P’tite prière presque en vacances

C’est une petite prière de dimanche, presque en vacances.
Elle se réveille un peu plus tard, elle sourit en ouvrant les volets au soleil.

Elle allume la radio pour écouter le monde.
Il y a un gars qui parle d’heures sombres. Il parle vite, il parle trop. Elle revoit les yeux de Maya  qui retrouve ses enfants, les sourires dans les rues pour des cafés en partage, les mots de petite Sarah qui guérit. Ces presque riens qui colorent les heures en bleu. Elle ne peut pas s’empêcher de sourire. Elle veut déjeuner en paix comme dans la chanson. Elle éteint la radio pour écouter le reste de la vie.

Le café fume, il sent bon le matin qui recommence.
Les pieds nus se croisent doucement sous la table, la Bible s’ouvre. Il y a le vent léger par la fenêtre qui fait tourner la page. Elle sourit encore en Te lisant, elle se met presque à rire. Elle Te demande tout bas si Toi aussi Tu veux bien la suivre dans son quotidien banal, dans ses petites heures de rien du tout, dans tout ce qu’elle fait, dans tout ce qu’elle ose, dans tout ce qu’elle rate, dans tout ce qu’elle réussit. Elle rit de ce tout de la vie qu’elle aime. Et du matin qui recommence.

C’est une petite prière de dimanche, presque en vacances.
Elle se réveille un peu plus tard, elle sourit en ouvrant les volets au soleil.
Elle aime vivre.

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Presque exactement

Le centurion reprit :
« Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. »

C’est toujours comme ça. Presque exactement.

Je suis bien, depuis un joli moment. Pourtant, je ne crois pas avoir laissé grand chose à la porte de l’église.
J’entre comme armée.
Bouclier de préjugés, d’idées toutes faites, d’habitudes, remparts aux questions qui dérangent.

C’est toujours comme ça. Presque exactement.

Je pose ma main sur mon coeur, à peine.
Je m’incline, doucement.
Je ne suis pas digne de te recevoir.
Désarmée.

C’est devenue fragile que Tu me prends dans Tes bras,
c’est redevenue petite que Tu me portes,
c’est dans ce creux de mon espace resté vide que Tu viens prendre Ta place.
Et doucement, je guéris. :-)

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Il faut vraiment que je dise à Angèle

Mon billet commence comme cette vieille chanson de Balavoine que plus personne ne connaît sauf les gens qui comme moi avaient 17 ans quand elle est sortie dans les bacs.
Il commence comme cette vieille chanson sauf que mon Angèle ce n’est pas une ado de quinze ans à peine mais une vieille grand-mère de 97 ans.
Mais mon Angèle elle veut savoir elle aussi et elle m’écrit délicatement, s’excusant toujours de me déranger, avec son vouvoiement et sa gentillesse, avec son écriture encore assurée, pour que je lui raconte, à elle, l’ancienne institutrice d’une autre époque, l’aujourd’hui qu’elle entend, qu’elle lit, qui la passionne toujours autant.
Mais Corine, le collège, les enfants, les jeunes, la réforme, ça va?

Il faut vraiment que je dise à Angèle que oui.
Oui, ça va.

Ça ne va pas en rose bonbon, en mode plus que parfait, en monde illusoire, je sais ça.
Il faut vraiment que je dise à Angèle comment ça va.
Ça va parce que du haut de leurs 13 ans passés ils écrivent encore et souvent des mots avec plaisir.
Ça va  parce que du haut de leurs 12 ans et demi ils aiment écrire tout simplement si on leur donne les clés et l’envie et c’est possible.
Ça va parce que du haut de leur enfance si c’est compliqué leur vie parfois ils peuvent la comprendre et souvent mieux en apprenant les mots pour le dire.
Ça va parce que même si les autres c’est parfois difficile et sur la cour et dans la classe et dans la rue ils osent le déposer il y a des endroits et des oreilles pour eux ici.
Ça va parce que les regards que les adultes posent sur eux essaient de les faire grandir du mieux qu’ils peuvent.
Ça va parce qu’ils sont heureux de partir en vacances mais qu’ils attendront la rentrée avec impatience.
Ça va parce que même si le monde ils le trouvent souvent trop grand, trop moche, trop bruyant ils ont envie d’y vivre et de le faire plus beau.

Oui ça va, ça va bien. Pas en rose bonbon, pas en mode plus que parfait, pas en monde illusoire.
Mais ça va.
Parce que du haut de toutes mes années d’enseignante, ils sont là pour me dire chaque année que j’ai raison de croire en eux et d’oublier ceux qui pourraient dire le contraire.
Oui ça va Angèle.
Il faut vraiment que je vous le dise.

Et ça aussi.

Il y a un endroit de ma Bible que j’aime plus que tout autre endroit.
Je ne suis plus très sûre du lieu exact pourtant.
Je sais que Jésus est là, que les enfants sont un peu loin de lui et qu’ils les laissent approcher, avec confiance.
Oui ça va Angèle: comme Lui,  il faut que l’on continue à laisser les enfants s’approcher, se faire plus proches de nous, les aimer comme nous devons aimer nos prochains.
Peut-être les aimer comme des passeurs, à tendre nos mains pour qu’ils tendent les leurs à leur tour.

Il faut vraiment que je dise à Angèle que l’aujourd’hui de leurs rêves me fait rêver des demains qu’ils feront.

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Comme une relecture

Lundi 20 juin 2016
À poser la date au tableau, on sent l’été s’écrire entre les lignes même si, par les fenêtres qu’on ose à peine ouvrir, il ne nous montre guère le bout de son nez.
Il semble presque loin le moment de nous quitter et pourtant il est tout près. Dans une semaine exactement, le collège fermera ses portes aux élèves et inévitablement, les dernières heures vont avoir ce goût un peu particulier de la fin d’une année.

Déjà.

Il y a toujours ce déjà au temps qui file, inexorablement.
Il y a toujours cet instant où l’on se rappelle ensemble les premiers jours de septembre et l’année à faire dérouler.
Et j’aime assez ressortir de mon cartable, dans ces dernières heures, des lettres écrites en début d’année et que je garde jusque là, précieusement: celles qui disaient, à la rentrée,  leurs peurs, leurs attentes, leurs joies, leurs surprises.
Ils les relisent, toujours amusés, souvent étonnés d’avoir déjà oublié le ventre noué d’un petit-déjeuner qu’on n’avait pas pu avaler ce matin-là, les nouveaux visages devenus familiers au fil des heures, et les peurs qui, quelques mois plus tard, paraissent dérisoires.
Le temps fait son oeuvre. Ils l’apprennent encore et toujours.

Et moi, mine de rien, tout pareil:  je fais le tour de mon année de la même façon avec mes peurs, mes attentes, mes joies, mes surprises.
Avec les couleurs d’un temps invariablement nuancé de gris et de rose.
Il y a toujours cet instant qui se pose au bord de la fin d’un mois de juin comme une relecture.
J’aime si peu les fins et j’avoue quand même que cette fin-là m’apprend encore et toujours: à déposer mon cartable à Tes pieds, à regarder par-dessus mon épaule, à oser voir le beau, définitivement.
Celui qui fait tourner la tête en avant, poser les yeux au loin et se dire que l’horizon sera beau et bon, qu’il peut l’être, avec eux, avec Toi.

C’est ce que m’a soufflé Line, très joliment.
– Madame, à relire ma lettre d’hier, je me dis que j’ai bien fait d’écrire que « demain ce sera drôlement bien ».

 

manuscrit

 

Le même rêve

Ça me prend souvent vers 20 heures, à l’heure où je pourrais me mettre tranquille devant un p’tit film guimauve ou au fond du canapé avec une pile de vieux Fripounets venus tout droit de l’enfance ou un roman comme je les aime-long et gros et merveilleusement écrit- ou encore un beau livre un peu compliqué mais vraiment beau qui me parle de l’Essentiel ou bref, il y a toujours du bon à faire vers 20 heures.
Ça me prend, là, ce bref instant à me dire et si je n’y allais pas comme dans la chanson de Bénabar, je pourrais bien me trouver des tonnes d’excuses valables entre ma fatigue et des copies encore et de toute façon j’veux pas y aller.
Et non.
Ça à beau me prendre vers 20 heures, quelques 20 minutes plus tard, je fais démarrer la voiture et basta.
Le centre pastoral est à cinq minutes de la maison et même que si je m’étais décidée plus tôt j’aurais pu y aller à pied et marcher un peu en pensant à Toi.
Ça me prend souvent vers 20 heures cette envie de ne pas y aller, de ne pas sortir parce que c’est l’hiver-qu’il-pleut-que le chaud de la maison est doux-que j’ai juste pas envie- et pourtant, je peux te l’assurer, dès que la réunion commence je sais que je suis bien, là. Exactement là.

Là.
Avec les amis de la paroisse à préparer un temps fort de première communion, une messe, un projet pour les jeunes familles, une rencontre solidaire, un partage autour du pardon, un article pour notre journal. Oh zut. Parfois je devrais savoir dire non à trop de choses.
Mais non, je ne peux pas.
Mon église, celle que j’aime, est bien là.  Dans ces salles comme à la maison, autour des tables, à préparer, réfléchir, accueillir, chercher, prier. C’est là que je vis ma Foi aussi, en presque grand.

Et même que, tu sais, parfois, on partage le même rêve.

On vient de découvrir ça: le même rêve.
Celui qu’on ose se raconter.
Et ça, ça va grossir les coeurs je crois bien, dans les 16 mois à venir.

Il y aura des 20 heures qui sonneront et je n’aurai peut-être pas vraiment envie d’y aller. Sauf qu’au bout de ma route, autour d’une table, il y aura tous leurs sourires en partance pour la Terre Sainte.
La Terre Sainte, à le dire ils sont là les sourires, déjà.
Parce qu’il y a plusieurs semaines, on s’est croisé quelques-uns autour du même rêve: vivre un pélé dans les pas de Jésus, faire de notre Bible un vrai chemin, en vrai, sur la terre d’Israël, et ensemble.

Ça me prend souvent vers 20 heures cette envie de me planquer. Pourtant je le sais et plus que jamais: c’est en communauté, dans ma paroisse, dans mes églises familières que je Te rencontre, Toi qui me fais aimer.
Et c’est avec eux que j’irai chez Toi, j’espère, sur ta Terre, en octobre 2017: c’est presque demain. :-)

( Bon… et si des fois, entre temps, tu peux me laisser devant une p’tite guimauve, ça me dérangera pas de T’inviter, Seigneur, à partager un bout de mon canapé. Tranquillous.  Bisous. 😉 )

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Drôle de couleur

Je trouve que le monde a une drôle de couleur depuis un bon moment.

Du gris un peu partout, un peu trop, un peu beaucoup. Je pense que tu as dû remarquer la même chose.
Alors en classe, et plus généralement dans le collège, ça fait pas mal de temps qu’on accroche aux murs des rouges, des jaunes, des bleus, des verts, des roses, des violets, bref, de l’arc-en-ciel. Pour se dire que la vie, ce n’est surtout pas que des gris.
Ce midi, un élève de 3ème a fêté la fin des rencontres pastorales en apportant un énorme gâteau. Très gros. Très coloré. Tellement qu’en le tranchant les animatrices ont découvert l’astuce des différentes couches. Il y a eu des photos, des bravos, des sourires. Comme ça.
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Et c’est tout.
Les collègues ont rapporté le gâteau à peine terminé dans la salle des profs. On a à nouveau admiré. On a à nouveau trouvé ça chouette. On a à nouveau goûté.
On a seulement dit qu’il était extra cet élève. Et c’est tout.
Peut-être qu’on est tous un peu fatigués.
En plus c’était bon.
On ne s’est pas posé de questions.

Et je suis rentrée à la maison.
J’ai trouvé la photo belle, je l’ai montrée à petite Marie, à Pascal mon mari. Ils ont trouvé le gâteau très beau et cet élève, en cette fin d’année débordée, vraiment sympathique. Et c’est tout.
On s’est dit que dans les gris de l’actualité ça faisait du bien des couleurs, de la gentillesse, un p’tit rien qui avait dû lui prendre pas mal de temps, offert en partage. Pour faire plaisir.

J’ai posté la photo sur facebook. Parce que c’était du beau dans les gris.
Au bout de quelques likes, assez rapidement quand même, j’ai réalisé que le gâteau de mon élève, aux couleurs de l’arc-en-ciel, était vu peut-être pas seulement comme un cadeau coloré pour échapper aux gris des heures mais aussi comme les couleurs d’un mouvement arc-en-ciel. Hommage rendu avec des drapeaux que j’avais vu affichés la veille suite à la tuerie d’Orlando dans une boîte de nuit fréquentée par des homosexuels.
Cela ne m’a pas dérangée. J’ai des amis homosexuels et ils sont mes amis avant toute autre chose. Mais je me suis soudain trouvée naïve, en dehors d’un monde tout à coup,  comme s’ il n’était plus tout à fait le mien.
Alors je me suis renseignée à droite et à gauche: l’élève avait-il voulu faire signe ?
Non, non, il n’avait rien manifesté en ce sens: il voulait simplement faire un gâteau de tranches de couleurs, comme il le fait depuis qu’il est tout petit.

Voilà.
J’avais envie de vous raconter ça.

Parce que  je me  dis que le monde a une drôle de couleur vraiment.
Je me suis dit que certains ne voyaient pas un gâteau réalisé par un jeune dans un tout petit collège de campagne mais un signe, un hommage. Pourquoi pas ? J’aurais pu trouver ça chouette. Sauf que j’ai vite compris qu’à cause de cela, d’autres ne « likeraient » pas, n’aimeraient pas, ne trouveraient pas ça de bon ton, que ça pourrait déranger.
Tant pis. La différence ne me dérange pas, moi.

Mais je voulais simplement dire que c’est seulement un gâteau, un gâteau d’un jeune pour une jolie fin d’année.
Un gâteau, juste un gâteau d’enfant, avec les couleurs de l’arc-en-ciel.

Et là je me suis redit qu’à si peu se comprendre, à tellement se faire du mal, le monde a décidément une drôle de couleur en ce moment.

Be bop a Lula ma p’tite prière

C’est peut-être un coup de fatigue. Ou un brin de folie. Ou de la joie toute bête.
Pardon.

Ça se passe ce soir, sur ma route de campagne.
Il pleut encore, doucement cette fois. J’ai laissé la vitre ouverte pour sentir la bonne odeur qui vient de la terre. Il fait bon et la route est belle.
Les élèves ont été très chouettes. J’aime bien quand ils sont vraiment là le lundi et qu’ils ont l’air heureux aussi.
Les collègues eux ont semblé très fatigués, certains, un peu énervés même. J’ai essayé de sourire, pas trop. Parfois, ça agace les sourires quand on est crevé avec des soucis. Et faut pas ramener sa joie trop près, faut rester discret. Je sais ça par coeur alors la joie je l’ai gardée jusque dans mon auto où je me suis un peu lâchée.
C’est peut-être à cause de ce CD aussi.
Je l’ai mis sans plus savoir ce qu’il y avait dessus. Dès les premières notes, je me suis rappelée. Un truc pour un anniversaire, des clins d’yeux ou Dieu, j’sais plus trop bien.

C’est peut-être un coup de fatigue. Ou un brin de folie. Ou de la joie toute bête.
J’ai chanté.
Be bop a lula  c’était le premier tube de la compil. Et la voix de Gene devant ce micro d’un autre monde. Et des guitares déjantées.

Be bop a lula ma p’tite prière.
Avec des mots de rien dedans qui disaient des mercis comme ceux d’une petite fille. C’est beau une prière qui swingue. On aurait dit que Dieu me faisait tourner sur la piste de danse.
Be bop a lula ma p’tite prière.
Avec des mots d’amour qui disaient que la vie triste j’en veux pas. C’est beau une prière qui rêve. On aurait dit que Dieu me faisait tourner la tête.
Be bop a lula ma p’tite prière.
Avec des mots pour demain qui donnent envie d’aimer un monde pas que moche. C’est beau une prière qui espère. On aurait dit que Dieu me fredonnait les bons accords.
Be bop a lula ma p’tite prière.
She’s the one that I know
She’s the one that loves me so.

Je tenais ma route quand même, et mon volant.
Mais bon sang que c’est bon une p’tite prière décalée comme un brin de folie, comme de la joie, toute bête. :-)

Préparatifs (pour être sages)

Je prépare mes vacances.
Pas celles que vous croyez.
Je prépare mes vacances avec deux de mes filleules (4 ans trois quarts et 5 ans et demi ).
Oui.
Je ne suis presque pas inquiète.
J’ai déjà planifié la boulangerie du matin avec tonton, les crêpes du goûter avec les cousines, les gommettes pour des histoires à inventer avec moi, les colliers de coquillages, les grandes balades, les trucs magiques pour bien dormir. Je connais les machins qui fonctionnent (parfois). J’ai déjà testé.
Sauf qu’il y a quand même un moment de mes semaines que les deux petites n’ont pas encore eu le plaisir de partager avec leur marraine. Il est temps. Vraiment.

La messe.

Mais tout va bien. Hein. Je ne suis pas inquiète.
Enfin pas trop.
D’autant qu’un tour à la librairie de l’abbaye cet après-midi a suffi pour me rassurer.
J’ai trouvé ça.
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Puis, comme c’était très calme la librairie, on a papoté et j’ai raconté (un peu) mes prochaines vacances au Frère qui tient la caisse.
J’ai même feuilleté avec lui.
On a eu le temps de trouver ça…
… drôle et adapté.
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curieux…

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questionnant…

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joli…

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En prime, je vous fais cadeau de ma page préférée.
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Le Frère a été très rassurant au final.
« N’oubliez pas les crayons…ça va bien vous occuper. »

J’ai hâte. 😉

Ne rien commencer

Me lever sans bruit,
la maison dort encore, d’un sommeil lourd de rêves sûrement,
des ailleurs de demain, des mots d’hier peut-être.

Ne rien faire, surtout ne rien commencer.

Entendre le silence.
Il n’est pas inquiet ce silence-là.
Il écoute la pluie de juin caresser les volets, il suppose le sombre encore autour, il enveloppe tout de Ta présence.

Ne rien commencer. Se poser là.

Creuser en moi un espace pour que Tu viennes prendre Ta place.
Avant de remplir mes heures, Te laisser de la place.

Ne rien commencer.
Commencer par Toi.

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