Petite pause (3)

12 juillet 2019 4 Par Corine

Des lectures ou d’un éloge des romans policiers

Il y a avec  l’été – je dis bien l’été et non pas seulement les vacances – il y a, avec l’été, ce temps que je prends et peut-être plus exactement que j’accorde à la lecture de romans policiers.

Bien sûr, dans la pile de livres que je n’ai pas manqué de faire encore grimper tout au long de l’année, il y aura aussi quelques beaux textes de méditations, de recherches bibliques, de prières peut-être même, attrapés dans les rayonnages de l’abbaye de Bellefontaine ou sur les recommandations de Sœur Marie ( et je reviendrai vous en parler je pense). Bien sûr, il y aura aussi quelques jolis romans offerts au gré de fête et d’anniversaire et pas encore ouverts. Bien sûr, il y aura, avec la fin août, quelques nouveaux ouvrages de pédagogie, histoire de revenir doucement.
L’été possède ce temps précieux qui me laisse du temps…loin des copies, des cahiers et surtout des écrans ! Mais il y aura surtout, au cœur de l’été, sur un coin de plage encore tranquille, sous le frais d’un chêne ou encore au profond d’un bon fauteuil, la lecture de romans policiers. Mélange hétéroclite de mes lectures qui serait incomplet si je n’y ajoutais la relecture régulière de Victor Hugo, de Zola ou de Flaubert, la poésie de Baudelaire, de Prévert ou de Chédid, la littérature jeunesse à toujours découvrir, les BD laissées traînées par un mari féru de bulles, les recherches récentes et pourtant antiques d’un monde gréco-romain que j’affectionne tout particulièrement. Et je n’oublie pas quelques manuels de recettes de cuisine qui sont encore des occasions de me… nourrir. 😉 Bref. Loin de moi l’idée d’étaler “ma culture” mais davantage de redire un peu d’essentiel : si le monde aujourd’hui est aux écrans et aux oreillettes, le silence qui imprègne le temps de mes lectures reste, de tous les temps de ma vie, irremplaçable. Les mots des autres, voyages de mes romans d’enfant, étaient là bien avant que je ne trouve les mots pour parler et rien ne peut remplacer ce que toutes les pages lues ont fait de moi.

Lire, pour moi, c’est comme une éternelle gratitude du temps pris au temps.
Mais je m’égare un peu,  revenons aux romans policiers.

Je n’en lis jamais pendant le reste de l’année et pourtant j’aime passionnément ces lectures. Comme à l’habitude depuis des années, les couvertures sombres des collections “polar” viendront donc à nouveau s’ajouter à mes heures de… pauses estivales.
Après le Paris de Fred Vargas,  la Suède de Henning Mankell, l’Islande d’Arnaldur Indridason, l’Israël de Dror Mishani en passant par la Norvège de Jo Nesbo et la Venise de Donna Leon, me voici enfin prête à me plonger dans la Chine de Qiu Xaolong ! Que de voyages me direz-vous ! Et bien oui, c’est sans doute cela.
On pourrait croire le roman policier noir, glauque et pervers, cruelle plongée dans les bas-fonds de l’humanité, drôle de balade au cœur des vices et des péchés innommables, sans doute ne serait-on pas loin de la vérité. Pourtant, si la noirceur de l’humanité se raconte sur ces centaines de pages, j’y trouve à chaque fois des raisons d’un voyage fait aussi de… lumière. Et c’est peut-être cela que j’aime. La lumière d’une justice d’hommes qui tentent, au mépris de vies qui pourraient sans doute être faciles, de chercher à réparer. La lumière de pardons parfois, ceux qui nous font si souvent défaut dans le quotidien de nos vies. La lumière enfin de ce quelque chose qui fait avancer l’homme malgré tout. Malgré vraiment tout.

Il y a, avec l’été, ce temps que je prends et peut-être plus exactement que j’accorde à la lecture de romans policiers.
Petites pauses alors bienvenues qui, au profond des ténèbres de l’humain, redonnent une  place à l’espérance. Et ce n’est pas vain, je vous l’assure. 😉
Bonnes lectures à vous…et à partager peut-être !

 

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