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Elle donne envie à la vie de continuer

J’aime bien cette photo.
Elle donnait envie à la vie de continuer.

Je me souviens très bien de l’instant, peut-être parce que c’est moi qui l’ai attrapée, un jour d’été où il faisait froid. On avait mis les pulls. On s’était dit qu’on s’en fichait pas mal du froid, qu’on irait quand même voir l’océan.

On dit que le temps passe et qu’il change les choses.
Pas tant que ça.
On s’en fiche toujours du froid et on aime bien sortir avec les pulls. On ira toujours voir l’océan.
Le temps n’a pas touché à son regard discret qui se penche, à ses mains qui soutiennent et à son sourire. Le temps a gardé leurs frimousses de filles, et le calme, un peu à l’écart, du garçon.
Le temps n’a pas changé mon regard, sur eux.
Le temps est juste passé doucement, à côté.
J’aime bien cette photo, exactement 15 ans après.
Elle redit le fragile et le fort, la volonté, la patience.
Elle redit l’amour aussi.

J’aime bien cette photo.
Elle donne envie à la vie de continuer.

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La boîte aux lettres, au bout de l’allée

– Tu fais quoi ?
J’écris… un p’tit billet.
– Ah… tu as déjà terminé ton « emménagement » ?
– Oui… regarde…il y a encore quelques cartons à déballer mais ça y est presque… ça va être bien.
Sourires.

∗∗∗∗∗

Ça n’a rien à voir avec ça: appuyer sur un bouton, geste machinal, ouvrir un écran, puis deux, entrer un code, puis deux, geste par coeur, cliquer, ouvrir, cliquer encore, lire, relire parfois, répondre, classer ou pas.
Corbeille.
Non, ça n’a vraiment rien à voir. Je ne dis pas que c’est mieux, je dis seulement que cela n’a rien à voir.

D’abord, il faut sortir.
La boîte aux lettres est tout au bout de l’allée.
À cette heure-là, le facteur doit être passé, non ? On n’est pas vraiment sûr, c’est seulement l’habitude qui parle ou un clin d’oeil à la fenêtre, je crois qu’il est passé. Et s’il n’y a rien dans la boîte, on y retournera peut-être, un peu plus tard.
Il faut une clé.
La plus petite, celle qui reste toujours accrochée, au même endroit, et que personne ne garde dans son porte-clés parce qu’elle n’ouvre rien d’autre ailleurs. La plus petite, celle que chacun peut emprunter. Il suffit de dire qu’on y est allé, il suffit de déposer les lettres, les journaux, un paquet- tiens, un paquet ? au même endroit sur la petite table, dans l’entrée.
Il y a une lettre pour toi.
Il y a une lettre. Il l’emporte. Elle l’emporte. Je l’emporte.
On va trouver un peu de silence pour l’ouvrir. On leur dira après.
Il y a une lettre.
Il y a l’adresse au dos. Ou il y a seulement l’écriture qu’on reconnaît ou qu’on croit reconnaître.
Il y a ce moment à deviner quand on ne reconnaît rien. Des hypothèses trottent dans la tête en même temps qu’on glisse un pouce, ou un crayon, une lame quelquefois, pour ouvrir l’enveloppe.
On ne se dépêche pas vraiment. La lettre nous donne du temps.

Il y a une lettre.
Elle se déplie, se lit, se replie, se relit.
Elle se partage ou se pose, sur un coin de bureau, elle reste là, un peu.
Elle se rangera, plus tard.
Il faudra répondre. Peut-être. Sûrement.

Ça n’a rien à voir, je ne dis pas que c’est mieux. Ça n’a seulement rien à voir.

La boîte aux lettres, au bout de l’allée.
Elle renferme un peu ce temps que Dieu nous donne à aimer, dans le silence, dans l’attente, dans … ça n’a rien à voir.
Parfois, c’est mieux.

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En cours de déménagement

Chers amis lecteurs,

Ce blog, né le 18 décembre 2010, est en cours de déménagement.
Son hébergeur, reconnu et privé, semble ne pas avoir su le protéger mais tant pis!… les mots d’ici viennent de trouver un chouette abri ailleurs, sûr et douillet.
Le blog a cependant perdu beaucoup de données, sur ses abonnés notamment.
Il a réussi à sauver quelques 1300 billets qu’il  va garder dans ses valises, précieusement fermées.

Le temps de s’habituer à sa nouvelle maison, d’y aménager peu à peu l’espace, il prend quelques vacances et reviendra, sans doute un peu pareil,  peut-être un peu différent: il est des clins Dieu qu’il ne faut pas manquer.

Bises,
Corine

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Comme une petite prière

J’ai posé un pied sur le sable, puis deux
J’ai laissé des empreintes
J’ai dessiné des traces
Et la vague a tout effacé
Mes deux pas au bord de Ton eau

J’ai soufflé un mot sur ma page, puis deux
J’ai accroché des lignes
J’ai écorché des phrases
Et le vent a tout emporté
Mes deux mains au bord de Ton coeur

Rien ne reste
Rien ne reste à part Toi

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