Valise

Je fais à nouveau ma valise. C’est un peu étrange. Quitter ma paroisse pour Pâques. C’est inhabituel aussi.
Vivre le triduum pascal ailleurs, un peu loin, au cœur d’une campagne galloise, anglicane et amie.

Je fais à nouveau ma valise.
J’emporte avec moi un cœur presque pardonné et mes filles adorées.
J’emporte avec moi les sourires reçus des plus fragiles et leurs mains dans la mienne.
J’emporte avec moi la force pour aimer encore. (Un tout petit peu comme Lui 😉 )

Je fais à nouveau ma valise.
J’emporte avec moi le récit de Ta passion.
Ta couronne d’épines.
Ta croix.
Ton tombeau.

Ta pierre roulée qui  peut me faire vivre et aimer, aujourd’hui.

 

Beau chemin vers Pâques chers amis lectrices et lecteurs

Corine

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Suivre et aimer

Souvenir de ton engagement.
Invitation à suivre Jésus et Marie.
                  à devenir Simon de Cyrène
11 avril 2019
p.Vianney

 

Un seul verset dans les évangiles, aucun chez Jean.
Il est si peu ce Simon.

 

 

Porter du bout de mes pauvres bras la fragilité, la souffrance.
Oser prendre dans mes bras le malade, le petit.
Dire, dire encore et redire qu’aimer, au-delà des blessures, est source de ma joie.

Entrer dans la Semaine Sainte remplie de Lourdes.
Remplie des sourires de Jean, d’ Alfred, de Dominique, de Jérôme, de Samuel, ceux qu’on nomme des “pauvres d’Esprit” qui m’ont aimée sans jamais se poser de questions.
Avancer dans la Semaine Sainte portée par les mains blessées de Catherine et de Marie pour qui le corps est devenu prison.
Vivre la semaine Sainte avec les mots de Claude, de Marie-Christine et de Sonia que la maladie et la vie si difficile jamais ne font taire.

 

Un seul verset dans les évangiles, rien chez Jean.
C’est ce presque rien Simon.

N’être rien que celui qui L’aide à porter sa croix.

 

Entrer dans la semaine Sainte remplie de l’amour des plus fragiles.
Savoir qu’Il est venu pour les aimer et porter leur souffrance, pour nous aimer et porter nos souffrances.

Avec eux.
Je ne veux rien d’autre qu’aimer.

          

 

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Départ (2)

Je n’aime pas partir. Je n’aime pas quitter.

On a un peu traînés après la messe avec les amis du CCFD et puis, c’était une messe “accueillante”, celle où on se retrouve au centre pastoral juste en face à prendre un verre et parler un peu alors on a pris notre temps dis, tu seras là pour Pâques ?

Le déjeuner aussi s’est étiré autour de la table et puis, c’était un premier dimanche de vacances, celui où l’on savoure le temps à rester là un bon petit plat ne plus se presser on va débarrasser oui attends on a le temps d’un petit café avant ?

Je n’aime pas partir. Je n’aime pas quitter.

Le jardin, le printemps qui s’éclate à chaque recoin, un petit tour familier, il faudra replanter ici et là, on dirait que l’hortensia a encore grossi non et si on plantait des bulbes de dahlias à couper tiens c’est une bonne idée, et dis c’est trop tard pour les tulipes?

Mon étudiante qui repart elle n’est pas en vacances elle, mais plus qu’une semaine, on prend encore un peu le temps, la regarder, et plein de courage pour tes partiels mais tu n’emportes pas ce qu’il y a dans le frigo pour toi ?

Je n’aime pas partir.
Je n’aime pas quitter ceux que j’aime.
Même pour 1..2…je n’arrête pas de compter comme une gosse sur les doigts d’une main… 5, le sixième jour je serai là le soir il ne compte pas.

Il y a dans chaque départ vers Lourdes cette impression de les laisser. Peut-être qu’un jour je saurai partir, je saurai quitter, sans avoir toujours au cœur ce sentiment d’abandon.

Je tourne toujours les pages de mes évangiles pour relire Ses départs à Lui, pour comprendre le courage de quitter.

Je n’aime pas partir.
Pourtant Lourdes est déjà là.

Sur mon petit carnet où j’ai noté toutes les prières qu’on m’a confiées.
Sur mes mains qui ont plié mes blouses, rangé ma Bible et fermé ma valise.
Sur ses mots qui ce soir me disent mais tu sais bien que tu reviens de Lourdes avec une joie qui déborde et qui te fait dire à chaque fois, à peine arrivée…
“J’ai envie de repartir”.

 

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Clin Dieu (2)

– Mais c’est quoi le Carême ?

Voilà. 15 jours et c’est Pâques.

Un non poli à des bonbons d’anniversaire hier, et le petit qui demande:
“C’est parce que vous faites le Carême m’dame ? ” et avant toute réponse, la petite et son autre question:

– Mais c’est quoi le Carême ?

C’est vrai qu’elle ne fait pas caté cette petite sixième.
C’est vrai que les mots de Car’aime qu’on affiche chaque jour sur la porte du collège, ça dit le partage, l’amitié, l’amour, la prière, le jeûne même, mais pas le Carême. 😉
Jour 27 et je me suis à nouveau rendue compte hier que le Carême, je le vivais à coté de plein de gens qui n’en savaient rien.

On était en classe, vie de classe c’est vrai, mais pas le lieu pour une longue explication alors je lui ai juste dit en deux mots après la sonnerie: c’est un temps pour que le Chrétien puisse retrouver Dieu, on essaie de faire attention au partage, à la prière, à l’autre…à Dieu dans nos vies, aux messages de Jésus…
– Et vous faites attention aux bonbons aussi ?

J’ai souri d’un oui, un peu, je fais attention à ma gourmandise parce que je suis vraiment gourmande.

– Et Dieu n’aime pas quand on est gourmande ?

Décidément, ses petites questions de rien me remuait doucement.
– Non, ce n’est pas ça…mais quand la gourmandise devient trop, quand elle empêche de partager sans doute oui. Le Carême c’est ça oui, être avec les autres et avec Dieu, davantage.
– D’accord, le Carême c’est un peu comme donner.

On s’est arrêtées là. La récré était bien entamée. J’avais besoin d’une vraie petite pause dans une journée qui devait s’éteindre très tard.
Fin des cours enchaînée sur une grande soirée solidaire avec les collégiens du doyenné. Chez moi, alors organisatrice, animatrice. Bref, pas de temps à perdre dans les préparatifs.

 

Et le verbe donner était dans tous les sourires, les fous rires, les grands élans de partage, les colères aussi de regarder un monde bancal.

 

Retour fatigué mais heureux, ça me rend heureuse le Carême, faudrait que je le dise ça aussi.

Vacances enfin.
Retrouver les miens. Joie toute douce comme un cocon à aimer encore et qui m’aime tant.

 

Au petit matin. Café. Bible.
Puis le casque sur ma p’tite playlist au hasard, pour écrire ici, un peu…

Mais quoi…?

Mode aléatoire.
Et ça, parmi 400 titres quand même.

Son Clin Dieu, sans nul doute. Ecoutez.  😉

 

 

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Clin Dieu (1)

S’il trébuche, il ne tombe pas car le Seigneur le soutient de sa main.
Psaume 36, verset 24

16h07. Faux-départ. Non, non. Point du tout.
Je suis là trois minutes entre la fin de mes cours et un départ vers les amis d’Emmaüs.  😉

Ce matin, collège, cours, course parce qu’il faut toujours que j’aille plus vite que la musique.
Français, latin, franç…, oups. Une marche, deux et hop trois d’un seul saut.
Chute.

Il aurait pu y avoir une cheville en vrac.
Un bras cassé.
Une tête contre le mur.
Et tous les projets envolés.
Tous-les-projets-envolés.
D’un coup.

Mais non. Le pied a bien volé mais pas plus de deux secondes et s’est retrouvé amorti par un gros sac d’élève placé au mauvais endroit mais qui pour moi, ce matin, ressemblait à quelque chose comme la Providence.
Bref.
Même pas un bleu.
Rien.

J’ai enchaîné calmement les deux dernières heures.
Sans courir.
Je suis rentrée.
Tranquillement.
Et sans me presser, je prépare la rencontre qui vient et celle d’après aussi.
Et je prends même trois minutes ici.  😉

 

Vous savez quoi ?
Mon psaume 36 et son verset 24 aujourd’hui.
Juste en haut de ce billet.

Carême. C’est un peu fou comme ces versets remplissent …mon cœur et Dieu, ma vie.

16h21. Finalement j’ai pris mon temps.

Allez zou…Je file! euh…tranquillement!
bisous!
( J’ai écrit un 1 à côté de mon Clin Dieu parce partie comme je le suis, on ne sait jamais 😉 )

Et même le temps d’une petite photo

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Départ

Jésus partit de là pour la Galilée.
Jean 4, 43

Jour 23. Un peu après le milieu du chemin.

Je savais en commençant ces partages de billets journaliers que la seconde moitié serait plus difficile, je vous l’avais écrit.
Départ … pour une dernière semaine plus que remplie au collège avant les vacances, beaucoup de projets avec les élèves, du ciné-club à la célébration de Carême en passant par un grand temps solidaire et un défi théâtre, ces temps ne me laisseront pas de temps au bord de mon chemin, à moins d’y venir très tard et ce ne serait pas du tout une bonne idée. 😉
Départ… pour Lourdes dans une semaine exactement et des jours là-bas remplis de Dieu, de Marie et de tous ceux qui m’accompagnent et seront avec moi et vous vous en doutez un peu, bien loin de tout clavier. 😉
Départ… vers un petit voyage avec mes deux filles pendant la semaine pascale, un cadeau du temps à vivre avec elles. 😉

Mes départs ne peuvent donc plus vous promettre désormais d’être là chaque jour pour ce chemin de Carême, à la lumière de Sa Parole.
Beaucoup de joies et de petits éclats de vie, sans nul doute, mais impossibles à partager quotidiennement.
Peut-être aurais-je le temps de quelques jolis clins Dieu en quelques mots et  quelques photos oui peut-être…, mais, promis, je reviendrai. Après.  🙂

Et c’est drôle parce que l’évangile de ce matin  me redit que ce verbe “partir” va plutôt bien avec notre Carême.
Se mettre en route, faire notre chemin, prendre de nouveaux départs peut-être, aller, suivre Ses pas, quitter les bruits pour le silence… bref, je ne file pas davantage la métaphore, vous devinez.

Merci sincèrement de tous vos messages, vos partages et autres petits signes çà et là. Vos lectures fidèles me touchent toujours infiniment et m’encouragent à écrire encore, surtout lorsque c’est pour parler de Lui, dans tous les petits riens de nos vies.

Puissiez-vous continuer ce Carême dans la joie de Sa Présence parce que peu importe où nos pas nous mènent, Il est là. 🙂

Bonne route, à bientôt,
Corine

 

 

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“Mon église, c’est ici.”

Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant :
“Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !”
Je vous le déclare : “quand ce dernier redescendit dans sa maison,
c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre.
Qui s’élève sera abaissé ;
qui s’abaisse sera élevé.”
Luc 18, 13-14

 

C’est peut-être parce que Lourdes est proche mais un souvenir me revient en mémoire à la lecture de l’évangile de ce matin.
.
Une nuit à veiller les malades, je me suis retrouvée avec Danielle, hospitalière depuis 29 ans. C’était ma troisième année et je me sentais juste toute petite face à cette femme qui depuis 29 ans prenait sa cinquième semaine de congés payés non  pas pour partir en vacances au soleil mais pour venir en pèlerinage auprès des malades à Lourdes.
La première partie de la nuit avait été assez difficile. Mais vers 2 heures du matin, tout s’était calmé et nous avions pu nous poser un peu devant un bon café.

C’est à cause de ma petite croix accrochée à mon cou qu’elle m’a regardée en me disant:
– Tu es pratiquante toi ?
J’ai ressenti quelque chose que j’avais déjà ressenti en entrant dans l’Hospitalité sans jamais l’exprimer. La diversité des hospitaliers allant de celui  qui s’investit dans l’EAP de sa paroisse jusqu’au cou à celle qui ne va presque jamais à la messe. Une seule chose semblait les rassembler et créer une vraie communion: cette semaine auprès des malades et les liens que cela tissait entre eux.
J’ai répondu un oui qui lui demandait et toi.
– Non. Non, mon église c’est ici. Ce n’est pas très bien je sais…

Nous n’avons pas pu parler davantage. Une malade insomniaque nous appelait à nouveau. Je n’ai pas pu répondre à Danielle. La fin de la nuit a été très difficile avec une hospitalisation d’urgence.
Nous nous sommes quittées au matin épuisées et muettes quand l’équipe de jour a pris sa relève.
Le lendemain, c’était le jour du départ.

Je n’ai pas revu Danielle l’année suivante. Une opération de la hanche l’avait empêchée de participer au pèlerinage. Ce n’est que deux ans après que nous nous sommes retrouvées à la grotte au tôt du premier matin. Nous n’étions pas  dans la même équipe et nous ne nous étions pas croisées pendant le voyage ni à l’arrivée.
C’est elle qui est venue vers moi me disant sa joie de me revoir et ce petit mot.
– J’ai beaucoup pensé à toi l’an dernier. Je suis heureuse de te revoir.

Cette année-là, on avait presque rendez-vous à chaque tôt de chaque matin à la grotte.
Elle priait là, devant Marie. Sans bruit, sans personne d’autre qu’elle et sa prière. Son église était là. Massabielle.
Son église était là. Dans chaque chambre des malades qu’elle aidait depuis 30 ans.
J’ai eu envie de lui dire que Dieu Lui devait trouver ça très bien. Je n’ai pas osé. Et  puis, Dieu sait bien dire ce qu’Il a à nous dire.

Je pense souvent à Danielle quand je pars à la messe chaque dimanche. Je crois que je l’emmène un peu dans ma prière. Je sais que dans ses gestes auprès des malades dans son métier d’aide-soignante, je suis un peu avec elle, aussi.

 

Dans une semaine, je vais retrouver Danielle et tant d’autres que le service auprès des malades unit. Et je me prends à penser que Dieu aime ces mille visages différents qui l’aiment Lui, chacun à leur façon.
Et ça me rend heureuse, simplement heureuse de vivre dans cette Église aujourd’hui malmenée mais que je sais riche, riche de nous encore.

Jour 22. Chaque jour, je me dis mais que pourras-tu encore écrire demain, le pourras-tu même ? Et chaque jour, un nouveau visage, un nouveau clin Dieu. Que ce Carême puisse encore nous faire regarder mieux, autour de nous. 🙂

 

 

 

 

 

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Et…

Dieu …
L’aimer
de tout son cœur,
de toute son intelligence,
de toute sa force,
et
aimer son prochain comme soi-même
Marc 12, 32-33

 

Seigneur,
Tu le sais bien,
mes petites prières s’écrivent avec des “et”
elles additionnent mes intentions
et la ribambelle de ceux que j’aime
et mes mercis
et mes s’il te plaît aussi
et mes pardons si j’oublie
et puis toutes celles et tous ceux que je te confie
et même que pour partir à Lourdes dans 10 jours
j’ai pris mon petit carnet
et comme une petite liste à aimer
j’écris celles et ceux qui me demandent de Te prier
et tous ceux que je ne veux pas oublier.

 

Parce que je le sais bien
T’aimer, c’est t’aimer et aimer.

Bonne suite du chemin de Carême les amis, à aimer comme Lui. 🙂

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Au hasard

Le Carême à sa moitié et je ne vous ai pas encore raconté cette chose-là sur ma Bible, Sa Parole et moi.  😉
Voilà. Ça vient de loin, d’un petit jeu d’enfant.

Je fermais mes évangiles.
Je les posais sur mes genoux.
Je fermais mes yeux.
Et je posais une question à Dieu.
J’ouvrais mes évangiles au hasard et je cherchais une possible réponse sur ma page.

Je vous l’ai dit, un jeu de petite fille. Un jeu de petite fille qui, pour ce qui est de la Parole de Dieu, me valut d’ailleurs quelques remontrances lorsque j’eus l’audace de le raconter.
– Ce n’est pas en fermant les yeux qu’on trouve une réponse et pas au hasard comme ce n’est pas en se bouchant les oreilles qu’on peut entendre Dieu…
On voulait, fort justement, me faire comprendre que jamais Dieu n’était là par hasard et me mettre en garde contre un jeu quelque peu superstitieux.

Ce n’était qu’un jeu de petite fille.
J’ai grandi et depuis, toujours lu la Bible les yeux grands ouverts. Pour ce qui est de les fermer, ça ne concernait plus que mes p’tites prières. 😉

Mais de ce jeu d’enfant est restée cette joie, terriblement heureuse, de lire un texte pioché au hasard. Non plus pour y chercher une réponse – et peut-être bien celle que je souhaitais – mais simplement pour lire Sa Parole.
N’importe où.
N’importe où dans Son livre, là où mon doigt se pose, il y a toujours des mots à ‘entendre’.

Alors oui, j’aime encore aujourd’hui ouvrir ma Bible au hasard, y retrouver un passage plus que connu, tombé sur un passage aimé, découvrir même des mots inconnus et certains oubliés.
La familiarité presque, avec Lui, de Le lire ici, ou là.
La familiarité d’un ami qu’on sait là, peu importe le moment et l’heure.

Est restée cette joie de lire un texte pioché au hasard. Peut-être bien parce que peu importe la page, je sais que Dieu, Il y sera.

Comme ce matin.
Mi-Carême, j’ai eu envie de sourire un peu à ce jeu de petite fille.
Mes mains connaissent bien l’épaisseur de ma Bible, ce qu’elle tient en son milieu, l’ordre des livres aussi. Alors sans vouloir tricher, je laisse ma main aller, tourner une page à droite, deux à gauche, recommencer, oublier où je suis, m’arrêter, et lire.
Mon doigt s’est posé.
J’ai lu.


J’ai souri.
Il est des hasards qui n’en sont peut-être pas et ceux-là, je les aime.

Mi-Carême. Que cette pause sur notre chemin nous laisse encore le temps de regarder là où Il peut être, dans tous les petits recoins de nos vies, au hasard de nos rues, de nos pas, de nos sourires, de nos lectures… aussi.  🙂

 

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Enseigner

Enseigne-le à tes fils,
et aux fils de tes fils.
Deutéronome 4, 9

 

Le matin encore fatigué a bu son café, lu Sa Parole, vite.
Un peu vite.
Un peu comme un il faut que je La lise.

Textes lus, Bible refermée, prière absente.
Je n’ai rien gardé, pas un mot.
Il y a ces matins-là. Ils existent. Ils font partie de ma vie aussi.

 

Et ce matin fatigué a croisé leurs sourires.
Ceux de mes petits sixièmes qui m’attendaient de pieds fermes avec un “Madame le président vient chez vous demain !” Ils m’ont raconté le journal du matin que je n’avais pas ouvert, la petite ville où ils savent que j’habite et sa visite présidentielle. On a pris le temps de parler de la vie au-dehors de la classe. C’était bien. Enseigner, c’est ça aussi. Prendre du temps pour écouter ce qu’ils ont à me dire.

Et ce matin fatigué a croisé leurs sourires.
Ceux de mes latinistes qui revenaient de leur voyage Outre-Manche. “M’dame, on a vu Bath oui !” On a raconté encore une fois les thermes, même si ce n’est pas au programme cette année. On a pris le temps de parler de ce qui peut les intéresser, des Romains et de leurs drôles de coutumes. C’était bien. Enseigner, c’est ça aussi. Prendre du temps pour écouter ce qu’ils ont à me dire.

Et ce matin fatigué a croisé leurs sourires.
Ceux des futurs communiants en grand temps fort… tout l’après-midi.
– Corine, on a trouvé la réponse, c’est la jeunesse et l’apo… l’apo quoi déjà ?
– …clipse!
– ah oui l’apo qui clipse… c’est ça : la jeunesse et l’apoquiclipse.
Ils m’ont rebaptisé, dans le grand jeu de la Bible que j’animais, son premier et son dernier livre.  😉
J’ai vraiment ri ! J’ai pris le temps de leur expliquer les mots compliqués au soleil d’une grande cour de récré. C’était bien. Enseigner, c’est ça aussi. Prendre du temps pour écouter, dire, écouter encore.

 

Ce matin encore fatigué a bu son café, lu Sa Parole, vite. Trop vite. Presque obligée.
Textes lus, Bible refermée, prière absente.

Et la journée m’a offert leurs sourires, en minuscules petites prières.

 

Je viens de rentrer.
J’ai ouvert ma Bible. J’ai relu. Tranquillement.
Fatiguée et paradoxalement reposée.

Il était là, au creux de tous les textes du jour. Le mot à retenir, le verbe de ma vie. “Enseigner”
En classe, en caté, en Église.
Prendre le temps d’être avec eux, les écouter, les faire grandir, au rythme de Sa Parole.

Carême. Jour 19. Qu’à mi-chemin, nous puissions encore nous arrêter pour lire, nous laisser enseigner et vivre de Son Verbe.  🙂

 

 

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