Un petit oui

29 avril 2021 8 Par Corine

Je me souviens comme si c’était hier de la veille de ce jour-là.

 

Il y a 27 ans, le 29 avril, c’était un vendredi. Je le sais car le lendemain, le samedi 30 avril, à 11h30, je me marie.
Je l’écris au présent parce que je ne peux pas l’écrire autrement. Je crois que ce jour-là n’appartient pas à mon passé, à notre passé. Je sais que le 30 avril, depuis 27 ans, c’est au présent que nous le vivons.
Mais, jamais, non jamais, je ne me glorifie de ces 27 années comme si je les dressais en étendard. C’est vrai que j’aime compter les années parce que le nombre commence à faire “important” mais je préfère, dans ce nombre-là, y lire et y relire l’addition de tous nos mercis et surtout de tous nos pardons. Tous nos pardons. Non, pas de vaine gloire à croire à une victoire. Il n’y a rien à gagner ou à perdre. Il y a à vivre seulement.

 

Il y a 27 ans, le 30 avril, je me marie.
Et chaque veille, je repense à la joie. Oui, il n’y avait que de la joie. Et je m’étais même dit, je m’en souviens bien, qu’une mariée stressée ce jour-là, oh non, ça se voit tellement sur les photos ! Je ne voulais que des sourires. Il n’y a eu que des sourires.

Et un sourire, encore plus particulier, adressé au 30 avril trois ans encore plus tôt. Il y a 30 ans.
Le 30 avril 1991. Vers 19h30, la copine Val était passée à mon appartement. J’avais déjà quelques copies à corriger et décidé de m’y mettre pour en être “débarrassée”. Et nous étions mardi de toute façon, elle me connaissait bien Val,  j’évitais les sorties sur semaine.

– Mais demain c’est le 1er mai ! Tu n’as pas de cours, tu pourras corriger ! Allez viens donc, tout le monde est là, on se retrouve et Luc vient avec de nouveaux amis !

Je ne sais pas ce qui m’a décidée. La perspective du lendemain férié qui c’est vrai me donnait du temps, le soleil du printemps qui nous invitait à nous retrouver – la bande de vieux amis- en terrasse de café, les sourires de Val – sûrement – ou le “nouveau” que j’ai cru entendre dans sa voix.

20h30. Je l’ai rencontré là. Un 30 avril.
Il serait mon mari 3 ans plus tard. Un autre 30 avril.
Et 27 ans encore plus tard, je serai en train de parler de nous sur un petit blog. Un presque 30 avril.

Et c’est là qu’il y a quelque chose qui me dépasse souvent.
Parce que si la veille de mon mariage, je m’en souviens très bien, la veille de ce jour d’il y a 30 ans, pas du tout. Comme si mon histoire commençait là aussi, avec lui.

Sans rien oublier du passé, mon histoire est bien celle d’une femme qui depuis 30 ans est devenue l’amoureuse, devenue l’épouse, devenue la maman et en vieillissant, devenue celle qui mesure la force des pardons, la force des mercis, la force d’un petit oui.
Un petit oui, murmuré  – un 30 avril –  pour vivre. Ensemble.