Dernier dimanche

Dernier dimanche demain.

Inès, 8 ans et trois quarts, m’a laissé un petit cadeau.
J’ai eu envie de le partager avec vous.

Je ne sais plus quel dimanche… Si. Le deuxième, oui, c’était le deuxième, celui avec une histoire de chemin. La petite fille, elle, m’avait coincée sur une histoire de bougies de l’Avent.
« Tu comprends si on ne fait pas attention à la lumière, si on laisse brûler la bougie très très très longtemps, on arrive au quatrième dimanche avec nos bougies du premier et du deuxième dimanches presque toutes cramées…  »
Et Inès m’avait prévenue: « Corine, il ne s’agit pas de perdre la moitié de la Lumière en chemin… ».
On avait causé un moment de cette lumière, de Sa Lumière, celle qu’on avait bien envie de garder, précieuse, pour éclairer un peu notre route toute l’année.
Il fallait donc en prendre soin.
Il ne s’agissait pas de laisser les bougies s’éteindre trop vite, c’est vrai.
La métaphore était encore là pour me plaire.

L’Avent, c’était bien pour veiller encore, pour re-faire de la place, pour garder les bougies allumer.

« Il ne s’agit pas de perdre la Lumière en chemin… »
Peut-être que parfois, pourtant, dans tous nos bruits, il y a un peu d’obscurité.
Et qu’à s’emmêler, nos sens n’y sont plus.

Inès et ses 8 ans trois quarts a une maman qui me connaît bien pour lui dicter quelques mots, et la petite fille, ça lui a inspiré un chouette dessin.

Elle a peut-être redonné un peu de sens à mes mots d’ici pour partager encore et toujours et simplement.

Des bouts de Lumière, des rayons de soleil et des morceaux de Dieu.
IMG_7661  Et des bougies à allumer sur le bord des chemins.

Je crois bien à ça, à leurs yeux qui brillent

Je n’ai pas grand chose à dire là.
Juste que les mots de Joël, ils font ce que font les partages de cet Avent: ils me donnent le sourire et me rendent heureuse, heureuse de connaître de très petites et belles choses de cette vie.

Tu voulais que je raconte Corine, alors j’ai essayé.

Tout d’abord, je ne sais pas si je crois en Dieu.
En revanche, je suis certain de croire en l’amitié et l’entraide. Tu appelles ça l’amour des hommes.
Je crois à ça sans doute parce qu’à 30 ans passés, j’ai réappris à bien lire et mieux écrire grâce à une association avec des femmes et des hommes dedans qui ont donné du temps pour moi, pour rattraper celui que je n’avais pas eu ou que j’avais perdu gamin.
J’étais illettré même si je déchiffrais et que j’écrivais un peu. Mais je ne savais pas lire.
Je suis lecteur maintenant.

Comme je ne sais pas si je crois en Dieu, ton histoire d’Avent, je n’en fais aucune histoire, pas même un calendrier avec des chocolats. Malgré ça, je vois bien Noël: aux guirlandes des rues, sur les marchés, dans les yeux des enfants. Il y a même des copains qui ont suspendu au-dessus de l’entrée de l’église une crèche qui s’allume le soir. Je trouve que ça sent bon Noël, en vérité bien meilleur depuis que lire et écrire, je sais bien faire.
Je trouve que ça sent vraiment très bon depuis début décembre.
Il y a six mois, j’ai intégré un groupe de lecteurs bénévoles et de conteurs sur les conseils d’une femme prof et blogueuse que j’essaie de lire quand j’ai le temps. Les croqueurs de contes, ça devait me permettre de satisfaire mon goût de la lecture à voix haute, de créer des liens, de rencontrer de gens et de m’améliorer encore. Depuis début décembre, on répète un conte chaque lundi soir et le vendredi après-midi suivant, on va le lire en fin d’après-midi aux CP d’Eliane si on peut. J’ai de la chance, les vendredis après-midis de décembre, je ne travaillais pas.

C’est là que Noël sent très bon.
Ça sent comme un bon parfum qui se dégage quand on regarde leurs frimousses et leurs yeux, leurs yeux même bien fatigués en ce moment.
Le dernier vendredi ce sera après-demain, le 19 décembre. Je vais être triste de les quitter après 4 semaines.
J’ai envie de leur dire que c’est important de bien savoir lire pour lire après, longtemps, toujours, de belles histoires.

Voilà, tu vois, je crois bien à ça moi, à leurs yeux qui brillent quand je les regarde.

Joël Roueille, croqueur de contes débutant,
le mercredi 17 décembre, Briollay (49)
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L’Avent, les yeux grand ouverts

Anne-Sophie m’a envoyé ces mots-là. Je les aime.
Je les aime parce que j’aime Dieu dans le quotidien, dans l’infime, dans ce qui ne se voit pas au premier coup d’oeil, dans ce qui ne s’affiche pas en gros et en couleurs, en clinquant. J’aime Dieu dans l’ordinaire de nos vies, quand Il sait nous garder les yeux grand ouverts « à l’infime et l’essentiel. »

Je ne l’avais pas particulièrement décidé.
Mais je me rends compte que je traverse cet Avent les yeux grand ouverts. Et j’aime ça.

Les yeux grand ouverts sur ceux que je vois presque tous les jours, jusqu’à en oublier de les contempler : mes collègues de travail. Et les yeux ainsi ouverts je plonge dans leur humanité, et je l’aime.

Les yeux grand ouverts sur ceux qu’à moins voir par la distance je pourrais un peu trop laisser de côté  : mes parents, frère, sœur, grand-mère. Et les yeux ainsi ouverts se jouent des kilomètres et je vois leur fatigue, et je vois leur amour – et surtout je vois un peu mieux comment leur être présente.

Et puis les yeux grand ouverts sur mon foyer. Sur mon ptit mari et sa gentillesse, et la lumière de son âme, et sa générosité – là où le quotidien un peu dense pourrait un peu tout flouter.

Et puis les yeux grand ouverts sur mes deux mini-princesses et leurs yeux grand ouverts.

Parce qu’en plus de la curiosité infinie de leur âge et leur émerveillement permanent, l’Avent leur écarquille les yeux à tout bout de champ.
Devant les décorations à fabriquer et le sapin devenu magique de ce qu’on a fait de nos mains. Devant les flocons qui brillent sur la fenêtre, et les guirlandes qui disent la fête chaque fois qu’on est à la maison.
Et puis les yeux grand ouverts pour chercher la bonne date sur le calendrier de l’avent. Pour admirer les mini morceaux de mosaïque qui sortent du petit tiroir, les trier – chacune ses couleurs – bien mettre la colle au dos, trouver la bonne position, et décorer le sapin de bois.

Ouvrir très grand les yeux pour voir Noël approcher à mesure que les petits morceaux de lumière progressent. Un jour, c’est sûr, il y aura de la lumière partout. Alors on les colle, un à un, petit à petit. Tout-petit à tout-petit. Et on ouvre tout grand pour s’en mettre plein les yeux.

Les yeux grand ouverts pour voir la Vie s’installer.

Qu’est-ce qu’il avait répondu, déjà, quand Jésus lui a demandé: « Que veux-tu que je fasse pour toi » ?
Ah, oui. « Rabbouni, que je voie. »
Toi seul, Seigneur, peux ainsi ouvrir nos yeux à l’infime et l’essentiel de nos vies…

Anne-Sophie

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Cadeaux…en tous sens!

Marie-Andrée, c’est ma vie tout près, loin d’un blog où elle me rejoint pourtant par ses lectures et ses mots partagés. Marie-Andrée, c’est un café amical, un sourire, une bienveillance. Un métier en commun et des heures de caté à croire aux graines semées, juste semées, comme les cadeaux de cet Avent.

Dernière séance du parcours KT Nathanaël, Jésus Christ homme et Dieu…Une question nous est posée : Comment Jésus est cadeau pour nous et comment chacun peut être cadeau pour les autres ?

Comme elle parait difficile cette question, pour les enfants de mon groupe de KT ! Après un petit temps de réflexion personnelle, à la lueur d’une bougie, quelques expressions arrivent :

 - Je suis cadeau pour les autres quand j’achète un cadeau dans un magasin.

- Je suis cadeau pour les autres quand je décore le sapin et la maison.

Et tout à coup, l’un d’eux s’aventure à dire :

- Je suis cadeau pour les autres  quand je rends service, et quand j’aime les autres.

Silence pendant quelques secondes… Et  là, des yeux se mettent à briller et des réponses fusent :

-  je suis cadeau quand je partage avec ma sœur.

- je suis cadeau quand je fais la paix après une dispute.

- je suis cadeau quand je fais plaisir, quand je dis merci.

- Je suis cadeau quand je dis  pardon, si j’ai fait de la peine à quelqu’un.

- je suis cadeau quand je reste tranquille à table.

Une objection très ferme arrive :

- Mais ça, ce ne sont  pas des cadeaux ? Ça ne s’achète pas !

-Ce n’est pas toujours ce qui s’achète, qui fait plaisir et qui rend heureux ! Moi j’aime bien fabriquer moi-même un cadeau, parce qu’en même temps,  je pense à la personne à qui je vais le donner.

Cette réflexion n’est pas facile à entendre pour certains, baignés dans notre société de consommation dans laquelle tout s’achète et se vend, dans  cette vie où il faut paraître et être le meilleur. Mais j’ose croire que cette parole d’enfant  fera son chemin dans le cœur de chacun.

-Et Jésus,  est-il  cadeau pour nous ?

-oui,  je sais,  Jésus est un cadeau, car c’est lui qui nous dit comment aimer. Il nous le dit dans la bible.

-  Mais comment je peux savoir ? je n’ai pas de bible et  on  parle jamais de Jésus chez moi. Mais des fois je pense à lui avant un match de Basket pour gagner … 

- Et bien au Kt, on en  lit des passages de la bible. Là, tu peux savoir. Et puis il y a des gens qui savent et qui peuvent te dire !

« Il y a des gens qui peuvent te dire ! »

Oui,  le voilà mon chemin de l’Avent (et de l’après !)  Et l’un de mes  cadeaux pour les autres ! Bien loin de moi cette idée de tout savoir, mais je peux continuer à témoigner et à les accompagner dans cette marche. Je peux montrer cette  joie profonde reçue sur  ce chemin. Je peux être  de ceux et celles  qui favorisent la réflexion et l’intériorité des enfants, pour les aider à choisir dans leur  vie ce qui les comblera et les rendra vraiment heureux.

C’est ainsi qu’aujourd’hui  Jésus se fait cadeau en moi. Je reçois Sa vie à travers celle de ces  enfants. Leurs  questions, leurs attentes sont pour moi accueil et recherche, remise en questions et ajustement à Sa parole.
Un cadeau qui me procure la vraie  joie et qui contribue à donner toujours plus  de sens à ma vie.

Marie-Andrée

 

Lumière de paix

Claire, discrète lectrice, toujours là.
Et qui ose parfois me dire que c’est difficile d’entendre Dieu dans nos silences.
Je suis d’accord Claire, et merci pour tes mots. Ils sont précieux.

Lundi 15 décembre

Le troisième dimanche de l’Avent fait venir en France la Lumière de la paix de Bethléem.

Cette lumière qui brille dans la grotte où le petit Jésus a vu le jour est ramené tous les ans par des Scouts de Vienne. Ensuite, une délégation de Scouts de France, d’Allemagne est envoyée à Vienne pour recevoir cette lumière.
Hier, dimanche, à Paris une grande célébration permettait à toutes les délégations Scouts de France de venir recevoir cette lumière symbole de la paix, de l’amour.
N’étant pas Scout, mais parce que je trouve cet engagement très beau, avec une amie, nous sommes parties à cette célébration.
Après quelques stations de métro, un périple un peu difficile pour rejoindre l’endroit, nous arrivons devant une petite église cachée par de nombreuses rues qui l’entourent.
Il y avait une ambiance douce et joyeuse qui se dégageait.
Nous sommes donc entrées et quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai vu cette église remplie de jeunes, de couleurs et de bonne humeur! Nous nous sommes alors installées puis la célébration a commencé.

Célébrée par un pasteur et un prêtre, elle mettait en avant la paix et la communauté.

Tout le monde était réuni par le chant, les témoignages des jeunes scouts qui étaient revenus de Vienne avec la lumière et qui avaient déjà commencé à l’offrir autour d’eux.
À la fin de la célébration, nous sommes sorties avec nos bougies allumées  et avec l’ objectif de les faire briller le plus longtemps possible. Même si cela a été assez vite stoppé par le vent, elles nous ont permis de croiser une grand-mère qui passait par là au moment de la sortie de la messe et de prendre le temps de rentrer à pied, de passer du temps, de rencontrer des gens.
Alors même si cette flamme était peut-être matériellement éteinte, la célébration nous l’a aussi transmise dans nos cœurs.
Les rencontres étaient habitées d’une douce chaleur.

À travers cette histoire, j’aimerais vous transmettre cette chaleur. Qu’elle vienne éclairer vos cœurs, vos solitudes, vos peines et vos joies.
Qu’elle chemine en vous en ce temps de Noël mais aussi tous les jours de nos vies.

Claire G.

Brûler la flamme de la bougie

ça se passe le mardi

Les mots de Théo… à nouveau, et avec tellement de plaisir à les lire. 
J’aime ces sens, oui, je l’ai déjà écrit. Ceux qui me parlent de Dieu en cet Avent. Mais peut-être encore davantage ceux des « profondeurs étonnantes de notre Humanité » , ceux qui nous font être et avancer sur ce chemin vers Lui.
Merci Théo d’en parler si bien, si humainement. ;-)

Ça se passe le mardi, grosso modo entre 22h et 23h. Presque chaque semaine.

Oui, chaque mardi soir, m’envahit la sensation d’avoir effectué une plongée toujours inédite à des profondeurs étonnantes de mon Humanité. Et ce soir, c’était particulièrement saisissant, quelque chose entre l’ivresse et le vertige…

Je crois que c’est parce que le mardi, entre 21 et 22h, je suis en pleine humanité comme à nul autre moment. Par la capacité – offerte, disons-le tout de suite – à mettre en éveil et en harmonie tous mes sens. A leur donner la primeur et à leur laisser l’espace de l’intelligence, dans une attitude d’écoute, de respect, et d’exigence.

Le mardi soir, je suis à cheval.
Pas d’exploit, pas de brio. La reprise d’un cavalier lambda, qui 30 ans après avoir commencé cet art-là continue à balbutier, à travailler, inlassablement, à être un peu plus juste. Et à cheval, pour espérer être juste, il faut tout de l’être humain, et en particulier tout de ses sens.

Il y a le décor, qui se hume et se goûte. Ce parfum si particulier, de sable, de paille, de graisse à sabots, de cuirs, de crottins, de poil mouillé. Ce goût dans la bouche, de la poussière qui vole, du sec de l’effort. Ce par quoi mes sens me disent en souriant que là, je suis chez moi.

Et puis il y a tout ce que je dois rassembler en moi, rassembler de moi, pour être parfaitement à l’écoute – du moniteur, du ballet entre cavaliers, mais surtout de mon cheval.

A l’oreille. On parle de cadence, de régularité, « comme un métronome », qu’il dit. Alors j’écoute, la musique des sabots sur le sable, sa régularité ou sa précipitation, son calme ou son désordre. Toc-toc / toc-toc. Le trot est une musique à deux temps – le galop, trois temps. Ecouter, ce que cette musique dit de la justesse du travail. Corriger en conséquence. Ecouter aussi le souffle du cheval, son degré d’effort, de fatigue ou de confort. Et puis avoir cette oreille suffisamment aiguisée pour entendre qu’imperceptiblement, le canal de la voix du moniteur s’est déplacé, et sans qu’il ne prononce mon nom ni celui du cheval, sans avoir déplacé ma concentration, savoir à la clarté nouvelle des mots que c’est à moi que s’adresse le « c’est pas mal, ça », le « descends un peu plus ta jambe », le « là, tu vois, il cherche à fuir ».

A la vue. D’abord parce qu’on est 12 à cheval dans cet espace pas bien grand, alors il faut ne jamais distraire la vue de l’environnement, fût-ce du coin du champ de vision, pour pouvoir à temps slalomer, éviter, danser. A la vue, surveiller la nuque du cheval, sa rondeur, sa hauteur, la rectitude de l’encolure. Se surveiller, les mains, leur position, leur hauteur. Jeter un œil dans le miroir du bout, vérifier la jambe descendue, le dos souvent pas assez droit, l’attitude globale de ce duo que nous formons.

Au toucher. Jauger, à chaque instant, la tension sur les rênes, dans les mains. Le poids de chaque côté, qu’il faudrait égal. La tension ou le relâchement de la bouche du cheval, à l’autre bout des rênes, son équilibre, sa décontraction. Entre les jambes, sentir, l’effort ou le refus du travail, la réponse aux indications du mollet, de la cuisse, sentir le dos se tendre sous la selle, ou se creuser. Au-delà du toucher, quelque chose à sentir de l’équilibre, de l’harmonie.

Voilà (mais il m’a fallu du temps pour le « voir »), ce qui fait exploser en moi l’humanité. Cette capacité épisodique à être en écoute, en attente, de la part de tout ce qui me parle, de tous mes sens. Affiner chacun de mes récepteurs et pouvoir condenser en moi de façon purement instinctive tout ce que cela me dit de la façon d’adapter ma propre posture, ma propre présence – pour être juste. Ce soir, à n’importe quel observateur extérieur, cela aurait paru très austère. Une heure à tourner en rond sur la piste, alternativement au pas et au trot, avec pour seul objectif la justesse de l’allure, de la posture, de la cadence. Travail invisible pour beaucoup. Mais quelle école…

Et chaque mardi soir, je me dis que j’aurai approché l’Humanité, cette Humanité image de son Créateur, le jour où je parviendrai à ce que mes mardis soirs deviennent mes mardis, mes semaines – ma vie. Le jour où par un tel travail invisible d’ajustement permanent, d’écoute intense, je saurai recevoir tout ce que Dieu a à me dire – à me « faire sentir » – par mes frères, mon environnement, les évènements, en faire mon miel à chaque instant et progressivement trouver par cela la place juste, l’allure juste – l’harmonie qui est la terre dont, pour de vrai, je suis pétri, et où mon Dieu m’attend en souriant.

 

Théo
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Partir

J’aime les textes de Mahina.
Il faut dire que j’aime beaucoup Mahina en vrai.

Et puis, je trouve que ça colle un peu à la peau ses mots posés là, dans ce chemin d’Avent, difficile parfois…

Laisser son train-train quotidien
et partir sur les chemins.
Partir devant,
aller en avant,
de qui, de quoi ?

Quand le chemin de l’Avent se fait dans l’immobilité,
la marche dans sa tête,
avec ses arrêts,
ses sur-place, si et trop nombreux.

Imaginer l’ami et les amis qui avancent,
confiants, sereins.
Partir à leur suite, à sa suite, peut-être.
Oser, faire le saut, celui de l’inconnu,
du chemin si peu tracé,
juste en pointillés
dans une vie.

« Avencer »

Mahina

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« Mon Avent, c’est une belle gifle. »

Maéva a déjà partagé des mots ici, c’est avec joie que je l’accueille à nouveau: j’aime vraiment ce qu’elle a voulu appeler « sa belle gifle ».

Je ne suis pas née catholique dans une famille pratiquante.

J’ai été baptisée presque par habitude, sans conviction, pour faire comme la tradition familiale le voulait. C’était il y a 27 ans. Noël c’était un sapin, quelques cadeaux et un beau repas de famille avec les cousins. C’était des après-midis à faire des roses des sables et des guirlandes en papier crépon. Il y n’avait pas de crèche mais des anges accrochés aux branches, pas de prières, pas de messes, pas de veillées de Noël.
Il y avait de la joie, des rires et de l’amour.
J’écris cela parce qu’aujourd’hui, à rencontrer certains catholiques dans ma paroisse bretonne, j’ai l’impression parfois qu’il n’y a qu’eux qui connaissent la « vraie » joie de Noël. Je suis d’accord pour dire maintenant que c’est une « vraie » joie pour moi aussi mais je refuse qu’on dise que tous les autres Noëls ne sont que du commerce, des cadeaux et de la « bonne bouffe ».
Ce n’est pas vrai.
Il y a des Noëls sans Jésus qui sont pleins de joie et d’amour. Je les connais.

Je ne vais pas raconter mon chemin depuis ma vie étudiante et mon mariage au printemps dernier.
Je n’ai jamais connu les calendriers de l’Avent, j’ignorais ce qu’était l’Avent.
Depuis ma confirmation, je l’ai découvert et je prends le temps chaque année de vivre un peu mieux ce temps d’attente.
Mais cette année, je crois que c’est encore différent.
J’attends un bébé, notre premier bébé et comme je suis dans une période de repos, je crois que je peux encore être davantage à l’écoute.
Mon Avent cette année devait tourner un peu autour de mon ventre et de celui de Marie! Mais il y a quinze jours je suis allée donner un coup de main pour trier les affaires de bébés avec une bénévole du Secours Catholique et j’ai vu pendant tout un après-midi, des futures mamans: beaucoup dans le besoin, beaucoup un peu seules. Et il y en a une qui est venue avec une petite fille de deux ans. C’est moi qui l’ai accueillie. Elle ne venait pas chercher des vêtements pour son futur bébé. Elle m’a demandé où elle pourrait trouver une crèche pour la petite. Elle avait toujours eu une crèche au pied de son sapin, enfant, et elle voulait la même chose pour ses enfants. Seulement, elle trouvait cela cher, elle qui a un budget plus que serré. Je lui ai dit que je chercherai pour la semaine d’après.
Deux jours plus tard, je me suis retrouvée avec l’équipe de prépa de catéchèse pour les C.E.2, on devait préparer les séances pour la rentrée de  janvier et à la fin, j’ai demandé si quelqu’un savait où je pouvais trouver une crèche « d’occasion ». Il y a Thérèse qui m’a dit: « Passe à la maison demain. » Thérèse, elle a 67 ans et je ne la trouve pas toujours commode: elle est de celles qui parlent de commerce et de « bonne bouffe » et répètent souvent que le vrai sens de Noël n’existe plus du tout, nulle part. Parfois, j’aimerais bien lui raconter mes Noëls d’enfant mais je n’ose pas.

Après un café partagé, je croyais que Thérèse allait me donner un tuyau pour ma crèche. Je vous l’avoue, j’ai même eu peur de sa petite leçon de morale.
Elle m’a dit: « Je suis seule et sans enfants; je serai heureuse que ma crèche soit au pied du sapin de cette maman. Je lui donne mais je ne veux pas la gêner, tu lui diras que tu l’as trouvée dans un carton d’Emmaüs… »

Mon Avent, c’est une belle gifle, tu vois Corine.

Mon Avent c’est Thérèse que je croyais « fermée », que je jugeais et qui donne peut-être bien ce qu’elle a de plus beau. Mon Avent c’est cette petite maman qui a accepté la crèche avec joie et mille mercis.

Mon Avent, c’est un bébé à naître qui donne du beau à nos vies.

Et merci de m’avoir aidée à raconter les choses dans cet ordre-là, Corine, c’est vraiment comme ça qu’il fallait le raconter.

Maéva
marie

 

Rose futile

Oh ça doit être le « gaudete » peut-être, je ne sais pas.
Ou les bavardages amis.
Ou la naissance d’Eva mardi.
Ou le petit mot découvert dans ma fenêtre de calendrier.
Ou les pages d’une Bible tournées doucement pour chercher encore.
L’envie de vous raconter ça.

J’ai sorti du tiroir des chaussettes roses, facile, je suis une fille.
Et le foulard aussi, prêt pour demain matin. Et le vernis aux doigts, si.
C’est bête oui mais le rose c’est comme la guimauve, le gloss, la poudre aux joues.
Le rose, c’est doux et quand c’est doux la vie, et bien, ça sourit.
Demain troisième dimanche, déjà.
Demain chaussettes, ongles et foulard joliment roses.
En communion des pieds à la tête.
Ça me fait sourire ce léger futile de fille si loin de l’Essentiel… mais ça passera forcément un peu par le coeur tout ça. ;-)
echarpe

L’Avent de Soizic

C’est étrange cet Avent-là. Etonnant et imprévu.
Je continue à recevoir des mots en partage.

Je vais garder encore un peu mon silence si vous voulez bien, mais les mots des autres, des amis lecteurs et lectrices, j’ai décidé de vous les partager.
Parce que ces mots donnés sont précieux.
Parce que ce sont  ceux que j’aimerais lire davantage ailleurs et que s’il faut communiquer notre Foi catholique, alors écoutons-là, chez les gens, les gens de nos vies, tout simples, donnons-leur de la voix, davantage.

Parce qu’ils sont  beaux, tellement, tous, chacun, tous ces mots témoins de la vie à aimer tout le temps, d’un quotidien qui me touche tant: celui du petit, celui qui ne fait pas trop de bruits mais qui est rempli de Lui, de Son Amour.

Merci jeune Soizic de ton partage. Il témoigne de ta belle générosité.
Oui, il y aura un après. 

Mon Avent

Mon Avent c’est lui, c’est A*.

Mon Avent a commencé dès le mois d’octobre, lorsque je me suis adressée aux Petits frères des pauvres pour participer à Voisin’âge. Notre bénévole en chef m’a recontactée en novembre et, deux semaines avant l’Avent, j’ai rencontré A*. Dès notre deuxième rencontre, A*. a décrété que j’étais la petite-fille qu’il avait demandée au Père Noël.
Et quelle joie de s’être trouvé un « grand-père » supplémentaire.
A* parle toujours de notre gentillesse à nous, les simples bénévoles de voisin-âge, il n’en revient pas. Lui qui a de nombreux neveux et nièces, dont certains tout près, qui ne viennent pas le voir. A* ne supporte pas la solitude. Il a été veuf bien trop tôt en 1993 et il s’est retrouvé seul pour la première fois, sa femme n’ayant pu avoir d’enfant. Par chance, A* a retrouvé quelqu’un dès 1994 mais il s’est à nouveau retrouvé veuf en 2010. Cette femme lui a donné des beaux-enfants, mais ils ne viennent pas le voir.

A* aime beaucoup parler, il a tellement de choses à raconter. Son enfance pendant la guerre, son impossibilité d’aller à l’école, son service militaire dans la marine, son apprentissage à plus de 30 ans en cours du soir, son grand jardin qu’il a fini par vendre, ses vacances aux quatre coins de la France et surtout chez son cousin ostréiculteur en Bretagne. Ce cousin qu’il ne peut plus aller voir depuis qu’il n’a plus de voiture. A* est heureux de nous raconter tous ses souvenirs même s’il doit souvent chercher ses mots.

Et puis aujourd’hui, A* voulait me parler de quelque chose.
A* m’annonce qu’après avoir été catholique, il a rejoint les Témoins de Jéhovah.
Le premier effet de surprise passé, je comprends ce qui a poussé A*, si lucide, à prendre ce chemin. A* me raconte comme il est entouré au sein de cette communauté : le couple qui passe le chercher tous les dimanches pour l’amener à la Salle du Royaume, ce témoin qui vient toutes les semaines lui faire la « catéchèse » et tous ceux qui sont présents le dimanche et qui le saluent, tous. Ce qu’il me dit me révolte car il me rappelle que nous, catholiques, ne sommes pas vraiment accueillants au sein de nos églises. Pourtant nous sommes tellement présents et actifs dans des associations. Serions-nous capables de nous occuper de nos prochains uniquement à l’extérieur de nos églises ?

Malgré tout, A* pense à nous les autres jours et nous attend chaque semaine, il est même triste lorsque l’un ne peut pas venir.
Alors pour l’Avent, je ne veux manquer aucun rendez-vous hebdomadaire avec A* même si ce n’est pas toujours évident, car il est facile de vouloir se prendre une journée entièrement pour soi, égoïstement. Et ce ne sera pas facile de tenir cet engagement hebdomadaire pendant les deux semaines des fêtes de fin d’année. Mais j’y tiens, car c’est d’autant plus important d’être présent auprès des personnes isolées en cette période si familiale.
C’est ça mon Avent, c’est ma façon d’accueillir le Seigneur, de l’attendre activement. Et c’est un Avent qui aura un après…

Soizic

adult helping senior in hospital