnes de mercis tout le temps.
Aux clins Dieu aux riens qui sont jolis aux doux aux sourires aux bleus de l’Océan.
Je ne sais pas ce que je mets dans ma prière.

 

Ça sert à rien d’essayer de donner une recette y en a pas c’est pas ça c’est même pas tous mes pardons mes s’il te plaît mes mercis.
Je ne sais pas.
Ça n’a rien à voir avec tout ça.

 

Il y a quelque chose pourtant.
J’attends toujours un peu dans le point à la fin après avoir posé mon dernier mot, le temps où Tu es là.
J’ai beau y mettre des trucs et des machins et des bidules dans ma prière sans trop savoir bien quoi.

 

Il y a juste un silence.
Toujours.
À la fin.
Un silence qui me dit Je t’aime.

 

recette

J’aime bien avoir 50 ans

50 ans.
Voilà, j’ai 50 ans.
Et il faut que je vous dise un truc.

J’aime bien avoir 50 ans. Paraît que ça se fait pas trop pour une fille de le dire. En général, on trouve que c’est pas très  drôle de vieillir à cause de la peau qui se plisse, du corps qui joue à l’imparfait, des morceaux de nous qui font mal aussi parfois. Et parce qu’on se trouve moins jolie qu’à 20 ou 30, 40 même.  Parfois on maquille un peu, on cache aussi c’est vrai.
Je m’en fiche moi, je souris. J’aime bien avoir 50 ans.

J’aime bien avoir 50 ans. Paraît que ça se dit pas trop pourtant. Même dans mon Église tu sais, on parle toujours et encore et beaucoup des jeunes générations, des souffles à venir, des rassemblements pleins d’énergie. C’est vrai que c’est important mais on oublie parfois l’énergie de ceux qui la font respirer en ce moment.
Je m’en fiche un peu, je respire. J’aime bien avoir 50 ans.

J’aime bien avoir 50 ans. À cause du demi-siècle. Je trouve que ça fait chic ce clin d’oeil au temps. C’est pas mal à dire aussi « J’ai vécu la moitié d’un siècle ». C’est comme si ça nous donnait une place un peu plus grande dans la vie des autres, comme si ça comptait vraiment notre petit bout de chemin. Même si en regardant de près il est minuscule.
Je m’en fiche moi, j’avance. J’aime bien avoir 50 ans.

J’aime bien avoir 50 ans. Et avoir vu grandir mes enfants comme une chance que Dieu m’a donnée. En vrai, c’est même pas tout à fait ça tu sais. C’est juste que mon rêve s’est réalisé je crois. Celui d’avoir été une vraie maman depuis 22 ans déjà. Imparfaite mais une maman d’amour. Celle qui veillait leurs fièvres, celle qui encourageait leurs premiers pas, celle qui consolait leur chagrin. C’est difficile les chagrins de ses petits souvent on aimerait bien qu’ils n’existent pas.
Je m’en fiche moi, j’ai aimé être là pour ça. J’aime bien avoir 50 ans.

J’aime bien avoir 50 ans. J’aime bien vieillir parce que mon autre rêve à moi c’est d’être une grand-mère un jour. Une vraie grand-mère. Avec un mari grand-père. Et puis avec des rides et des cheveux blancs et du temps qui ralentit nos pas. Avec des habits qui ne sont plus à la mode et nos mains qui se tiennent encore l’une à l’autre. Une grand-mère qui raconterait mes histoires à nos petits enfants, qui leur dirait le doux du temps et des souvenirs, qui leur murmurerait tout bas n’aie pas peur c’est bien la vie.

J’aime bien avoir 50 ans. Parce que ça a le goût d’un gâteau un peu plus gros, des bougies qu’on souffle à plusieurs parce qu’il y en a trop, des sourires rassemblés. Ça a le goût de ceux qui nous aiment malgré toutes nos faiblesses et nos fragilités, avec nos sales mouvements de sale humeur et nos pardons boiteux. Ça a le goût de la famille et des amis qui sont comme de la famille,  celle qui est là par tous les temps.

J’aime bien avoir 50 ans. Je voudrais que ça me rapproche de Dieu. Me rapprocher dans le temps qui mène à Lui inévitablement. C’est pas seulement triste la mort c’est seulement vrai et puis je crois moi, tu sais. Mais je voudrais me rapprocher de Dieu surtout au sens premier du verbe (Verbe?). Être plus proche de Lui voilà. Pas en Lui faisant plus de place près de moi non, mais moi, oui moi, mon âge et ma vie, nous faire plus petits pour que Lui, Il prenne toute la place, là. Et on sera collés l’Un à l’autre un peu plus, sur le chemin, et ce sera bien.
Pleinement bien.

Voilà.
J’aime bien avoir 50 ans.

image_preview