Car’aime à ma façon (9)

Bon 9ème jour…
Corine

Aimer Dieu… comme un chamallow…

Ce n’est pas sérieux du tout. Un vendredi de Carême en plus.
Mais c’est tellement joyeux, je ne pouvais pas ne pas le raconter cet aimer-là.  😉

Aujourd’hui après la classe, je prends la route pour le monastère de Martigné-Briand (c’est un endroit très chouette, tu peux regarder si tu veux, clique!) Oh… tu sais je ne commence pas mes vacances de prof par une retraite spi même si ça pourrait être drôlement cool non, j’y emmène, avec père Jean et l’amie Marie-Christine, une petite équipe de filles de 3è. Celles-là même que j’ai emmenées en 5è qui ont voulu y retourner en 4è et qui m’ont réclamé encore-un -séjour-madame-s’il-vous-plaît-dès le premier jour de la rentrée. Bref, quand je vous dis que c’est un endroit très chouette, c’est qu’on a juste une envie: y retourner.

Mercredi les préparatifs. Hier les courses. Et au détour d’un petit passage au collège sur la route du retour, les filles m’ont attrapée:
– M’dame, vous avez pris des chamallows pour la veillée de vendredi soir ?
– Bah non les filles, là, on y va en Carême, quand même… on fera veillée jeux- rires-discussions-rires- prières-sourires… sans les chamallows…
– Mais madame !!! (ton solennel et convaincant et un tantinet larmoyant), Dieu, Il ne peut QU’AIMER les chamallows: c’est doux, tendre, ça fond d’amour vous savez et pis, ça rend heureux !

Argumentation imparable.

Vite, remontée dans l’auto, avant la fermeture du supermarché, j’ai ajouté de l’amour à notre panier de victuailles.  😉

…et bon deuxième week-end de Carême! Demain, je vous ai préparé un petit mot joli de quelqu’un d’autre et moi,  je reviens lundi 😉

 

Car’aime à ma façon (8)

Bon 8ème jour…
Corine

Aimer jusque là

Il nous a aimés jusque là.

Petite, j’ai beaucoup entendu cette phrase. Peut-être qu’on ne voulait pas dire devant moi le mot « mourir » alors on me disait  Jésus Il nous a aimés jusque là.

Je me suis longtemps demandée ce que c’était ce jusque là.

Un lieu ?
Était-ce possible que Jésus nous aime encore loin de sa Galilée, à mille lieues de ses rivages, sur mon bord d’océan à moi, dans ma chambrette sous les toits, dans le sentier qui mène de l’autre côté du port, dans la classe de mademoiselle Jeanne, dans notre église du dimanche ? Était-ce possible ?

Un temps?
Était-ce possible que Jésus nous aime encore et je comptais sur mes doigts le nombre de siècles qui faisaient cent ans chacun et qui me séparait de lui, et dans mon siècle s’il venait,  il ne reconnaîtrait rien de sa vie. Parce que je la connaissais sa vie d’enfant sans Club des Cinq de la bibliothèque rose, sa vie d’adolescent sans bicyclette pour dévaler à l’air libre, sa vie d’homme sans téléphone, voiture et même sans maison comme nous. Était-ce possible?

Il nous a aimés jusque là.

Plus tard, j’ai compris que ce là, c’était comme une jolie note pour me dire à la fois son espace et son temps, indéfinissable, infiniment grand.

Deux minuscules lettres pour écrire l’immense de Dieu, l’indicible, l’incompréhensible souvent.

Et ce quelque chose encore, encore aujourd’hui, dans mon chemin de Carême…
Ce « là » dont je ne sais rien mais auquel je crois.
Ce « là » auquel je pense davantage aujourd’hui.
Ce « là » par lequel je passerai, irrémédiablement.
Ce « là » qui me fait peur quand mon coeur s’emballe.
Ce « là » que j’attends pourtant.

Pour Le voir enfin.
Pour pouvoir aimer. Jusque là.

Car’aime à ma façon (7)

Bon 7ème jour…
Corine

Aimer Ses Mots

Il m’arrive parfois de me dire que je crois en Dieu parce qu’il y a Sa Parole.
Je crois en Dieu parce qu’Il m’a laissé Ses mots.

Et je peux les lire, les relire, les entendre, les écouter, les dire, les murmurer, les penser, les méditer, les écrire même parfois.

En octobre dernier, je suis partie en Terre Sainte. À chaque étape de notre voyage, dans chaque lieu, nous avons trouvé un moment pour nous asseoir et lire la Bible. Des temps préparés pour célébrer, méditer, partager mais surtout des instants improvisés, posés là, au hasard des lieux où l’on pouvait sortir de nos poches ou de notre sac à dos Ses mots.
Je me rends compte quatre mois plus tard que les images, les parfums, les bruits se sont imprimés sur chaque mot de ma Bible.
Je les retrouve à chacune de mes lectures comme si tout s’était glissé entre les pages, entre les lignes.
Et Ses mots se mêlent à mes souvenirs.

Comme celui du deuxième soir, face au désert.

Beaucoup s’était éloigné pour prier, méditer, regarder seulement peut-être, respirer.

Père Louis s’est assis sur une pierre.

Il a ouvert sa petite Bible.
Il a lu.

Silence.

 

 

 

 

 

 

– … ça va Corine ?
– Oui…j’aime bien quand tu lis…tout à l’heure, j’ai eu l’impression que Dieu était là, à côté de nous.
– …. Il l’est.

Je n’aime pas seulement lire la Bible.
J’aime lire Dieu qui me souffle Ses mots.
Des mots d’Amour.  🙂

Et ce chemin de Carême…pour lire et relire et relire encore Ses mots à aimer.