Garder le joli

10 mai 2020 4 Par Corine

C’est souvent comme ça.
Je sais garder le joli.

D’un roman mal fichu, je me souviens pourtant de ce passage que j’aurais bien aimé écrire.
D’un film monté de travers, je me rappelle quand même le superbe jeu du rôle secondaire.
D’une classe difficile dont on sort épuisée, j’aime malgré tout leurs mots de fin d’année, ceux qui feraient presque pleurer
D’une réunion barbante qui tourne en rond, j’aime raconter le bon mot qui m’a fait sourire.
Du plus rude de ma vie, je me souviens que c’est ce rude qui m’a appris à tant vouloir le doux.

C’est comme ça.
Quand je veux la colère, quand je désire la revanche, quand j’espère la rancune, je ne tiens jamais la route bien longtemps.
Je n’oublie pas mais les gris s’effacent.
Parfois ça peut paraître tiède. C’est ne pas savoir ce qu’il faut de rebelle pour ne garder que le joli.

 

C’est comme ça.
Je ne sais garder que le joli.

 

Un peu plus de 50 jours, 8 semaines.
Je n’aime pas les bilans. Surtout quand rien n’est terminé. Mais je sais ce que je vais garder. Malgré tout.
Je n’oublierai rien du difficile des vies et des morts tout autour mais je le sais, le joli restera.
Et je vais garder
les heures à ne plus compter,
mes heures à leur écrire sur un clavier,
nos heures à nous parler dans un écran,
les heures à les entendre toujours rire,
mes heures à les lire encore et encore,
nos heures à faire de chaque repas un tour de fête,
les heures à demander si tout va bien,
mes heures à Te lire,
nos heures à Te prier.

 

Ce sera mon défi pour les demains à aimer.
Garder le joli.
Encore.

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