Défaire

10 janvier 2021 2 Par Corine

“Rangeons le Petit Jésus de cire et marchons au grand Jésus de feu. Rangeons le rêve: le réel assure sa relève.”
F.Cassingena-Trévedy

 

J’attends toujours que janvier s’avance un peu. J’attends que tout recommence, l’année, les cours, les habitudes.
J’attends de ne pas en être lasse. J’attends qu’il ne soit pas trop tard.
Alors, je sais qu’il est l’heure de défaire Noël.

Enlever une à une les décorations, décrocher les boules et les guirlandes, les ranger précieusement dans leurs boîtes. Défaire les branches joliment agencées, celles qui cette année m’ont servi de sapin. Retirer le grand pot de terre qui les contenait. Et nettoyer un peu autour les paillettes qui se sont échappées.

Défaire Noël de la maison.

Il y a toujours un petit pincement au cœur à remiser pour une année entière cette atmosphère que j’aime tant. Ces dorés, ce brillant. Les étoiles, les lumières. Il y a, mêlées constamment l’une à l’autre, la joie d’un Noël revenu et la petite tristesse de le voir déjà repartir.

Défaire Noël de la maison.

Vient alors l’heure de ma crèche. Les Rois rentrent par leur autre chemin, les bergers les suivent puis un à un les santons. Enfin, j’enveloppe, bien serrée dans le papier de soie, la petite famille.

J’ai défait Noël et la maison a retrouvé son ordinaire.
Mais je crois que la maison aime retrouver l’ordinaire, elle le garde comme en secret ici, elle aussi.

Elle le garde dans les petites tablées animées des vendredis soirs, dans les prières des matins trop froids, dans les journées qui n’en finissent pas.
Elle le garde dans les inquiétudes qui traînent, dans les tristesses à consoler, dans les mains qu’on aimerait serrer.
Elle le garde comme un cadeau de Rois, comme un petit supplément d’amour à mes jours.

J’ai défait Noël de ma maison, j’ai rangé les rubans et les santons mais j’ai gardé quelques paillettes. Celles qui, Noël après Noël, se collent à ma peau pour tout le reste de mes jours ordinaires. Et ça tient chaud.  🙂