Maison

3 décembre 2020 0 Par Corine

“La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ;
la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.”

 

5ème jour de notre Avent et mon mot d’évangile aujourd’hui est “maison”.

 

Maison. C’est un mot que j’aime. Un de plus.
Il est le repère dont ma vie a besoin, les murs qui gardent ceux que j’aime, le port d’attache des soirs fatigués.
Il est le repas qui réunit nos dimanches, les soirées d’amis à parler du monde, les cafés confiants des creux d’après-midi.
Il est leurs chambres qui rappellent des heures enfantines, les coins du jardin qu’on aménage peu à peu, les arbres qui ont grandi.
Il est toujours des projets d’embellissement, les voisins qu’on aime bien, ceux qui sont là, discrets.
Maison. C’est un mot qui sait être doux.

Mais c’est aussi un mot difficile.
La maison que nos amis mariés ont quittée, vendue, oubliée, déchirés. Divorcés.
Celle de pas mal de mes élèves aujourd’hui qui se divise en deux, une semaine avec papa, une semaine avec maman.
Celle de ce petit qui n’existe plus, foyer provisoire jusqu’à quand ?
Celle au bout de cette rue dont les volets sont très souvent fermés et qui fuit les bonjours.
Celle du vieil homme qui aujourd’hui prie près de moi et dont la petite maison jamais ne ressemblera à celle de son Irak tant aimé.

Maison. C’est pourtant un mot que j’aime.
Je pense à la tienne, Jésus, celle que tes parents ont quittée pour une pauvre étable. 
Je pense à toutes celles dont tu as franchi le seuil, aux ruelles de Capharnaüm et aux foyers qui te recevaient.

Maison.
Puissions-nous nous y réchauffer, y puiser de l’amour et en donner, en gardant fenêtres et portes ouvertes pendant cet Avent, Seigneur…malgré les vents mauvais !  🙂