Dans le secret

6 mars 2019 6 Par Corine

Mercredi des Cendres. Entrée en Carême. On y est. Moi qui n’y connais rien en course à pied, il y a quand même un effet starting-block qui m’amuse toujours. 🙂
Je ne suis pas certaine de pouvoir venir raconter “la Parole de Dieu comme un phare” chaque jour ( parce qu’au jour le jour il y aura la vie qui file et un pèlerinage à Lourdes et une balade outre-Manche…) Mais qui sait…un Carême de rencontres à raconter aussi.

La Parole de Dieu comme un phare, c’est un peu de Sa Parole chaque jour, celle de la liturgie parce que c’est plus facile et que j’aime bien ce rendez-vous, lue au matin et qui éclaire ma journée ou relue au soir et qui fait lumière sur mes nuits. 🙂

Bon chemin de Carême à toutes et à tous !
Corine

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“Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret…”
Mat. 6,6

Ça commence bien. Enfin non. J’ai longtemps cru qu’il fallait m’agenouiller le soir au pied de mon lit, dans ma chambrette porte close, croiser mes mains sur mon cœur, fermer les yeux, faire silence et hop le tour était joué: en communication directe avec le Seigneur.
J’ai essayé très longtemps.
En vain.
J’ai insisté.
Mais non.
Ma prière, c’est presque le contraire.
Elle sent bon le café du matin, elle chante sous la douche, elle se glisse dans la poche de mon manteau avant de partir, elle regarde le ciel sur ma route oups, elle ouvre mon cartable, elle sourit dans un coin de la salle des profs, elle déambule dans les rues, elle s’arrête sur un trottoir fatigué, elle partage des cafés, elle pleure en silence, elle embrasse mes enfants, elle caresse l’alliance à mon doigt, elle colère sur le monde, elle soulage l’ami, elle tempête, elle… Ma prière, elle Te parle tout le temps. N’importe où. Dans tous les bruits de ma vie.

Prie-t-elle seulement ?
De cette oraison qui veut Te parler T’écoute-t-elle en retour?

Sait-elle dire merci dans les grains du café ?
Peut-elle un pardon dans l’oubli d’une rue ?
Ose-t-elle Te demander d’aimer encore ?

Elle prie oui. Peut-être pas comme il faut. Mais elle prie.

Et puisqu’elle ne sait pas le silence d’une chambre ni la porte fermée elle se pose toujours sur un cahier.
Elle s’écrit sur un bureau ou dans une gare, sur un coin de table ou près d’un cartable, dans le creux d’un monastère ou dans une cuisine.
Elle cherche une petite place pour Toi, souvent, et elle la trouve entre mes lignes.

C’est peut-être ça prier au fond. Peu importe l’autour, c’est de l’au-dedans.
Peu importe la manière, Il nous entend si nous osons.
La pièce retirée.
Notre cœur.
Le savoir là, L’inviter, Lui faire une place. L’écouter. En vrai.

 

Et si ce mercredi qui commence faisait de notre chemin de Carême un chemin où oser ce qu’on n’ose pas si souvent:  nos petites prières, simplement.

 

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