Le vent souffle où il veut

7 décembre 2019 2 Par Corine

Jour 7

Parfois, je suis un peu trop remplie de visages, de rencontres, d’heures pleines passées au collège, en paroisse, dans les rues,  en famille et les mots, à poser sur l’écran ou sur une feuille, tardent un peu. Comme s’il fallait prendre le temps de les relire encore à une autre lumière.
J’ai pris ce temps au matin et je viens ici un peu plus tardivement que d’habitude.  😉

 

“Le vent souffle où il veut, tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit.” (Jean 3,8)

 

Ce vendredi soir, la sonnerie a retenti  un peu comme une libération. Décembre au collège est toujours chargé. Au travail de suivi avec les élèves s’ajoute leur quotidien- et le nôtre- souvent fatigué auquel se mêle l’émotion de Noël. On sait que pour beaucoup, il y aura de la joie. On sait aussi que pour certains, ce sera difficile. Et cela pèse.
Ce vendredi soir, j’ai traîné pourtant un peu avant de repartir. Paroles de soutien partagées avec une collègue dont le mari est en burn-out depuis deux mois. Et ma p’tite prière sur ma route de retour Te demandait encore d’être là, juste là. Que Ton Esprit souffle, oui qu’Il souffle enfin.
Ce vendredi soir, la maison, comme toujours, annonçait le petit havre de paix du week-end. Bulle précieuse et douce qui protège du dehors et grâce à laquelle je reste debout. Le canapé, le feu, le plaid. Le chat qui ronronne même. Je ne sais pas pourquoi le vent m’a pourtant poussée au-dehors. Un petit tour au marché de Noël de ma ville pour y chercher encore un peu de lumière peut-être.

Ce vendredi soir, je l’ai croisée.
Elle m’a offert un petit verre de vin chaud pour prolonger notre bavardage. Elle avait envie de me parler.
Je ne l’avais jamais revue depuis le collège. 8 ans, on a compté.
“Je suis infirmière maintenant. Je me marie en avril prochain. Vous savez que je faisais partie du premier groupe d’élèves que vous avez emmené à Martigné-Briand. C’est LE souvenir de mon collège. Je n’étais même pas baptisée et vous avez quand même bien voulu m’emmener.”

 

Je n’avais jamais mesuré ça. Ce quand même.

Elle m’a raconté son baptême et sa première communion l’an dernier à Pâques.
“J’aurais aimé vous contacter mais je n’ai pas osé vous déranger. L’Esprit fait bien les choses de vous revoir ce soir. Vous savez… j’habite à 300 kilomètres maintenant, je ne reviens pas souvent. Je suis en vacances cette semaine. C’est drôle de vous voir.”

Nous n’avons pas arrêté de sourire et de rire aux hasards de Dieu.

Ce vendredi soir, je suis rentrée légère.
La fatigue, les gris, les poids de ma vie se sont envolés. Sur le chemin, j’ai senti le vent souffler. J’ai levé les yeux au ciel, ça piquait un peu sur le rebord des cils lorsque je T’ai murmuré merci.

 

Jour 7
Que ce deuxième week-end de l’Avent fasse résonner en nous les paroles de Jésus à Nicodème lors de leur entretien nocturne.
Que ce souffle purifie nos intentions, nos projets, nos cœurs calfeutrés et encombrés. Souffle d’Avent, de renouvellement et d’authentique espérance.

 

 

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