De l’amour, des bigoudis et Dieu

14 février 2019 4 Par Corine

Je me demande ça, souvent : est-ce que Dieu Il vient là aussi ? Est-ce qu’Il vient entre les parfums des filles, les magazines people et les shampoings au parfum d’amande ?

Sophie, en posant la serviette sur mes épaules, m’a demandé:
– Alors que fait-on pour être belle pour la saint-Valentin?
Bon d’accord c’était le jour. Mais en absolument vrai, le petit tour chez la coiffeuse c’était juste parce qu’on filait en Bretagne juste après et que je n’avais pas eu le temps avant.

Je l’aime bien ma coiffeuse.
Elle garde dans ses mains et dans sa voix un peu de douceur qu’elle nous donne en plus, simplement.
C’est peut-être à cause de Valentin, je ne sais trop, mais il y a eu du joyeux juste après, comme une petite effervescence de confidences entre deux ou trois coups de ciseaux. Simone et ses jolies mèches gris clair sur la tête a commencé à raconter ses presque 60 années de mariée. Margot du haut de ses 20 ans tout neuf a déplacé le sèche-cheveux en lui disant qu’elle faisait drôlement jeune.
– Mais je le suis! Mariée à 18 ans…avec l’autorisation de mon papa, obligatoire!  Tu sais à cette époque on ne vivait pas comme ça… à deux.
La tête sous la mousse, j’ai repensé à cet article un peu propret sur une rencontre en abbaye, aux pubs valentines du jour, aux trucs qu’on affiche pour dire qu’on s’aimait, qu’on s’aime et qu’on s’aimera, aux amies séparées aussi.  Je me suis demandée comment Dieu veillait sur nous toutes, et nos mariages, et nos amours, et nos vies comme elles sont, et est-ce qu’Il était là, maintenant, entre les parfums, les magazines et les shampoings ?

À ce moment-là, Pauline est arrivée avec sa trentaine joyeuse et le petit resto du soir à raconter avec son amoureux.
Simone a souri.
– Vous savez quand j’ai rencontré mon époux, on n’avait pas grand chose surtout pas de quoi aller au restaurant pour fêter notre anniversaire de mariage …
C’est joli de dire époux surtout comme elle l’a dit Simone, en appuyant sur la dernière syllabe comme pour le rendre plus doux.
– … alors on préparait un peu plus à la maison pour le dîner et je me coiffais bien, avec des bigoudis sur la tête tout l’après-midi… Marcel remettait son costume, et c’était bien.

Je ne sais pas si Dieu était là, entre nos parfums, nos magazines et nos shampoings.
N’empêche. Maintenant, je suis certaine qu’Il sait que les bigoudis, ça va un peu avec l’amour.

 

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