Carêment

Je ne me lasserai jamais d’eux.
Je ne me lasserai jamais de leurs 13 ans qui me demandent si Jésus est vraiment le fils de Dieu et comment on peut croire à la résurrection et, puisque la mort n’arrête pas tout, alors quand est-ce qu’on retrouvera tous ceux qu’on aime et qui sont morts déjà et Marie quand même c’est possible ?
Souvent, je me sens petite face à l’immensité de leurs pourquoi et je n’ai que les évangiles et un petit peu de ma Foi pour leur dire Dieu.
Jamais je n’essaie de les convaincre.

Je ne me lasserai jamais de leurs questions qu’ils osent. Avec simplicité et sans jamais, non jamais, se moquer d’une réponse qui croit ou d’une qui ne croit pas.
On laisse toujours nos questions et nos réponses en partage, sur nos chemins, juste au bord.

Je ne me lasserai jamais d’eux.
Je ne me lasserai jamais de les retrouver, cette année le vendredi soir, fin de journée, fin de semaine et vraie pause.
En caté.
Joli groupe de filles et de garçons de 5è, une petite vingtaine rassemblée parce qu’ils l’ont choisi. Pour comprendre, et parler, et prier aussi.
Vendredi, on a parlé Carême. Et ça donnait un mélange assez riche entre les deux qui connaissaient le mercredi des Cendres par cœur, les trois qui pouvaient parler de la semaine Sainte sans trop se tromper et tous les autres qui ne savaient presque rien mais qui voulaient savoir davantage.
Vendredi, on a parlé Carême. Au dedans, il y avait mille questions.
Et mille sourires.

Je ne me lasserai jamais d’eux.
Je ne me lasserai jamais d’eux parce que, là, dans ces petites heures du vendredi, ils sourient, ils rient, et je crois même que souvent, ils osent aimer.
Le vendredi on se dit toujours au revoir autour d’un goûter que l’un ou l’autre a préparé.
– Mais madame…. comment on va faire pendant le Carême parce que notre goûter il est carrément pas trop light ?
Comme à leur habitude, ils ont trouvé des réponses sans moi.
– Oui mais on le partage déjà… bah…on n’a qu’à partager plus !

Ils ont osé.
– Et si à chaque fois on invitait un ou deux ou trois qui ne font pas caté…juste pour le goûter ?
– Oui on pourra continuer à goûter…en partageant.
– Ouais ça donne envie le goûter de toute façon, on en a déjà parlé à ceux qui filent en étude…
Ils se sont organisés. On les inviterait dès le début finalement. On partagerait aussi nos questions. Et nos réponses. Et ce qu’ils en pensent qui sait ?

On va vivre des vendredis de Carême à 25 peut-être à 30 qui sait. Voilà.
Ils ont quand même eu un regard vers moi:
– Ça ira m’dame ?

L. qui ne parle presque jamais m’a murmuré:
– Un Carême qui partage pas light-léger mais light-lumière.

 

Voilà.

 

Là, vous savez, ça faisait bien quinze minutes que je ne parlais plus. Je les regardais, je les écoutais, j’apprenais. Je crois même que j’admirais leurs 13 ans, leurs questions, leurs réponses, leur audace.

 

Bien sûr que ça ira. Carêment. 

Je ne me lasserai jamais d’eux.
Parce qu’à chaque fois, ils me donnent envie d’aimer mieux.

 

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6 réflexions au sujet de « Carêment »

  1. Ces questions qui se posent aussi plus tard avec la même curiosité. Celle de comprendre, d’apprendre, de découvrir et d’aimer. Merci pour vos mots qui éclairent, font sourire et apaisent. Je ne suis pas seule à me poser des questions. Quel soulagement 😉

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