Nos mots (1)

17 mars 2020 6 Par Corine

Curieux retournement de Carême.
J’avais décidé de vous parler de nos mains et celles-ci ne peuvent plus se rencontrer, se toucher, se raconter.
Elles ne peuvent plus parler.
Mais ils restent nos mots. Dits, écrits, reçus, envoyés, partagés, entendus, lus.

Depuis la journée de vendredi au collège, je mesure combien ils nous sont précieux. Moi qui les aime tant depuis toujours, moi qui désespère des silences mortifères et qui sait combien les mots donnés soignent, apaisent, pardonnent, combien ils aiment, me voilà à vivre cela d’une manière presque extrême depuis quatre jours. Et peut-être bien que ce Carême va se continuer ici avec nos mots, et non plus nos mains, nos mots oui, ceux qui nous font du bien.

 

Les mots de Cécile, jeune hospitalière avec qui je devais partir à Lourdes. Messenger a fait sonner mon téléphone dimanche, au creux de l’après-midi. C’est la première fois que Cécile m’appelle. Pour me raconter son travail de soignante dans un Ephad d’Angers. “Ici, c’est touchant tu sais…il y a des couples séparés, seul le mari ou bien la femme est à l’Ephad et plus de visites autorisées…alors tu vois avec le linge qu’elle apporte, il y a un petit mot d’amour. J’ai même dû le lui lire… ça m’a fait pleurer tu sais.”

Les mots des collègues profs depuis lundi. Les SMS affluent, les mails. Je travaille dans une petite équipe qui se respecte et s’apprécie beaucoup. Mais là, jamais en si peu de temps on s’est tant encouragé.  Et puis, on a partagé hier la douleur d’une collègue qui ne pourra sans doute pas assister à la sépulture de son beau-père. “Et je veux bien que tu m’envoies une petite parole d’évangile chaque jour tu sais…”

Les mots des élèves depuis hier. On a mis en place un relais de cours et d’activités et les premiers retours, appliqués, presque sans fautes, nous rappellent combien le collège est un lieu repère pour beaucoup d’entre eux. “Madame, hier soir j’ai relu les textes d’Anne Frank que vous nous aviez donnés en début d’année et j’ai commencé à écrire mon journal, cela va m’aider je pense…”

Les mots d’Eugène et de Marie-Jo. Les vieux amis courageux et le petit clin d’oeil de Marie-Jo qui ne sort presque plus depuis un moment. “La quarantaine, je sais ce que c’est…”

Les mots de mes proches. Précieux et forts.

Ses mots. Ses mots à Lui. Ma Bible ouverte, pas seulement en prière. Ma Bible ouverte sur le coin de mon bureau, sur un bord du canapé, dans la cuisine, dans un petit tour au jardin. Chercher dans Sa Parole des sourires, des encouragements, chercher l’Espérance. Et trouver.

 

Chers amis, je viendrai vous raconter de jolis mots si au fil des jours, il en est qui réconfortent, soutiennent et même donnent de la Joie.
Prenez bien soin de vous et d’ici, sans crainte, je vous embrasse,

Corine

 

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