C’est une petite prière qui écrit

J’ai passé mon dimanche après-midi avec mon crayon qui corrigeait au bord de mes doigts, paume refermée.
J’ai lu les petits trésors de leurs mots d’enfant encore, des jolis efforts pour traduire leurs sens avec des bouts de phrases et des souffles de ponctuation.
J’ai râlé un peu sur des tournures que j’espérais plus belles.
J’ai souri souvent.
Au tôt du lundi matin, j’ai repris leurs rédactions, peaufiné mes commentaires, ajusté mes remarques, ajouté mes conseils.
Mon crayon au bord des doigts s’est posé.
Ma paume s’est ouverte.
Je l’ai regardée.
Avec mon pouce j’ai caressé un peu le creux douloureux à trop écrire.
J’ai souri.
J’ai souri parce qu’au creux de ma main, il y a tant de matins et de soirs à corriger, tant d’heures à écrire, tant d’autres mains, de gestes de paix donnés et reçus, tant de temps où mes paumes l’une contre l’autre doigts pliés à peine posés sur mes lèvres te murmurent des sourires en prières.
J’ai repris mon crayon.
J’ai souri.
C’est ici que Tu es.

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Miracle of love

Je me demande si elle ne reste pas dans la boîte à gants entre deux virées en Bretagne. Parce qu’à bien y repenser, elle a toujours le même air.

Elle sourit à l’aller. Pas d’un sourire béat, ni d’un sourire satisfait. Non. Elle sourit comme un merci à la vie le même depuis le début tant pis tous ces gris le soleil en contraste il éclate bien davantage. Elle sourit au ciel qui est en train de lui faire un clin Dieu même qu’elle prend les lunettes fumées celles qui reste dans l’auto pour éviter devant les gens le truc qui perle à ses yeux.
Elle chantonne à l’aller. Tous ces vieux airs qu’elle connaît par cœur et même l’impression qu’ils écrivent tous ses souvenirs. Ce vieux tube d’Eurythmics qui repasse elle en a même usé le disque sur la platine à force de l’écouter.
Il parlait pour elle.
Elle s’en souvient.
Elle arrive. La voiture au même endroit. Pour regarder de loin.
Et la vie continue.

Au retour elle est toujours là. Elle redit merci pour les heures, pour le vent et l’océan. Pour l’amour encore. Pour les sourires retrouvés. Pour ceux qu’elle n’oublie jamais. Elle dit tant pis pour ce qui n’est plus elle envoie valser ses gris tant mieux pour tout ce qui reste ce qu’elle garde au creux d’elle tout le temps. Pardon. Et puis sur la route qui revient il y a toujours des tas de gens qui passent dans ses s’il te plaît. Tu peux te démener pour eux un peu zut.

Tu peux ?

Jenane et son thé bon comme lui à mille lieues d’un pays qu’il ne reverra jamais, Sandrine, ses cinq gosses sur les bras qui crève de ne pas être aimée et.
Et la liste est si longue à continuer en regardant la route en pointillés.
Au retour elle ne la quitte pas.
Cette petite prière à sa vie, au monde, ses mots qu’elle T’envoie en vrac.
Et la vie continue.

Je me demande si elle ne reste pas dans la boîte à gants ma petite prière pour la route, pour ne pas quitter la vie qui file. Et croire encore aux miracles, à l’Amour, à Toi.

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Petite prière de rien

Il suffit d’ouvrir la porte peut-être un peu plus que d’habitude, poser un pied au dehors, se rappeler les parfums de la terre et avancer sur le chemin.
Il suffit de regarder au loin peut-être un peu plus loin qu’hier, puis s’agenouiller au plus près, salir ses mains posées sur la terre mais on s’en fiche on est drôlement bien.

Se rappeler un petit garçon qui disait qu’avec le mot aimer on écrit merci rien qu’en ouvrant les bras … de son petit “a”.

Et dire merci sans rien dire.
Sourire.

Premier crocus
la vie renaît           toujours.

 

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