Un mercredi d’automne, un coin de jardin et les parfums en cuisine

14 octobre 2020 10 Par Corine

Il y a des petits moments attrapés au temps qui va, des petits moments qui ont la douceur des presque rien, des pas importants, des juste ça, des petits moments qui font du bien et peut-être que, parce qu’ils font tellement de bien, on les garde pour soi, bien au chaud, quelque part. En soi.
Ce n’est pas pas par peur de les partager non, mais à quoi bon.

Est-ce que la douceur, une fois partagée, peut se répandre ailleurs ?

J’ose y croire pourtant.
Encore.

 

J’ose y croire pourtant qu’aimer le doux c’est ne pas accepter la dureté du monde.
J’ose y aller encore, sans cesse, dans cet autre sens de la marche qui presse, oppresse, rabaisse.
Je suis de cette naïve – et vive pourtant – conscience qui ose dire que la douceur est rebelle.

Il suffit d’ouvrir la porte vers le jardin, de poser une laine sur ses épaules et d’affronter le froid pour attraper le soleil de la vigne vierge qui s’accroche à mes fenêtres. 
Et garder les rouges flamboyants d’un jardin d’automne pour affronter les rues trop pâles de l’hiver et des villes et leurs mains mais j’essayerai de sourire encore parce qu’il y a la vie. Toujours.

Il suffit d’entendre sa voix qui fredonne en anglais, de la regarder cuisiner comme je lui ai appris pour attraper les souvenirs de son enfance qui s’accroche toujours à mon cœur.
Et garder les parfums de son tajine maison pour emporter dans mes classes, cette année, où j’essayerai de leur donner le goût de raconter les parfums qui font la vie, aussi. Encore.

 

Il suffit de presque rien.

 

Un rayon qui s’attarde au soir, un mercredi d’octobre qui attend, un peu de temps pris au temps.

Il suffit de pas grand chose pour mettre le doux en premier sur la-liste-des-choses-essentielles qui donnent encore la force d’être là.
Et continuer d’avoir cette volonté épuisée mais vivante, bien vivante, de vouloir aimer.
Toujours.

 

 

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